LeBron James, un « coach killer », et alors ?

D'une façon ou d'une autre, LeBron James a eu la tête de David Blatt. Retour sur une affaire qui ne devrait pas surprendre et analyse de la situation des Cleveland Cavaliers.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
LeBron James, un « coach killer », et alors ?
Paul Silas. Mike Brown. David Blatt. LeBron James arrête des carrières. Pour de vrai. Un tweet signé Adrian Wojnarowski. Un scoop. Des dizaines d'autres gazouillis en cent quarante caractères relayant l'information. Du grand classique sur la planète basket. Sauf que, cette fois-ci, la grande nouvelle du jour crée un malaise. David Blatt a été licencié par les Cleveland Cavaliers malgré une première place au sein de la Conférence Est et un bilan de 30 victoires en 41 matches - le tout sans Kyrie Irving pendant les deux premiers mois de la saison. La toile s'indigne. Elle s'enflamme. Les commentaires fusent. Et rapidement, l'inévitable se produit : les sources se multiplient pour balayer d'une main toute responsabilité de James dans le renvoi du coach américano-israélien. Comme si un démenti était nécessaire avant même que le sujet soit abordé. Too late. Personne n'est dupe. Les journalistes sautent sur l'occasion pour dépeindre les différences entre la superstar de Cleveland et son désormais ex-coach. Les anecdotes inondent les différents papiers et podcasts. Le licenciement de Blatt est disséqué, analysé, détaillé avec à chaque fois un dénominateur commun : LeBron James. Un terme est avancé. "Coach Killer". Frank Isola va plus loin. Le reporter du New York Daily News joue avec les mots pour qualifier le prodige d'Akron de "King of coach killers". ESPN. Bleacher Report. Tous les médias surfent sur la vague.

David Blatt viré, LeBron James sur le banc des accusés

La coupe est pleine. Les sources anonymes laissent la place aux déclarations du GM des Cavaliers David Griffin et LeBron himself se sent obligé de prendre la parole et de s'exprimer sur le sujet au micro des journalistes.
"C'est naze que l'on cherche à salir mon nom. C'est naze. Qu'est-ce que je peux y faire ? Depuis que je joue au basket, je n'ai jamais manqué de respect à un coach. Vous pouvez demander à tous mes coaches dans les catégories jeunes, au lycée, ceux pour qui j'ai joué des tournois, mes coaches NBA. J'ai toujours respecté ce qu'ils voulaient. Je ne suis pas le propriétaire de la franchise. Je ne suis pas le GM de la franchise", rétorque l'intéressé.
[caption id="attachment_309988" align="alignleft" width="337"] Le boss des Cavaliers ? LeBron James.[/caption] Sa défense est parfaite. Juste. Précise. Terriblement prévisible. Et finalement peu convaincante. LeBron ne s'est pas rendu dans le bureau de ses dirigeants pour demander la tête de David Blatt. Tout simplement parce qu'il n'en a pas besoin.
"C'est ma décision", s'offusque David Griffin. "J'ai un problème avec cette idée [selon laquelle LeBron James serait à l'origine du renvoi de Blatt]. Il est un leader pour notre équipe. Il ne dirige pas cette organisation. Cette narrative est un manque de respect envers moi, envers lui et envers ce groupe."
Ce n'est pas la première fois que la légitimité du GM des Cavaliers est - indirectement - remise en cause. LeBron a un rôle primordial sur tout ce qui touche de près ou de loin la franchise de l'Ohio. Elle existe à travers lui, autant à l'échelle sportive que commerciale. Et il a évidemment un droit de regard.
"Je parle avec plusieurs joueurs quand je prends une décision", poursuit Griffin en conférence de presse. "Je n'ai pas eu besoin de poser des questions sur ce coup. Je les ai vu interagir [David Blatt et les joueurs des Cavaliers]. Je sais quand quelque chose ne va pas. Je suis souvent dans notre vestiaire et je savais qu'il y avait un problème de connexion. Je ne pouvais pas accepter ça."
David Griffin est un manager intelligent. Doué. Perspicace. Et il a glissé un indice non dissimulé sur le principal problème de David Blatt aux Cavaliers. Il n'était pas "connecté" avec LeBron et d'autres joueurs majeurs de l'effectif.

