Kévin Séraphin : « On a construit quelque chose »

Malgré une saison compliquée, Kévin Séraphin positive à l’idée de vivre ses premiers playoffs NBA et sa première réussite en tant que CEO. Entretien.

BasketSessionPar BasketSession  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview
Kévin Séraphin : « On a construit quelque chose »
Bien que son temps de jeu ait été limité ces dernières semaines en raison d’une blessure au genou et de l’arrivée d’un Drew Gooden performant, Kevin Séraphin attend patiemment son heure pour confirmer ce dont il est capable. A défaut de jouer beaucoup cette saison, les idées fusent et Kevin développe sa fibre entrepreneuriale. Nous avons profité de notre rencontre avec lui pour faire le point sur la saison en cours et parler du nouveau business florissant qu’il a lancé. Propos recueillis par Almamy Soumah, à Washington BasketSession : Vous vous dirigez vers vos premiers playoffs depuis ton arrivée. Comment vivez-vous cette saison en comparaison des autres ? Kevin Séraphin : On la vit très bien. On est dans une bonne dynamique, on a enfin trouvé un rythme et on arrive à enchainer. J’espère que l’on va continuer sur la lancée et bien finir pour confirmer le fait que l’on aille en playoffs. A ce jour, rien n’est vraiment garanti. Mais cela reste notre meilleure année. Ce sont les meilleurs résultats que l’on a eus. [caption id="attachment_140957" align="alignleft" width="350"] "Avec John Wall, on a grandi et appris à jouer ensemble."[/caption] BasketSession : Qu’est ce qui a permis à l’équipe de passer un cap selon toi ? KS : On a construit quelque chose. Tout a commencé lorsque l’on est arrivé avec John (Wall - ndlr), les dirigeants ont bâti une équipe autour de lui en renforçant le groupe chaque année et au final, la mayonnaise a pris. C’est un projet qui remonte à quatre ans, depuis mon arrivée. On a grandi et appris à jouer ensemble. BasketSession : En parlant de John, comment avez-vous vécu sa nomination au All-Star Game ? KS : J’étais content pour lui, c’est mon gars. On a tous été heureux pour lui. En début de saison, il m’avait dit clairement que c’était son objectif. Je savais qu’il pouvait le faire. On était qu’en pré-saison et il en parlait déjà. Bon, en pré-saison, il n’avait pas encore le rendement qu’il a aujourd’hui mais quand la saison a démarré… il a commencé à taffer et, là, j’étais impressionné. Ça m’a fait plaisir car depuis que l’on est arrivé, d’une certaine façon, on s’est tous vu grandir. On a tous pris de l’ampleur, même si cette année je ne joue pas. Il m’a vu arriver, me blesser, travailler dur pour revenir et faire une bonne fin de saison et les années se sont enchainées. Ça fait plaisir qu’il soit désormais All-Star. [superquote pos="d"]"De tous les trades qui ont eu lieu, c’est celui de Vesely qui m’a le plus fait mal"[/superquote]BasketSession : Il n’y a pas très longtemps, tu as perdu un de tes meilleurs potes, Jan Vesely, qui a été transféré. Comment as-tu encaissé ce coup ? KS : Je suis content que tu me poses cette question car de tous les trades qui ont lieu depuis mon arrivée dans la franchise, c’est celui qui m’a le plus fait mal. Il n’y a rien à dire, Jan (Vesely - ndlr) c’est mon gars. On s’amusait ensemble, on travaillait ensemble tout le temps, c’est un Européen et c’est un bon gars. Au début, on ne se fréquentait pas trop, puis au fur et à mesure, il s’est ouvert à nous et c’est devenu mon gars ! Tu peux le voir sur mes « posts », partout. On passait beaucoup de temps ensemble avec Book (Trevor Booker – ndlr). Je me souviens j’étais en salle de soins, et j’ai appris qu’il venait d’être transféré alors qu’il venait de quitter la salle. Il m’a appelé pour me l’annoncer. Le pire, c’est que la veille, on était à Atlanta. Etant blessé, je n’ai pas pris le car avec la team, je pouvais arriver légèrement après. Lorsqu’il ne m’a pas vu, il a cru que j’avais été transféré et il était vraiment inquiet et le jour d’après, il est parti. BasketSession : N’est-ce pas trop difficile à gérer cette position vis à vis des franchises où vous pouvez d’une minute quitter l’effectif ? KS : L’un de mes gars me dit « La NBA, c’est ça ». La seule chose que tu peux contrôler, c’est toi et ton travail. Tu peux être avec des gars aujourd’hui et ne plus l’être le lendemain. A part si tu es All-Star et encore. Donc, il faut prendre soin de ton corps car rien n’est acquis. Il faut être sérieux et consciencieux. BasketSession : Tu t’es préparé durement pour cette