Parole de Kobe

Parole de Kobe

Kobe Bryant n'est plus. Il nous reste les images, les souvenirs et... les one man shows qu'il faisait parfois lorsque le micro lui était tendu.

BasketSessionPar BasketSession  | Publié

Kobe Bryant était un basketteur spectaculaire sur le terrain, mais aussi face aux micros. Dans le numéro 57 de REVERSE, nous avions compilé certaines de ses meilleures punchlines et introspections, en voici un florilège !

 

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La peur ? Connaît pas

« La dernière fois que j’ai été intimidé, c’était quand j’avais six ans, en cours de karaté. J’étais ceinture orange et le professeur m’a ordonné de combattre une ceinture noire qui avait deux ans de plus que moi et qui était bien plus grand. Putain, j’étais terrifié ! J’avais vraiment la trouille et il m’a botté le cul. Mais après, je me suis rendu compte qu’il ne m’avait pas botté les fesses aussi fort que ce que je le pensais et qu’il n’y avait vraiment pas de raison d’être effrayé. C’est à peu près à ce moment-là que j’ai compris que l’intimidation n’existe pas vraiment si l’on a le bon état d’esprit. »

Kobe Bryant et Mozart

« Je shoote trop depuis que j’ai l’âge de 8 ans. Mais ‘‘trop’’, c’est juste une question de perspective. Certains pensaient que Mozart mettait trop de notes dans ses compositions. Laissez-moi le dire ainsi : je fais le show pour les gens qui disent que je shoote trop. Je trouve ça très intéressant. Pour en revenir à Mozart, il répondait aux critiques en disant qu’il n’y avait ni trop de notes, ni pas assez. Il y en avait autant que nécessaire. »

Les bannières, c’est pour les losers

En 2011, les Los Angeles Lakers décrochent le titre de champions de la Division Pacifique peu après la mi-mars. Kobe Bryant, lui, n’en avait rien à carrer. Mais alors rien du tout :

« Nous, on n’accroche pas de bannière pour les titres de division. »

Manière de dire sèchement aux journalistes venus le questionner sur le sujet qu’aux Lakers, seul le gros trophée compte.

Kobe Bryant est le « crime stopper »

Le 16 novembre 2014, alors qu’il vient de prendre 34 tirs en 31 minutes et de scorer 44 points lors d’une grosse défaite des Lakers :

« Je préférerais ne pas devoir en arriver là, mais vous ne pouvez pas vous asseoir et regarder un crime qui se déroule devant vos yeux sans rien faire. »

Entre croqueurs, on se comprend

Kobe Bryant explique pourquoi il a apprécié que le fraîchement débarqué Jeremy Lin ait pris un très gros tir dans le moneytime, traditionnellement réservé au Black Mamba :

« Parce que je ne veux pas de tocards, je ne veux pas de lavettes, et si vous êtes un tocard et une lavette, je vais vous marcher dessus. »

#MambaOut

Quelques jours avant un Lakers-Mavericks de 2013, Mark Cuban avait suggéré dans les médias que la franchise californienne pourrait peut-être « amnistier » Kobe pour faire de la place dans sa masse salariale. Bryant avait répondu en scorant 38 points au cours d’une victoire sur les Mavs et en balançant ensuite un tweet culte :

« Amnistie ÇA. »

Hey LeBron !

LeBron affirme que les Lakers 2012-13 ne seront jamais autant scrutés que son Miami Heat ? Kobe répond sèchement :

« En quoi ça importe ? Il veut quoi pour ça, un cookie ? »

Bonus : LeBron James & Kobe Bryant

Smush qui ?

De tous les coéquipiers à avoir été victimes de Kobe Bryant, Smush Parker est certainement celui qui a pris le plus cher. Il faut dire que, quelques années plus tôt, il avait eu le malheur de dire de Bryant qu’il était surcoté.

« Smush Parker était le pire. Il n’aurait pas dû être en NBA, mais on n’avait pas assez d’argent pour payer un meneur. Donc on l’a laissé jouer. »

Quelques jours plus tard, après la réponse de Parker :

« Il n’y a pas vraiment autre chose à dire. Je lui ai donné ses 30 petites minutes de célébrité. Je lui souhaite le meilleur. Il joue en Chine, c’est ça ? »

L’art de complimenter les autres… et soi-même

Le Black Mamba, habituellement avare en compliments, au moment de décrire Kevin Durant :

« Une version de moi de 2,11 m »

Kobe Bryant et votre avis

Sachez-le, Kobe s’en bat totalement les glaouis de ce qu’on pense de lui :

« J’en ai rien à foutre de ce que vous pouvez dire. Si je rate des shoots de la gagne, et si les gens disent ‘‘Kobe s’est planté’’ ou ‘‘Kobe n’en est qu’à 7 sur je sais pas combien dans les situations chaudes’’, eh bah allez vous faire e$§*%£r. Parce que je ne joue pas pour votre putain d’approbation. Je joue pour moi et pour l’amour du jeu. Et pour gagner. »