Pas de connexion, pas de confiance... pas de titre

[caption id="attachment_273333" align="alignleft" width="298"] Les deux hommes se sont écoutés sans jamais vraiment se comprendre.[/caption] [superquote pos="d"]"Je les ai vu interagir. Je sais quand quelque chose ne va pas." David Griffin[/superquote]Blatt et James ne se sont pas choisis. Le coach, légendaire et respecté en Europe après avoir décroché plusieurs titres nationaux et continentaux en presque vingt ans de carrière, a débarqué dans l'Ohio deux semaines avant l'annonce officielle du retour du King à Cleveland. Il devait diriger une équipe en reconstruction articulée autour de Kyrie Irving, d'autres jeunes joueurs prometteurs et du premier choix de la draft, un certain Andrew Wiggins. Il était déjà en fonction quand la lettre ouverte de James a été publiée sur Sports Illustrated. Les deux hommes ont cohabité tant bien que mal pendant un an et demi. Leur relation a connu des hauts et des bas. Sa complexité a été mise au grand jour un soir de playoffs en mai dernier. Chicago menait deux victoires à une en demi-finale de la Conférence Est. A quelques secondes de la fin du match, David Blatt était proche de demander un temps mort alors qu'il ne lui en restait plus un seul. Il a fallu un Tyronn Lue attentif pour "éjecter" son coach du terrain avant qu'il ne commette l'erreur et écope d'une faute technique synonyme de lancers-francs offerts aux Bulls. Dans la foulée, alors que les deux équipes étaient à égalité, il a mis en place un système au sein duquel James était censé faire la remise en jeu.
"Pour être honnête, j'ai fait foiré le système mis en place", reconnaissait James. "J'ai juste dit au coach de me passer la balle."
Then this happened. http://www.dailymotion.com/video/x3p6u5j_le-buzzer-beater-de-lebron-james-contre-les-bulls-dans-le-game-4_sport Un problème de communication parmi tant d'autres. Blatt n'avait pas mentionné l'incident en conférence de presse. James l'a fait. Il a insisté, comme pour mettre en lumière sa bonne décision alors que son coach souhaitait lui faire remettre la balle en jeu. Le tacticien et sa star n'ont pas toujours été sur la même longueur d'ondes dans les médias. Pas le même état d'esprit. Pas connecté. Une relation ambiguë retranscrite sur le parquet. LeBron annonçait ses systèmes. Il effectuait lui-même ses propres changements. http://www.dailymotion.com/video/x3p6uyk_lebron-james-sort-du-match-sans-consulter-son-coach_sport Blatt n'avait pas la confiance de sa superstar ni celle de son groupe. Les Cavaliers n'ont jamais pleinement appliqué la Princeton Offense cher au coach formé à l'université du même nom. Ils se sont adaptés aux qualités de James, pas aux principes de leur entraîneur. Rien d'illogique, il est le basketteur le plus fort de la planète - un petit génie d'Oakland mis à part. Ils ont joué sur un tempo lent, rythmé par les pick&roll du King. Chris Haynes, insider pour Cleveland.com, détaille la façon dont Blatt accordait des privilèges à ses stars sans pour autant parvenir à s'inscrire dans leur cercle de confiance. Il les protégeait. Ils ne lui ont pas renvoyé l'ascenseur. Soyons clairs : si LeBron James avait voulu que les Cavaliers conservent David Blatt, le coach serait encore sur le banc de touche et il aurait été nommé par la NBA pour diriger la Conférence Est au All-Star Game. C'est aussi simple que ça. Qu'il ait été consulté ou non avant le licenciement de son coach est un débat sans réponse. Et futile. Son langage du corps pendant les temps morts ou la façon dont il s'opposait parfois sans retenue à son coach dans la presse étaient déjà les premiers signes d'un avenir proche impossible entre Blatt et les Cavs.

LeBron, vraiment un "coach Killer" ?

[caption id="attachment_75417" align="alignleft" width="318"] LeBron James et Erik Spoelstra ont eux aussi connu des soucis d'adaptation.[/caption] James a connu quatre coaches différents (cinq désormais, avec Tyronn Lue) en treize saisons NBA. Paul Silas, Mike Brown, Erik Spoelstra et David Blatt. Le premier a été renvoyé par les Cavaliers alors que la star en herbe était encore un jeune sophomore qui découvrait tout juste ses supers pouvoirs. Le licenciement de Silas faisait notamment suite à un changement de propriétaire et à l'arrivée de Dan Gilbert à la tête de la franchise. Le second a été prié de passer chercher son chèque à la comptabilité à l'été 2010, dans l'espoir de convaincre LeBron de rester à Cleveland. Trop tard. Le King était sur le point d'annoncer son intention "d'exporter ses talents à South Beach". Spoelstra est encore le coach du Miami Heat aujourd'hui et les deux hommes ont disputé quatre finales consécutives et décroché deux titres ensemble entre 2010 et 2014. [superquote pos="d"]Si LeBron voulait toujours de Blatt, Blatt serait toujours en poste[/superquote]Quelques heures après l'éviction de Blatt, un dénommé Raanan Katz, propriétaire minoritaire du Heat (mais aussi du Maccabi Tel-Aviv, l'ancien club de... David Blatt), racontait lors d'une émission de radio israélienne que James avait demandé le scalp de Spo' avant que Pat Riley n'intervienne lors de son passage à Miami. Une théorie démontée en pièce par LeBron mais aussi par la franchise floridienne qui a affirmé dans un communiqué que Katz n'était pas en contact avec les personne décisionnaire au Heat. Il a lui même fait marche arrière dans la foulée, expliquant qu'il s'agissait en fait de son point de vue et non d'une anecdote. Riley a lui aussi démenti. Le licenciement de Blatt choque de par son timing. Les Cavaliers menaient le barque même si la claque subie à domicile contre les Golden State Warriors est restée dans les esprits. Une humiliation à domicile qui a marqué LeBron. It's a player league. La NBA appartient aux joueurs et James est le plus puissant d'entre eux. Il le sait. Blatt le sait. Les Cavaliers le savent. Tout le monde le sait. Again, s'il avait voulu conserver le coach, ce dernier serait toujours en poste.

