Leonard indispensable, KD et Curry injouables : Que retenir de Warriors-Spurs

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Quelques points importants (et moins importants) que nous avons observés lors du premier match entre les Golden State Warriors et les San Antonio Spurs.

Zaza Pachulia méritait une faute flagrante

Volontaire, pas volontaire… à un moment ça n’importe presque plus. Zaza Pachulia a provoqué une nouvelle blessure de Kawhi Leonard en laissant traîner ses pieds sous ceux de la star texane pendant qu’elle shootait en suspension. Leonard est donc logiquement retombé sur le pivot géorgien, se tordant la cheville pour la deuxième fois en cinq minutes. Si Pachulia a fait exprès, ça en dit sans doute sur sa personnalité (je ne suis pas convaincu que son geste était volontaire, même si son dernier pas est assez louche) mais ça ne change rien aux faits.

En revanche, il serait peut-être temps de durcir les sanctions pour éviter ces close-outs hasardeux. Ce sont des gestes dangereux. La NBA devrait peut-être songer à infliger des fautes flagrantes aux joueurs coupables de s’être jetés sous les pieds d’un adversaire en train de tirer.

Kawhi Leonard pas indispensable aux San Antonio Spurs ? Mon c**

Gregg Popovich a lui-même décidé de se passer des services de son meilleur joueur pour le Game 6 contre les Houston Rockets au tour précédent. Il préférait lui laisser plus de temps pour soigner sa blessure à la cheville, justement en vue d’un prochain affrontement avec les Golden State Warriors. Les Spurs ont démoli les Rockets sans Leonard. Une correction. Une rouste humiliante, +39. Attendez, ces-mêmes Spurs jugés trop dépendants de leur star ?

Il ne fallait pas plus longtemps pour qu’une partie des fans sous-estiment l’impact de Leonard. Si San Antonio peut gagner aussi largement une rencontre décisive sans lui, alors le candidat au MVP n’est peut-être pas aussi indispensable que ce que l’on veut nous faire croire. Bullshit. Conneries de très haut standing. Les éperons n’ont pas du tout le même visage sans leur Kobe 2.0. Ça c’est vu hier soir. Les joueurs de Popovich ont encaissé un 16-0 dès sa sortie sur blessure. Ils n’existaient plus en attaque, étouffés par la pression défensive des Warriors sans leur seul joueur vraiment à même de faire la différence seul.

A ce moment-là, on savait déjà que les Spurs allaient perdre. Je me fiche de savoir qu’ils comptaient vingt points d’avance, ou même encore sept points une fois le run passé. Je me fiche de savoir qu’ils ont tenu bon jusqu’aux deux dernières minutes. Ou même de savoir qu’ils sont repassés devant à moins de deux minutes de la fin. Je me fiche de savoir qu’ils ont eu le tir pour arracher la prolongation dans les toutes dernières secondes. Dès la blessure de Kawhi Leonard, et dès le run qui a suivi, il était clair que Golden State allait gagner. C’était juste une question de temps avant qu’ils ne prennent l’avantage. L’élan était clairement en leur faveur et ça se sentait. Tout ça en l’absence d’un seul homme.

Les Spurs doivent sécuriser le rebond pour espérer gagner un match

[superquote pos="d"]10 rebonds offensifs pour les Warriors après la mi-temps... [/superquote]L’absence de Kawhi Leonard est une chose. OK. Mais les Spurs ont clairement facilité la tâche de leurs adversaires en laissant filer un paquet de rebonds. Les Warriors ont pris 17 rebonds offensifs hier soir ! 10 d’entre eux après le retour des vestiaires. Dont certains dans des moments cruciaux. Ils se sont offert sept deuxièmes chances dans le troisième QT, période pendant laquelle ils ont refait leur retard en passant un 16-0 aux Texans.

Les deux prises les plus mémorables restent les deux rebonds offensifs de suite récupérés dans les toutes dernières minutes après deux tentatives à trois-points ratés par Stephen Curry puis Kevin Durant. Curry n’a évidemment pas manqué la cible sur la troisième chance et Golden State est revenu à 106-106… Les Spurs se sont clairement tirer une balle dans le pied en manquant d’agressivité sur les boxout. Ils en ont payé le prix. A eux de faire les efforts. A eux de punir les Warriors et leur cinq small ball. Ils ne sont déjà pas faciles à battre mais si en plus les joueurs de Gregg Popovich se font dominer aux rebonds, gagner ne serait-ce qu’un match devient une mission extrêmement compliquée.

Manu Ginobili a répondu présent quand il fallait

L’Argentin était justement fautif sur quelques rebonds longs arrachés par les Golden State Warriors. Notamment sur le tir décisif de Stephen Curry. Mais en dehors de ça, il a eu le mérite de secouer la défense californienne. Il était l’un des seuls à amener un peu d’énergie et de création en attaque après la sortie de Kawhi Leonard. C’est presque mauvais signe.