Un de plus que…

Après son dernier titre en 2010, sa première pensée a été pour Shaq. C’est beau l’amitié :

« Je viens juste d’en avoir un de plus que Shaq. […] Vous savez comment je suis. Je n’oublie jamais rien. »

Kobe Bryant Los Angeles LakersDes bisous pour ESPN

Quand ESPN l’a classé 40ème joueur de la ligue avant la saison 2014, il ne l’a même pas utilisé comme motivation, tellement il trouvait ça grotesque :

« Ça fait longtemps que je sais que c’est une bande d’abrutis. Mais bon, je n’ai tendance à utiliser comme sources de motivation que des choses qui font partie du domaine de la réalité. »

Plutôt mourir qu’arrêter de shooter

Deron Williams avait signé un très vilain 0/9 au tir dans le Game 2 des demi-finales de la Conférence Est en 2014. Ce n’est pas à Kobe que ça aurait pu arriver :

« Vous me verrez faire un 0/30 avant que je ne fasse un 0/9. 0/9, ça signifie que tu t’es battu toi-même, tu t’es sorti psychologiquement du match, parce que Deron Williams peut prendre plus de tirs que ça. La seule raison de faire 0/9, c’est que tu as perdu confiance en toi. »

Des envies de meurtre

En mars 2014, les Lakers viennent de vivre, sans Kobe, la pire défaite de leur histoire… contre les Clippers ! Quelques jours plus tard, Bryant est déclaré out pour la fin de la saison. Est-ce que ne pas jouer fait que les défaites l’affectent moins ?

« J’ai envie de tuer tout le monde à chaque fois que je vais à la salle. Pour répondre à votre question, oui, ça me fait toujours mal, peut-être plus qu’à quiconque dans l’organisation et ça me rend complètement dingue. Maintenant, je sais à quoi ça ressemblait d’être un fan des Clippers toutes ces années. »

Comment ne plus passer pour un connard ?

« Il y a deux façons de faire. Soit vous pouvez arrêter d’en être un. Soit vous devez être extrêmement constant dans le fait d’en être un, si bien que les gens finiront par s’y habituer. Donc quand je dis ‘‘J’ai arrêté d’être un connard’’, ce que je veux vraiment dire c’est que les gens se sont habitués à ce que j’en sois un. Ensuite, c’est devenu ‘‘OK, c’est juste qu’il est comme ça’’. »

Aucune peur, pas même de Jordan

Avec le recul, Kobe revient sur ce que ça faisait de scorer 33 points contre Michael Jordan lors de son année sophomore :

« Je n’étais pas effrayé ou nerveux quand j’ai joué contre lui. Il me regardait comme s’il allait me défoncer, mais je devais lui montrer que je n’étais pas ce genre de gars. Je lui ai fait savoir que je n’étais pas comme tous ces gars contre qui il jouait. »

Kobe Bryant est le roi des emojis

En pleine emoji battle à l'été 2015, Kobe est intervenu pour tuer le concours :

Kobe-Bryant-twitter-emoji-battle

Au bon souvenir de T-Mac

« J’ai joué contre T-Mac. Je l’ai baladé. Je l’ai désossé. Ce n’était même pas serré. Demandez-lui, il vous le dira. Quand j’avais environ 20 ans, on était en Allemagne pour une tournée promotionnelle de cette autre marque de chaussures (il était chez adidas avant de signer chez Nike – ndlr) et on jouait au basket tous les jours. On était à la salle tout le temps. Nous avons fait trois un-contre-un, en 11 points. J’ai gagné les trois matches. J’en ai gagné un 11-2. Après le troisième, il a dit qu’il avait des douleurs au dos et qu’il ne pouvait plus jouer. »

Bell et la bête

Leur histoire remonte à 2001, quand Raja Bell faisait partie des Sixers assignés à défendre sur lui lors des NBA Finals. Mais c’est lorsque Bell était aux Suns qu’ils ont eu les plus belles passes d’armes. Lors des playoffs 2006, après l’avoir traité d’arrogant et d’individualiste, qui bénéficie des largesses de l’arbitrage, Raja s’est mangé une très belle réponse de Kobe:

« Est-ce qu’il me connaît ? Est-ce que je connais ce gars ? Je n’ai pas dû lui parler plus d’une fois. Je pense qu’il réagit de manière disproportionnée. Je ne connais pas ce gamin et je n’ai pas besoin de le connaître. Je ne veux pas le connaître. On joue le match et c’est tout. Peut-être n’a-t-il pas reçu assez de câlins quand il était môme. Je le regarde un peu et j’ai l’impression qu’il devient fébrile. »

La peur, pourquoi faire ?

« Je ne fais pas le con avec les abeilles, mec. A part ça, je n’ai peur de rien. »

Gagner sans Shaq

Si Kobe chérit autant les deux titres qu’il a gagné sans Shaquille O’Neal, c’est qu’il sait qu’ils ont cimenté son statut indiscutable de franchise player.