James, pas une superstar isolée

[caption id="attachment_270809" align="alignleft" width="318"] Magic Johnson a lui aussi été un "coach killer".[/caption] Les plus grandes stars NBA ont toujours bénéficié de certains privilèges. Si LeBron James est un "coach killer", alors d'autres l'ont été avant lui. En 1981, Magic Johnson se sentait mal à l'aise au sein du style de jeu prôné par Paul Westhead. Un tempo lent censé avantager Kareem Abdul-Jabbar, l'autre alpha dog des Lakers. Lassé, Magic a demandé son transfert à Jerry Buss. Westhead a alors été licencié, remplacé par Riley. Ainsi est né le showtime, le basket rapide et spectaculaire pratiqué par les Lakers dans les années 80. La franchise mythique a remporté quatre titres sur la période. En 1997, Penny Hardaway refusait de jouer pour Brian Hill, provoquant de facto le licenciement du coach. Trois ans plus tard, Gary Payton a fait renvoyer Paul Westphal des regrettés Seattle Supersonics. Même Deron Williams a eu la peau du légendaire Jerry Sloan à Utah. Jason Kidd a réussi à évincer Byron Scott en milieu de saison alors que les New Jersey Nets avaient atteint les finales NBA la saison précédente - comme Blatt. Michael Jordan est déjà passé outre des consignes de Doug Collins à Chicago. Carmelo Anthony. Dwight Howard. Tous ont déjà, d'une manière ou d'une autre, contribué au départ de leur entraîneur. A Player League. LeBron, Magic, Jordan. Ce sont des surdoués parmi les surdoués. L'élite de l'histoire du basket-ball. Ces gars-là sont extrêmement exigeants avec eux-mêmes. Alors ils le sont aussi avec les autres. Ils connaissent le jeu et le comprennent aussi bien que la majorité des entraîneurs NBA.
[superquote pos="d"]"Vous voulez que je déconnecte mon cerveau parce que j'ai un énorme QI basket ?" LeBron James[/superquote]"Les gens interprètent mal parce que je suis un basketteur intelligent qui donne son opinion sur certains sujets, ce que j'ai fait avec Paul Silas ou Mike Brown lors de mon premier passage ici [à Cleveland]", se défend James. "Ce que j'ai fait aussi avec Spoelstra à Miami, avec Blatt et ce que je ferai avec T-Lue." "Mais au bout du compte, ce sont eux qui prennent la décision finale. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, que je déconnecte mon cerveau parce que j'ai un énorme QI basket ? Je ne compte pas le faire car j'ai encore beaucoup à donner au basket. Si j'ai le sentiment que quelque chose peut aider notre équipe, je vais le dire. Ça m'a aidé à décrocher deux titres."
[caption id="attachment_289055" align="alignleft" width="318"] LeBron James était difficile à coacher lors de ses débuts avec Team USA, même pour Mike Krzyzewski.[/caption] A 31 ans, il manque encore de tact mais le raisonnement se tient. Il est le joueur le plus intelligent de la NBA sur le parquet. Ou sinon l'un des plus intelligents. Coacher un grand joueur de ce standing est le challenge d'une carrière pour un coach. Il faut gagner sa confiance et il ne l'accorde pas facilement. Il faut le convaincre que le projet en place est celui qui a le plus de chance de l'amener vers le sacre. [superquote pos="d"]Coacher le meilleur joueur du monde est le défi d'une carrière[/superquote]Dans une tribune publiée sur ESPN, le journaliste Brian Windhorst, qui couvre LeBron James depuis plusieurs années maintenant, rappelle que Mike Krzyzewski, aussi respecté soit-il, hésitait à couper le King de l'effectif de Team USA à l'approche des Jeux Olympiques de Pékin en 2006. Spoelstra a lui aussi connu des débuts difficiles avec la superstar lors de ses premiers mois au Heat. Les deux coaches ont persévéré et ont finalement réussi à tirer le meilleur profit de son immense talent. Le défi est de taille. L'entraîneur qui dispose d'un joueur d'une telle envergure dans son effectif a une opportunité de faire progresser le meilleur basketteur de la planète - et c'est terriblement gratifiant - mais aussi d'évoluer en tant que coach. Combien d'entraîneurs ont pu décrocher des titres (bagues, Or olympique) et signer des contrats dorés après avoir côtoyés James ? Combien d'assistants se sont mis en valeur à ses côtés ? Windhorst en cite plusieurs. John Kuester, Melvin Hunt, Mike Malone. Et maintenant Tyronn Lue.