Que Manu Ginobili cartonne sur une rencontre de playoffs (17 points à 7/10) est évidemment une excellente nouvelle. Mais c’est dommage de ne pas convertir cette performance en victoires. Car à 39, le futur Hall Of Famer est moins susceptible de se montrer aussi constant au plus haut niveau que par le passé. C’est un beau joker de gâcher. De la même manière, c’est inquiétant que les Spurs aient eu autant besoin de se reposer sur Ginobili pour stopper l’hémorragie quand ils prenaient le bouillon dans le troisième QT.

Dejounte Murray a de l’avenir

[superquote pos="d"]Murray, 20 piges et une belle promesse ! [/superquote]Gregg Popovich a eu le courage de faire jouer un jeune joueur de 20 piges plus de dix minutes lors d’une rencontre décisive de playoffs. Et Murray n’a pas déçu ! Le rookie a haussé son niveau de jeu depuis la blessure de Tony Parker. Il fait des erreurs, notamment sur son placement défensif. C’est logique. Mais il tente des choses. Il est actif. Il a l’envie de bien faire.

Murray n’a pas été paralysé par la pression. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Ses 6 points, 2 rebonds, 2 passes, 1 interception et 1 block peuvent passer inaperçus à la simple lecture de la feuille de marque. Mais le jeune homme était dedans. Et il engrange déjà une expérience très précieuse qui devrait lui servir tout au long de sa carrière.

C’est pour ça que les Warriors ont signé Kevin Durant !

Stephen Curry était on fire hier soir. Mais aussi bouillant soit-il, sa simple présence ne suffit pas toujours quand Klay Thompson manque des tirs ou quand Draymond Green est effacé au scoring. Et c’est bien pour ça que les Warriors ont ajouté Kevin Durant à leur armada fantastique.

KD a pris le relais de Curry dans le quatrième QT. Le meneur avait lancé le comeback de son équipe, son nouveau coéquipier a lui enterré les Spurs. Il a donc planté 12 de ses 34 points dans le money time, le tout à 5/6 aux tirs. Avec évidemment deux tirs primés. Ensemble, les deux superstars sont injouables. Trop de casse-têtes défensifs pour l’adversaire. Ils ont d’ailleurs compilé 74 points hier, leur meilleure performance en duo depuis l’arrivée de Durant à Oakland.

Klay Thompson était utile, même sans marquer

L’arrière All-Star a été maladroit tout au long de la rencontre. 6 petits points à 2/11. Mais ce ne l’a pas empêché d’avoir un impact. Déjà, Thompson s’est d’abord rattrapé en défense. Il a coupé les lignes de passe et gêné les porteurs de balles des Spurs, provoquant des interceptions (3) ou bloquant des tirs (2) qui ont amené des contre-attaques rapides des Warriors. Il a aussi contribué aux rebonds (4) et à la création (3 pds). Sa prestation ne sera sans doute pas beaucoup soulignée mais Klay n’était pas mauvais hier soir.

Que retenir du match de LaMarcus Aldridge ?

LaMarcus Aldridge - San Antonio Spurs
LaMarcus Aldridge a très peu pesé en deuxième période.

C’est une vraie question. Je sais que je peux parfois sombrer facilement dans le « Aldridge Bashing » (si jamais le terme existe) mais c’est difficile de fermer les yeux sur certaines attitudes de la supposée deuxième star des San Antonio Spurs. D’un côté, l’intérieur a terminé la partie en tête de toutes les catégories statistiques de son équipe (28 pts, 8 rbds et 3 pds). De l’autre, il a disparu exactement au moment où son équipe avait besoin de lui.

A partir du moment où Kawhi Leonard est sorti, LaMarcus Aldridge a compilé 4 balles perdues, à peine 4 petits rebonds et 2/8 aux tirs. Dont le shoot ouvert manqué dans le corner à trois-points alors qu’il avait l’occasion d’envoyer le matche en prolongation. Ce serait injuste de réduire sa performance à ce tir décisif raté. Mais ce n’est justement pas ce qui était le plus concernant. Non, ce qui choque, c’est son manque d’implication. Comment peut-il se retrouver si peu en position pour marquer alors qu’il est censé incarner le danger offensif en l’absence de Kawhi Leonard ? Comment expliquer qu’il attaque si peu le cercle et se contente de tirs contestés à mi-distance ? A ce propos, rendons à Draymond Green ce qui appartient à Draymond Green : l’intérieur des Warriors a vraiment le physique parfait pour gêner Aldridge.

Même aux rebonds, LMA s’est fait manger par Shaun Livingston sur l’une des possessions les plus importantes du match. Cette rencontre était finalement à l’image que renvoie souvent (donc pas toujours) le joueur : performant quand ça ne compte pas puis soudainement transparent quand la pression monte.