« C’était comme de la torture chinoise, comme une goutte d’eau qui tombe perpétuellement sur ta tempe. Ça me faisait grimacer à chaque fois que j’y pensais. Ça fait tellement de bien d’avoir pu relever ce défi et d’avoir prouvé à tous ceux qui disaient que je ne pourrais jamais gagner sans Shaq qu’ils avaient tort. »

Un passeur hors du commun

Contre les Rockets, en 2012, il attaque le cercle, se retrouve bloqué et envoie la balle sur le bas de la planche, la récupère et la dépose dans le panier :

« Je devrais avoir une passe décisive pour ça. C’est une passe intentionnelle pour soi-même, donc c’est une assist. Comme ça, les gens ne pourront pas dire que je ne fais que shooter. »

Amis pour la vie

« Les amis, ça va, ça vient, mais les titres restent là pour toujours. »

Une main suffit

En février 2015, Kobe Bryant ne voulait toujours pas entendre parler de retraite. Et s’il perdait un bras ?

« Même là, vous pouvez toujours jouer avec une seule main. »

Le titre ou rien

Pour nous, la saison 2015-16 des Los Angeles Lakers était absolument horrible. Pour Kobe, elle n’était pas différente de toutes celles qui ne se sont pas terminées par un titre.

« Perdre, c’est perdre, il n’y a pas différents degrés de défaites. Soit vous gagnez le titre, soit vous êtes de la merde. »

Je t’aime, moi non plus

Octobre 2003, Shaquille O’Neal déclare que les Lakers, qui viennent de recruter Karl Malone et Gary Payton, sont SON équipe. Kobe Bryant est interrogé sur la question.

« Si c’est son équipe, alors qu’il agisse comme tel. Ça signifie ne plus arriver au training camp en étant gras et hors de forme, quand ton équipe compte sur ton leadership sur et en dehors du terrain. Ça veut aussi dire ne plus blâmer les autres pour les échecs de notre équipe, ou ne plus reprocher aux membres du staff de ne pas avoir sur-dramatisé tes blessures, de sorte que tu puisses éviter les remarques sur ton manque de condition physique. ‘‘Mon équipe’’, ce n’est pas uniquement quand tu gagnes ; ça veut aussi dire porter la responsabilité de la défaite avec autant d’élégance que lorsque tu portes le trophée. »

Be like Mike

En décembre 1997, l’attaché de presse des Lakers avertit Kobe avant un match contre Chicago qu’il risque d’entendre la presse débattre sur la question de savoir s’il est vraiment le prochain Michael Jordan.

« Ça ne me dérange pas. Je compte bien être aussi bon que ça. »

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Kobe Bryant
"J’ai fait le boulot, mec. Dieu sait que j’ai fait le boulot"

On peut dire ce qu’on veut sur l’adversité, sur le nombre de tirs qu’il a pris ce soir-là ou sur le fait que toute l’équipe jouait pour lui, mais, le 22 janvier 2006, Kobe Bryant était dans une dimension que très peu de joueurs ont connue. Et dix ans après, il assure que ses 81 points contre les Raptors étaient tout sauf une surprise pour lui :

« Ça a l’air dingue à dire… mais scorer 81 points n’était pas surprenant à mes yeux. J’espère que les gens ne vont pas le prendre pour de l’arrogance ou quoi que ce soit, mais vous devez comprendre qu’à l’âge que j’avais à l’époque (27 ans) et qu’en étant dans ma période où j’étais le mieux physiquement, ce n’était pas surprenant. Avec la façon dont j’avais travaillé tout l’été, en allant sur la piste d’athlé, en faisant une grosse préparation physique et en prenant des milliers de tirs chaque jour, ce n’était pas étonnant. »

Travailler plus pour (essayer de) gagner plus

Même en fin de carrière, après des blessures graves, l’éthique de travail de Kobe Bryant ne peut être mise en cause :

« J’ai fait le boulot, mec. Dieu sait que j’ai fait le boulot. Si la vieillesse me bat, alors elle me bat. Mais ce ne sera pas faute d’avoir tout donné. »

Des années de chien

Le basketball, c’est comme pour les chiens, les années ne sont pas celles des humains :

« J’ai 70 ans, en années basket. »

Épitaphe

En 2010, Kobe Bryant évoquait la façon dont il voudrait qu’on se souvienne de lui :

« Quand ma carrière sera finie, je veux que les fans pensent à moi comme un overachiever (quelqu’un qui est allé plus loin que ce qu’on pouvait attendre de lui –ndlr) malgré tout le talent que j’avais. Penser à moi comme quelqu’un qui a surperformé, c’est très important pour moi. Ça veut dire que j’ai travaillé très dur et que j’ai pressé chaque centilitre possible de cette orange. J’espère qu’ils me percevront comme une personne qui a fait tout ce qu’elle devait faire pour gagner, par-dessus tout le reste. Par-dessus tout. Au-delà des stats. S’ils disent ça de moi, alors je serai heureux. »

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