Kawhi Leonard, un leader qui ne se tait plus

Kawhi Leonard a pris le pouvoir chez les Spurs et plus seulement dans le rôle de meilleur défenseur du pays.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Kawhi Leonard, un leader qui ne se tait plus
Si vous avez été un peu attentif lors des matches des San Antonio Spurs ces dernières semaines, vous avez peut-être remarqué que quelque chose avait changé. Tim Duncan n'est plus là - ce qui est énorme en soi - mais c'est le changement d'attitude de Kawhi Leonard qui est le plus intrigant et presque le plus inattendu. On partaits du principe que Leonard prendrait encore du galon avec la retraite du "Big Fundamental", mais dans un style toujours aussi silencieux, presque autistique. Sauf que le MVP des Finales 2014 ne se contente plus d'écouter religieusement les consignes de Pop ou les prises de parole des vétérans Tony Parker, Manu Ginobili ou Danny Green. Il parle, reprend, organise, exige. Personne ne lui a rien demandé, puisque tout le monde était conscient de la personnalité effacée du meilleur défenseur de la ligue depuis deux ans et l'avait accepté. C'est de lui-même qu'est venue ce besoin de changer d'attitude. [superquote pos="d"]"Je préfère ça plutôt que de le voir frapper sa poitrine, remuer les épaules ou fixer la caméra. Toutes ces conneries-là..."[/superquote]
"C'est clair, je veux être plus vocal. J'ai besoin de dire aux autres que ce qu'ils font est bien ou non. C'est comme ça que l'on deviendra meilleurs", a confirmé le taiseux à SB Nation.
Le langage corporel de Kawhi Leonard n'est pas subitement devenu théâtral et enflammé. Simplement, il dialogue davantage avec ses coéquipiers (toujours exclusivement de basket, on ne se refait pas...) et a pris conscience que son opinion et son ressenti ne valaient pas moins que les leurs. Cette petite métamorphose est une bénédiction pour Gregg Popovich, qui a souvent comparé le force tranquille du Californien à celle de son protégé Tim Duncan.
"Kawhi ne sera jamais un gars qui fait tourner les serviettes. Mais il vient me voir pour me parler de ce qu'il voit et constate sur le terrain. Cela peut être pendant des temps morts par exemple. Il est capable de me dire qu'il n'est pas satisfait de ce qui se passe sur le terrain. Je trouve que c'est très bien. Je préfère le voir faire ça plutôt que d'être faussement démonstratif en se frappant la poitrine, en remuant ses épaules ou en fixant la caméra, toutes ces conneries. Ce que je veux, c'est travailler avec lui pour qu'il soit un leader dans le vestiaire, dans l'avion ou pendant les temps morts".
Sur le terrain aussi, Kawhi Leonard semble avoir épousé son nouveau statut. L'ailier All-Star est lancé sur des bases élevées au scoring (24.8 points de moyenne, son record pour le moment), tente deux shoots de plus par match que la saison passée et tourne à 92.5% de réussite sur la ligne des lancers, une zone qu'il fréquente de plus en plus (7 tentatives en moyenne). Les Spurs ne s'en portent pas plus mal, puisqu'ils pointent au 2e rang de la Conférence Ouest et ont le 3e meilleur bilan de toute la ligue derrière Golden State et Cleveland. Les adversaires des Texans commencent eux aussi à constater que Leonard est monté en régime et se montre plus agressif et impitoyable des deux côtés du terrain cette saison. Après la rencontre entre les Spurs et les Kings cette semaine, DeMarcus Cousins, pourtant pas spécialiste des compliments aux adversaires (surtout s'ils ne viennent pas de Kentucky comme lui...), a eu cette phrase qui en dit long :
"Je sais qu'il a travaillé avec Kobe Bryant il n'y a pas longtemps. Eh bien, je trouve que quand on le voit jouer, il y a des similitudes. Contre nous, il a parfois scoré en shootant par-dessus deux adversaires. Il est fort, très fort".
Et on n'a sans doute pas encore tout vu... https://www.youtube.com/watch?v=eUjGTKlt09M  
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