Pourquoi tant de haine ?

[caption id="attachment_297695" align="alignleft" width="318"] Les Cavaliers n'étaient pas sur la même longueur d'onde que David Blatt.[/caption] Le cas de David Blatt est un exemple parmi tant d'autres à l'exception qu'il dirigeait une équipe classée première de sa Conférence. Les licenciements nous choquent. Ils interpellent parce que le bilan positif sur le plan sportif reflètent l'image du travail bien fait. James est une cible de choix. Ses détracteurs sont aussi nombreux que ses admirateurs. Dans ces situations, l'homme le plus grassement payé prend le rôle du méchant. Un jeune homme Multi millionnaire a eu raison d'un homme de la cinquantaine moins bien loti. [superquote pos="d"]"Aucun vétéran des Cavaliers ne respectait Blatt." Brian Windhorst[/superquote]David Blatt était censé mener les Cavaliers vers les sommets et il était plutôt bien parti. Une finale NBA pour sa première saison outre-Atlantique, une première place à l'Est. Le coach de 56 ans a prouvé par le passé qu'il était capable de guider une équipe au plus haut niveau. Mais Cleveland ne pouvait pas gagner avec lui. Pas par un manque d'expérience en NBA - un motif parfois avancé - ni même pas un manque de compétence. Non, Cleveland ne pouvait pas gagner avec Blatt parce que LeBron James n'adhérait pas complètement à la philosophie de son coach. Voire même pas du tout si l'on se fie aux nouveaux rapports faisant état d'une absence complète de soutien du vestiaire envers Blatt. Windhorst en remet une couche.
"Je ne sais pas comment Blatt coachait ses équipes en Israël, en Russie ou en Grèce. Tout ce que je sais, c'est que j'ai vu un gars incapable de se faire respecter par la majorité de ses joueurs. Pas seulement LeBron mais tous les vétérans. A l'exception de Joe Harris et Matthew Dellavedova, aucun des vétérans ne l'appréciait."

Welcome to "The Land"

"I am coming home." Le 11 juillet 2014, LeBron James met fin au suspense et provoque des scènes de liesse aux quatre coins de l'Ohio en annonçant son retour au pays après quatre années d'exil en Floride. A ce moment précis, il a aussi pris une grande part de contrôle sur la franchise des Cavaliers. Cleveland, c'est "The Land". Ou plutôt #TheLand. #LaFamilia et tous les autres hastags qui accompagnent chaque post Instragam de James. #TheLand, c'est LeBron. Son ami et conseiller Maverick Carter. Son agent Rich Paul. Les puissants qui ont leur mot à dire sur chaque décision. David Blatt n'a jamais intégré #TheLand. Il n'y a jamais été invité. Tyronn Lue, lui, en est. C'est le gars de LeBron. Mais il ne peut évidemment pas le crier sur tous les toits sous peine d'égratigner une image de marque estimé à des millions et des millions de dollars. James fait dans le politiquement correct. Il a su se détacher du licenciement de Blatt sans pour autant prendre sa défense. Il a su saluer l'arrivée de Lue sans en faire trop. Sa communication est surveillée depuis le fiasco de "The Decision". [superquote pos="d"]"Lue, un meilleur coach pour cette équipe." David Griffin[/superquote]Les Cavaliers ne se battaient pas pour Blatt. Ils le feront pour Lue. James le fera pour Lue. Et c'est l'une des principales raisons qui fait de cet ancien journeyman et champion NBA un homme plus qualifié pour le poste qu'un coach couronnés de succès en Europe.
"Lue est un meilleur coach pour cette équipe aujourd'hui", conclut David Griffin.
Au plus haut niveau, le coaching est étroitement lié avec le management des superstars. Certains excellent dans ce domaine sans être des stratèges. D'autres, les plus grands, maîtrisent les deux aspects. T-Lue est soutenu par ses joueurs. Il est soutenu par #TheLand. A Miami, Pat Riley ou même Dwyane Wade pouvaient éventuellement peser comme contre-pouvoir devant LeBron James. Ce n'est pas le cas aux Cavaliers. Si le Roi estimait que Tyronn Lue était le plus à même à le mener vers une nouvelle couronne, alors le Roi a eu gain de cause. Cleveland, c'est son royaume.
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