Les Knicks sont déjà l’équipe de Kristaps Porzingis et c’est tout ce qui compte

Oubliez les résultats des New York Knicks et prenez le temps de kiffer l'évolution de Kristaps Porzingis, déjà le patron dans la grosse pomme.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Les Knicks sont déjà l’équipe de Kristaps Porzingis et c’est tout ce qui compte
Kristaps Porzingis était le rayon de soleil d’une nouvelle saison terne, conclue sans playoffs et avec trente-deux victoires, des New York Knicks l’an passé. Mais il y a une chose encore plus importante à retenir que les débuts prometteurs du Letton en NBA : Carmelo Anthony l’a accepté, l’a intégré et a même fait comprendre qu’il était prêt à lui laisser les clés de la baraque incessamment sous peu. Cela peut sembler anodin, voire logique pour certain. Mais Melo tient à être le boss. C’est aussi pour ça qu’il joue à New York. Pour ça qu’il raffole de ses isolations à mi-distance alors qu’il est l’attaquant ultime quand il se contente d’un rôle de finisseur – et quel finisseur – avec Team USA. Anthony a compris l’an passé qu’il y avait un nouveau shérif en ville. Et plutôt que de le brider, il l’a encouragé à se lâcher. Cette attitude positive a des conséquences bénéfiques aujourd’hui et elle en aura encore dans les prochains mois et prochaines années. Avant le coup d’envoi de la nouvelle saison NBA, The Ringer a publié un papier « Whose NBA team is this ? » (« A qui appartient cette équipe NBA » en VF). Pour les Knicks, le rédacteur avait désigné Porzingis en patron de la franchise. C’est logique. Le sophomore a 21 ans, Anthony a fêté ses 32 bougies. Il se justifiait en supposant que si jamais – un énorme si qui faisait partie du processus dans l’article – la jeune star venait à demander le transfert de son aîné pour quelconque raison, les dirigeants lui donneraient sans doute gain de cause. Onze matches plus tard, les Knicks sont bel et bien en passe de devenir l’équipe de Kristaps Porzingis. Et c’est tout ce qui compte cette saison. Quand Derrick Rose a débarqué dans la grosse pomme avec ses genoux en vrac, son statut d’ex-MVP, son procès, la notion de « super team » et Joakim Noah dans ses valises, New York figure de candidats au podium à l’Est. Même si la saison est encore toute fraîche, l’emploi du passé – faisait – ne semble pas contre-indiqué. Les hommes de Jeff Hornacek n’ont gagné que cinq de leurs onze premiers matches et ils sont bien partis pour batailler entre jeu en triangle, dysfonctionnement et phases d’adaptation tout au long de l’année. Mais toutes les contre-performances risquent d’être balayés par les coups d’éclats de plus en plus nombreux de leur futur Franchise Player. Kristaps Porzingis a battu son record en carrière en inscrivant 35 points en 22 tirs hier soir. Il a sauvé son équipe d’une nouvelle défaite embarrassante contre des Detroit Pistons privés de Reggie Jackson depuis le début de la saison. Le public exigeant du Madison Square Garden l’a remercié avec des nouvelles salves de « MVP, MVP » venus des tribunes.
« C’est trop tôt », lâchait le héros du soir avec le sourire.
Trop tôt pour le trophée de MVP, c’est évident. Mais il est temps que le gamin comprenne et accepte qu’il est bel et bien le meilleur joueur de sa formation. Il est surtout temps que ses coéquipiers prennent note et agissent en conséquence. Tous, de Melo à Noah en passant par Derrick Rose, ont salué la performance de leur équipier.
[superquote pos="d"]"Il marque déjà 30 pts alors qu'il découvre seulement la NBA." Derrick Rose[/superquote]« Il est dangereux. C’est incroyable de le voir jouer comme ça alors que c’est sa deuxième année en NBA », confie le meneur new-yorkais. « C’est fou sa façon de bouger alors qu’il est aussi grand. C’est un joueur unique. Unique. Il marque déjà 30 points alors qu’il découvre seulement la NBA. C’est effrayant. »
A chaque fois qu’un joueur des Knicks évoque le géant, il rappelle son potentiel. Alors, oui, Porzingis sera certainement encore plus fort et plus impressionnant d’ici deux à trois saisons. Mais ses partenaires commencent seulement à prendre conscience de ce qu’il est capable de faire dès maintenant. Ils ont mis presque quatre minutes avant de lui donner son premier ballon au poste bas hier soir, et ce malgré l’avantage de taille sidérant du gamin sur son vis-à-vis Tobias Harris. Quatre minutes pendant lesquelles Rose a multiplié les pénétrations sans vraiment faire sauter la défense des Pistons, alors en tête (8-3). Sur sa première vraie possession offensive, Porzingis a fait parler ses moves. http://www.dailymotion.com/video/x52dxlv L’attitude des joueurs des Knicks laissent penser qu’ils n’ont pas encore pleinement réalisé qui est réellement leur meilleur élément. Ils ont encore tendance à trop souvent oublier de servir leur jeune coéquipier et retombent dans leurs travers : isolations de Carmelo Anthony quand les situations sont un peu tendues, pick-and-roll de Derrick Rose dans l’axe. Hornacek avait déjà été contraint de rappeler ses troupes à l’ordre et de les inviter à servir Porzingis plus tôt cette saison. Les Knicks affichaient un bilan peu flatteur d’une victoire et trois défaites. Ils ont relevé la barre depuis, avec justement beaucoup plus de ballons en attaque pour leur intérieur de 2,21 m. En même temps, rare sont les joueurs de sa taille à pouvoir faire ça. http://www.dailymotion.com/video/x52dz38 Ou encore ça. http://www.dailymotion.com/video/x52dzui Un joueur de cette taille et de cette envergure qui court plus vite que tous ses adversaires pour conclure de l'autre côté du parquet ? Et que dire de ça ? http://www.dailymotion.com/video/x52e0fh Comme souvent, Dirk Nowitzki avait vu juste : Kristaps Porzingis a la package intégral. Il peut shooter - et il déjà bien plus adroit que l'an passé (19,3 points à 48% et 39% derrière l'arc), il peut courir, il peut dribbler et il développe son arsenal au poste. Il a la carrure d'un futur All-Star mais il est déjà terriblement efficace.
« Je pense que cette équipe ne va pas arrêter de progresser tout au long de la saison », estime Stan Van Gundy au sujet des Knicks.
Le coach des Detroit Pistons a sans doute raison. Les Knicks vont monter en puissance, peut-être simplement parce qu'ils vont de plus en plus prendre conscience qu'à l'heure actuelle, leur meilleur joueur, leur go-to-guy, c'est déjà Kristaps Porzingis.
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