saison, finalement tu joues peu et l’un de tes gars part. Comment tu réagis à ça ? KS : Je ne vais pas passer par quatre chemins, c’est très frustrant. C’est la saison la plus frustrante depuis que je joue au basket. Je regarde mes coéquipiers jouer alors que ça fait quatre ans que l’on grandit ensemble. Là, la seule année où on joue bien au point d’être en course pour les playoffs, je ne joue pas. Donc, oui, je suis frustré. [caption id="attachment_140949" align="alignleft" width="350"] "Le temps de jeu est une chose que tu ne contrôles pas"[/caption] BasketSession : Comment tu expliques ça, alors que même sans jouer plusieurs matches durant tu arrives tout de même à sortir des grosses perfs quand on te laisse sur le terrain ? KS : C’est dur ! Je me demande ce qui se passe et j’ai envie de craquer. Mais, en fait, ce qui me réconforte c’est la confiance que j’ai en mes capacités grâce au travail que j’ai effectué. C’est ce qui me maintient dans une dynamique positive. Je sais de quoi je suis capable. Cet été, j’ai lu un bouquin qui justement parlait de cela « Le secret ». La clé du succès est là : rester positif ! C’est l’état d’esprit que je dois avoir. Et même si c’est frustrant, je reste souriant. Le temps de jeu est une chose que tu ne contrôles pas. Tout ce que je peux faire, c’est venir à la salle, m’entrainer dur, encourager mes coéquipiers et rester positif. D’ailleurs, ça se voit sur les réseaux sociaux, je dégage toujours une énergie positive. BasketSession : En parlant de réseaux sociaux, tu sembles être très porté sur les dernières technologies et le networking, peux-tu en parler ? KS : Moi je suis quelqu’un de très porté sur les nouvelles technologies. De plus, je me suis fixé plusieurs objectifs en dehors du cadre de sportif professionnel. L’électronique c’est mon truc. Je suis même passé sur NBA Inside Stuff pour ça ! J’ai plein de gadgets, j’adore ça. Je lis les bouquins sur les meilleurs applis Android, iPad, je suis très au fait de ce qui se passe. J’ai toujours voulu explorer le monde des applis et créer la mienne. BasketSession : Peux-tu donc nous parler de l’application que tu as développée qui a cartonné plusieurs semaines en tête des charts de iTunes ? KS : J’ai rencontré un gars sur Instagram qui a fait une photo de moi avec un filtre qui s’apparente à un dessin animé. J’ai beaucoup aimé, donc du coup j’ai cherché son profil, puis son email et j’ai pris contact avec lui. Le gars aurait pu être partout dans le monde et il se trouve qu’il est dans la banlieue de Washington. Comme le filtre est original, les demandes ont afflué pour qu’on lui rachète. Ce n’est pas qu’un filtre, c’est une manière d’éditer les photos qui est unique. Je l’ai rencontré pour qu’on parle et je lui ai conseillé, plutôt que de vendre son filtre, d’en faire une application. Voyant qu’il n’avait pas les moyens de la développer, je lui ai proposé de nous associer et de financer le développement de cette appli. [caption id="attachment_137495" align="alignright" width="300"] "Mark Cuban m’a conforté dans l’idée de lancer ma boite"[/caption] BasketSession : Comment avez-vous concrétisé ce projet du coup ? KS : Il n’avait ni l’argent ni les connexions. Du coup, je me suis mis à chercher la bonne personne capable de créer l’appli. Etant joueur NBA, les développeurs proposaient des sommes hallucinantes. J’ai contacté Mark Cuban à qui j’ai présenté le projet qui m’a conforté dans l’idée de lancer ma boite et d’investir dans ce projet. Il m’a connecté avec un gars qui s’appelle Michael et c’est là que tout est parti. J’ai dû mettre le prix, mais en six mois l’appli a vu le jour. J’étais focus sur ma saison donc j’ai mis chacun en relation et j’ai validé ce que j’aimais. De là, Thorolgraffix est né. BasketSession : Et comment comptez-vous développer les ventes maintenant ? KS : J’ai fait appel aux services d’une boîte de com’ qui va prendre en charge la diffusion de tous nos outils de communication sur la toile et dans les espaces ciblés en espérant que l’appli continue de cartonner. BasketSession : Qu’est ce qui se profile pour toi avec le retour d’Al Harrington et les perfs de Drew Gooden avant les playoffs ? KS : Je garde le même état d’esprit. Je sais que Nene va revenir et que ça risque d’être d’autant plus compliqué. Je ne sais pas ce que le coach a prévu mais j’essaie de me tenir prêt. J’ai le soutien de mes proches, mon genou va mieux. On verra comment ça évolue.
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