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Pour LeBron, il est temps de souffler

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Sans doute encore handicapé par sa blessure à l'aine, LeBron James et les Los Angeles Lakers n'y sont plus. Les vacances arrivent à point nommé.

Ça ne pouvait pas être plus symbolique. Le joueur le plus médiatisé de la ligue, longtemps perçu comme le plus fort, l’un des plus grands de tous les temps, contré puis regardé de haut par un journeyman. Par où commencer. Des Los Angeles Lakers paumés, découragés, battus par la plus mauvaise équipe du championnat. Alors qu’il menait encore de 11 points à trois minutes et trente seconde de la sirène. Un 13-1 encaissé pour une nouvelle défaite, avec donc en point d’orgue le block de l’orgueilleux Mario Hezonja sur LeBron James. Oui, ça ne pouvait pas être plus symbolique.

Symbolique du marasme dans lequel la franchise hollywoodienne, adepte du drama, est plongée. Symbolique du déclin progressif mais désormais visible d’un joueur qui a dominé son monde pendant dix ans. Et enfin symbolique d’un pari raté. Nous sommes à quelques matches de la fin de la saison et les Angelenos affichent exactement le même bilan que l’an dernier à la même période : 31 victoires et 39 défaites. Il reste douze rencontres à disputer et dix victoires à rattraper sur les voisins des Clippers, huitièmes à l’Ouest et meilleure équipe de la cité des anges.

Le même bilan avec pourtant l’apport d’un quadruple MVP. Ça en dit long sur l’échec que représente cet exercice, les erreurs répétées des dirigeants Magic Johnson et Rob Pelinka, le sentiment d’abandon d’un groupe traumatisé par un transfert avorté et les errements d’un Luke Walton fantomatique, dépassé par les évènements et probablement bientôt licencié. Ça en dit sans doute aussi long sur James, les limites de son influence et même, peut-être, enfin de son immense talent. Nous avons répété en boucle que le King pouvait mener une troupe de plombiers en finales NBA. C’était peut-être vrai à l’Est mais sans doute pas de l’autre côté du pays.

Le triple champion s’apprête à rater ses premiers playoffs depuis 2005, une époque où il était encore sophomore. Le meilleur joueur du monde peut-il rater les playoffs ? Sans doute que non. Peut-être simplement parce que ce statut revient désormais plutôt à un joueur des Golden State Warriors. Kevin Durant. Ou même Stephen Curry selon la sensibilité. LeBron, lui, était un cran en-dessous de ses standards habituels. Un cran en-dessous, à l’image de cette action où il a fini par se faire écraser comme une crêpe par Hezonja.

Il avait pourtant déclaré avoir enclenché le « mode playoffs » à son retour de blessure après le break du All-Star Game. Ce qui promettait des performances lourdes, d’après l’histoire récente. Et bien non. Il a eu du mal à prendre les matches en main, avec un Brandon Ingram qui a parfois assumé le rôle du patron. LeBron James n’était clairement pas à 100%. Et avant de vraiment le déclarer moins fort, précisons qu’il était sans doute moins en forme. Handicapé par la première « longue » blessure de sa carrière : une douleur à l’aine et 18 matches manqués. Avant qu’il rejoigne l’infirmerie, les Lakers étaient quatrièmes et montaient en puissance suite à une victoire contre les Warriors. Dans un univers parallèle, cette équipe finissait dans le top quatre de la Conférence.

Certains avançaient même le fait que la superstar était hors de forme bien avant de se blesser. Avec des kilos en trop par rapport à son poids de forme. Sa franchise n’a d’ailleurs pas été épargnée par les pépins physiques. Ingram, Kyle Kuzma, Lonzo Ball ou encore Rajon Rondo ont tous manqué des matches. C’était trop. Trop pour une formation qui n’a pas su trouver son rythme et même peut-être son identité.

Au final, c’est une saison à oublier pour LeBron James. Il est temps pour lui de prendre des vacances après des longues années de domination et près d’une centaine de matches à chaque fois. Il va enfin pouvoir se reposer. Se soigner. Et revenir plus fort avec la ferme intention de prendre sa revanche.