KD a changé les Warriors : il les a rendus invincibles (ou presque)

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La complexité des Golden State Warriors repose sur la combinaison de l'incroyable talent individuel d’un homme, Kevin Durant, et d'un collectif magnifique. Un paradoxe qui fait des champions en titre une équipe quasiment impossible à battre.

Kevin Durant est une arme de destruction massive à l’échelle du basket moderne. Un joueur long, plus long que les intérieurs dits fuyants, et agile, aussi agile que les arrières dits « combo guards » au tir aussi soyeux que n’importe quelle gâchette de ce championnat. L’un des meilleurs attaquants de l’Histoire. Un scoreur quasiment jamais vu qui a pris la décision – regrettée, adorée ou haïe – de se fondre dans un collectif abouti et déjà extrêmement talentueux. Il a assommé le suspense le 4 juillet 2016. Champions moins d’un an plus tard, les Golden State Warriors ne peuvent, a priori, pas perdre une série disputée au meilleur des sept matches aussi longtemps qu’ils seront au complet. Aussi longtemps que KD zone autour de Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green.

C’est parce que la très large majorité des passionnés de basket NBA, du moins les plus terre-à-terre, les moins rêveurs ou les plus réalistes, ont compris que les Californiens seraient encore sacrés que le MVP des finales 2016 est accusé d’avoir « déséquilibré » la ligue. Les joueurs de Steve Kerr ont une vraie philosophie de jeu presque oubliée tant une partie du public reste agacée par l’arrivée de Durant. Cette équipe gagnait avant lui. Mais il les a rendus injouables. Car quand ce ne sont pas les passes et le mouvement, des thèmes chers au coach, ou l’adresse extérieure affolante de deux des meilleurs tireurs de tous les temps qui font exploser les adversaires, c’est une machine à marquer des paniers seule, toute seule, qui fait la différence.

Les Houston Rockets en font les frais depuis les débuts des finales de Conférence. Il n’y a aucun joueur texan capable de défendre sur lui. Pas même de le ralentir. Et Mike D’Antoni a pourtant quelques atouts à disposition : Trevor Ariza, P.J. Tucker, Luc Mbah a Moute. Ils sont soit trop petits, soit trop lents. Parfois même les deux. C’est dire le joueur ultime qu’est Kevin Durant. Un héros presque discret. Il est l’un des acteurs du système de Golden State, où la balle est censée circuler en permanence. Mais il est aussi le meilleur basketteur sur le terrain. Cet homme capable de prendre la balle, de se défaire de n’importe quel vis-à-vis et de lui planter un panier sur la tronche.

Kevin Durant, le meilleur joueur sans être le plus important

Les Warriors jouent peut-être « moins bien » depuis qu’ils ont le numéro 35 dans leurs rangs. Il y a de plus en plus d’isolations par exemple. C’est presque « antisystème ». Mais tellement efficace. Moins beau, plus simple. Parce qu’avec un KD à 33 points à 53-43-100 aux tirs, comment ne pas céder à la tentation de juste lui refourguer la gonfle et de le laisser massacrer la défense ? Le défi consiste à ne pas trop se complaire dans la simplicité tout en s’assurant que Durant puisse exploiter ses actions en solo. Au final, l’équipe n’est même pas construite autour de lui mais il en est quand même le meilleur élément.

Celui qui va forcer LeBron James à défendre en cas de nouvelles retrouvailles en finales NBA (à 33 ans, le King peut-il toujours le faire ? Sachant, qu’à l’inverse, les Dubs ont plusieurs joueurs à envoyer sur James). Celui qui donne presque un duel avantageux au poste trois contre Cleveland. Et aucune autre équipe n’a un matchup favorable sur cette position contre les Cavaliers. Kevin Durant est programmé pour aller chercher une deuxième bague de champion. Un deuxième trophée de MVP. Et pourtant il ne sera toujours pas réellement considéré comme le meilleur joueur du monde. Et il y aura toujours des sceptiques ou des détracteurs pour assurer haut et fort, plein d’entrain, que ses titres ne « comptent pas ». C’est toute la complexité – et la beauté – de ses choix de carrière.