Kyrie Irving, mon père ce héros

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Kyrie Irving est un joueur et un personnage hors norme, souvent difficile à cerner. Son histoire personnelle y est sans doute pour beaucoup.

En octobre 2016, nous vous proposions dans le n°59 de REVERSE un portrait de Kyrie Irving, particulièrement sur son enfance et sa personnalité. Voici l'article dans son intégralité.

Seules deux personnes sont attablées avec Kyrie Irving en ce 23 juin 2011, au Prudential Center de Newark. Drederick, son père, et Asia, sa grande soeur, étreignent le jeune meneur avant que celui-ci n'accepte l'invitation de David Stern à monter sur scène. Le n°1 de la Draft affiche déjà le large sourire qu'on lui connaît aujourd'hui, alors qu'il vient d'aider LeBron James à mettre fin à la malédiction sportive qui frappait Cleveland depuis 52 ans. Derrière cette bonne humeur quasi-constante sous l’œil de caméras qu'il a tout de suite su séduire, se cachent des fêlures que seuls Drederick et Asia peuvent comprendre à ce jour. Ensemble, ils forment ce qu'ils appellent "le triangle", une entité soudée et infaillible qui leur a été imposée par la vie au beau milieu des années 90.

Kyrie IrvingAlors que Kyrie Irving n'a que 4 ans, sa mère Elizabeth est emportée par une maladie foudroyante, deux jours après avoir été admise dans un hôpital de l'état de Washington. Les médecins n'ont d'autre réponse à apporter à ses proches qu'une défaillance d'organes et une infection septique impossibles à endiguer. Le vide laissé par cette musicienne qui se rêvait un jour présidente des Etats-Unis grâce à son bagage en sciences politiques est immense au sein du foyer.

« Même 20 ans après, la douleur est vive. Et elle revient à chaque fois depuis des années dès que je remplis un formulaire. Je suis obligé de laisser un blanc à côté de la case ‘numéro de la mère’. On ne s’y fait jamais vraiment. Mon père a été dévasté, mais il a tout fait pour que ma sœur et moi grandissions normalement », explique le All-Star sur Elite Daily.

Drederick et Elizabeth s'étaient rencontrés presque 10 ans plus tôt à l'université de Boston où lui, originaire du Bronx, avait décroché une bourse pour intégrer l'équipe de basket tout en suivant un cursus en économie.  Mis à l'essai par les Boston Celtics en 1989, Drederick ne réussit pas à convaincre la franchise de lui offrir une place en NBA malgré un talent indéniable et une dextérité annonciatrice de celle de sa future progéniture. L'un de ses amis d'enfance, l'ancien meilleur passeur de la ligue Rod Strickland, confirme.

"Dred était fort. On avait un style de jeu très similaire qui est finalement un peu aussi celui de Kyrie. Dred était davantage un scoreur que moi, il avait cette capacité que l'on retrouve chez son fils : être capable de marquer en se contorsionnant, en changeant de main ou dans des situations très compliquées", explique Strickland, parrain de Kyrie, sur True Hoops TV.

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