Pourquoi LaMarcus Aldridge doit faire évoluer son jeu

LaMarcus Aldridge est déjà l'un des joueurs les plus brillants de la NBA mais il peut encore franchir un cap. Il est prêt à ajouter une arme à son arsenal.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Pourquoi LaMarcus Aldridge doit faire évoluer son jeu
LaMarcus Aldridge est l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Cela ne fait aucun doute et l’intérieur des Portland Trail Blazers a encore franchi un cap l’an passé en réalisant la meilleure saison de sa carrière (23 pts et 11 rbds de moyenne). Dans son sillage, il a mené sa franchise au second tour des playoffs (défaite face aux San Antonio Spurs, 1-4). Mais le joueur de 29 ans a-t-il encore une marge de progression ? Peut-on s’attendre à retrouver un « LMA » encore plus fort cette saison ? A priori, oui. Le natif de Dallas a profité de l’intersaison pour travailler l’un des points faibles (ou plutôt inexistant) de son jeu : le tir à trois-points.
« Je vais beaucoup plus shooter à trois-points. Cela fait deux ans que le coach (Terry Stotts) me demande de tirer à trois-points mais je dois être le dernier gars à vouloir m’y mettre. Je voulais attendre d’être à l’aise avec distance. J’ai beaucoup travaillé là-dessus cet été et je me sens mieux. Il y aura de plus en plus de systèmes dans lesquels j’aurais la balle dans le corner à trois-points. C’est une nouvelle chose que je peux apporter à l’équipe cette saison », expliquait LaMarcus Aldridge.
[superquote pos="d"]"Cela fait deux ans que le coach me demande de shooter à trois-points" Aldridge.[/superquote]Le tir à trois-points est un atout de plus en plus répandu chez les intérieurs modernes. Les franchises battent chaque année le record du nombre de tentatives derrière l’arc et le jeu est de plus en plus espacé. Les ailiers-forts capables de s’écarter ont pris de la valeur quand les intérieurs à l’ancienne, comme Greg Monroe par exemple, sont de moins en moins prisés. Dirk Nowitzki a été l’un des précurseurs du mouvement et les autres ont suivi. Chris Bosh, Paul Millsap et bien d’autres encore s’y sont mis. Kevin Love est l’une des références dans la matière. LaMarcus Aldridge se contentait lui d’assassiner ses adversaires à mi-distance.

La dictature des chiffres

Seulement voilà, le basket analytique a pris de plus en plus de place au sein de la NBA actuelle et les Blazers, par l’intermédiaire de leur coach, en sont friands. Les mathématiques sont simples : 3 tirs lointains inscrits valent presque autant de points (9) que 5 shoots à mi-distance. L’écart entre ses deux zones étant approximativement d’un mètre, un mètre et demi, il est conseillé aux joueurs NBA d’apprendre à reculer d’un pas afin de gagner 1 point. C’est ainsi que sont calculés les différentes statistiques avancées comme le « true shooting percentage » ou « effective field goal percentage ». Même s’il a réalisé une superbe saison, Aldridge est encore en retard par rapport à certains des autres [superquote pos="d"]LaMarcus Aldridge a tenté 116 tirs primés depuis le début de sa carrière, Love en a planté 190 en une saison. [/superquote]intérieurs de la ligue dans ce domaine. Il convertit 45,8% de ses tentatives, un chiffre évidemment correcte mais limité vu le peu de tirs lointains pris par la star des Blazers. « LMA » a tenté sa chance à 15 reprises à plus de 7 mètres pour 3 paniers inscrits (20%). Depuis le début de sa carrière, il cumule 116 trois-points tentés pour 24 réussis (20,7%). A titre de comparaison, Kevin Love a planté 190 shoots de loin (en 505 tentatives, 37,6%) sur la simple saison dernière. Voilà pourquoi le « effective field goal percentage » de Love est nettement supérieure à son homologue de Portland (52,4% contre 45,9%). Le nouveau joueur des Cleveland Cavaliers serait donc plus efficace… même si la réalité du terrain ne se limite évidemment pas seulement aux chiffres. Aldridge excelle dans son rôle de tueur à mi-distance et son tir en fadeaway est une pure merveille. Mais tout de même, celui-ci a montré certaines limites lorsque des intérieurs suffisamment grand et mobile comme Tiago Splitter et Dwight Howard l’ont marqué de près en playoffs (il a baissé le pied après deux premiers matches époustouflants). Pour franchir un cap, il était donc nécessaire que LaMarcus Aldridge se mette lui aussi au tir à trois-points. Malin, Terry Stotts entend d’abord le faire évoluer dans le corner, où la distance entre la ligne et le cercle est la plus courte. Avec un tel positionnement, similaire à celui qu’occupait généralement Chris Bosh à Miami, la star va pouvoir écarter encore un peu plus le jeu des Blazers et offrir de nouvelles opportunités à Damian Lillard, Nicolas Batum et consorts. Portland formaient l’une des meilleures attaques de la NBA l’an passé (108,3 pts sur 100 possessions, 5eme de la ligue dans ce domaine) et les joueurs de l’Oregon pourraient faire encore mieux si jamais leur chef de file parvient à évoluer son jeu ou plutôt sa distance de tir. A ce moment-là, on ne préfère même pas imaginer les dégâts que pourraient causer LaMarcus Aldridge…
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