Les 50 joueurs qui nous ont le plus marqués

BasketSessionPar BasketSession Publié

Voici les 50 joueurs sans lesquels REVERSE n’aurait probablement jamais existé. Superstars ou joueurs de devoir, caïds du ballon ou du trashtalk, c’est pour relayer leurs exploits que nous avons choisi ce métier.

Pour notre numéro 50 de REVERSE, qui marquait également les 10 ans d'existence de notre magazine, nous avions listé les 50 joueurs qui nous avaient le plus marqués. Pas forcément les plus forts ni les plus populaires, mais ceux qui ont laissé une marque indélébile dans nos mémoires. Bien entendu, on aurait pu en lister au moins 50 de plus sans le moindre problème et faire le cut a été une très grande douleur (désolé VC, Penny, TP et Grant Hill...). Mais voici notre liste à nous. Et vous, quelle aurait été la vôtre ?

Magic Johnson

Impossible de décrire en quelques mots pourquoi et comment Magic a marqué le basket à tout jamais, ainsi que les gamins que certains d’entre nous étaient encore quand il jouait. Alors on se contentera juste d’évoquer son surnom. Vous en connaissez d’autres capables d’assumer depuis l’adolescence un nickname comme Magic, au point que ça remplace leur prénom ? C’est tellement ancré en nous qu’il faut prendre un peu de recul pour se rendre compte qu’un tel surnom, pour n’importe qui d’autre, confinerait au ridicule. Sauf pour lui, dont le talent, le charisme et le caractère totalement unique (on a plus de chances de voir un nouveau Jordan qu’un nouveau Magic) lui permettent de l’incarner complètement.

Joe Hammond

Si Earl Manigault (qui aurait également mérité de figurer dans cette liste tant son histoire est folle) est souvent cité comme le G.O.A.T., c’est bien Joe Hammond le meilleur streetballer All-Time. Si l’histoire de ses 50 points plantés sur Dr. J à Rucker après n’être arrivé qu’à la pause est romancée, son talent est lui un fait établi. Comme en témoigne ce workout organisé par les Lakers en cours de saison sous les chaudes recommandations de Wilt Chamberlain où il a détruit l’opposition et dégoûté Pat Riley. Dans la foulée, L.A. l’a drafté mais il se faisait plus d’argent en dealant. Résultat, 11 ans de prison et un putain de gâchis. Le genre d’histoire qui a marqué bien plus notre rapport au basket que 90% des grosses performances réalisées sur un parquet pro.

Antoine Rigaudeau

Qu’aurait-il donné s’il avait eu sa chance plus tôt en NBA ou si la formation française des années 80 avait été similaire à celle qui a permis à des De Colo ou des Fournier de pouvoir traverser l’Atlantique ? Peu importe en fait. Sa précocité, son talent, sa compréhension du jeu, ses cartons laissés dans les salles européennes avec Cholet et Pau, son statut de patron dans le grand Kinder Bologne et ses exploits en équipe de France (vice-champion olympique et la formidable campagne en 2005) l’ont fait surfer sur des sommets que pas un joueur français (NBAer ou pas) hormis Tony Parker n’a pu rêver d’atteindre.

Moustapha Sonko

Ceux qui ont eu la chance de le voir débouler sur la scène pro, avec autant de violence que les tomars qu’il assénait dans le trafic pour conclure ses drives, savent qu’il aurait dû être le premier Français à s’imposer en NBA. Mais plus que le niveau ahurissant qu’il affichait, c’est sa double culture playground-club qui en a fait l’une de nos idoles. Voir un joueur prouver qu’on pouvait venir de la rue et finir par gérer le jeu d’une écurie comme le Real Madrid sous les ordres du grand Boja Maljkovic, c’était tout ce dont rêvaient les amateurs du basket sous toutes ses formes que nous sommes.

Isiah Thomas

A part un shoot à trois-points (question d’époque) et un peu plus de fair-play, Isiah Thomas avait tout ce qu’on pouvait chercher chez un meneur. Absolument tout, dans son jeu, mais aussi dans sa tronche puisqu’il figure parmi les plus grands leaders, les plus féroces compétiteurs et les joueurs les plus clutches que la ligue ait connus. Le genre de gars capable de se foutre de ses stats pour impliquer ses coéquipiers, tout en sachant que, de toute façon, on ne verrait que lui quand ça compte. Si beaucoup le détestaient pour le traitement que ses Bad Boys infligeaient à leurs adversaires, personne ne peut contester qu’il reste le meilleur pur meneur de jeu de l’histoire.

Dirk Nowitzki

Pendant ses premières années NBA, Dirk Nowitzki a incarné aux yeux des observateurs le joueur européen type, doué mais soft, pas défenseur et pas capable de porter avec constance une franchise. En 2006, il a pris tout le monde par surprise en réalisant une saison monstrueuse et en écartant à lui tout seul, ou presque, les Spurs et les Suns. Sauf que l’implosion en finale face au Heat et celle au 1er tour face aux Warriors en 2007 l’ont replongé dans ce foutu cliché. Durant les 5 saisons suivantes, il n’est plus redescendu sous les 26,7 pts en playoffs et n’a cessé de prouver qu’il était ce que l’Europe avait envoyé aux USA de plus burné, loin devant Rocco Siffredi ou Manuel Ferrara. Une légende !

Skip To My Lou

La NBA de la fin des 90s et du début des années 2000 n’avait pas besoin d’un Kobe Bryant pour exister après la retraite de Jordan. Elle n’aurait peut-être pas été aussi intéressante sans lui, mais il n’a pas changé le jeu, même s’il l’a dominé. En revanche, le basketball du début du siècle n’aurait pas été le même sans Rafer Alston. C’est son talent hors norme affiché sur les terrains new-yorkais qui a initié les mixtapes And1, médiatisé le street et envoyé des tonnes de mômes taffer leur handle sur les playgrounds. S’il n’était pas le meilleur – et de loin – joueur en NBA, pas un membre de la ligue de l’époque n’a révolutionné le basket comme lui.

Delaney Rudd

Enorme scoreur, superbe passeur, l’ancien backup de John Stockton est l’un des meneurs les plus forts et les plus marquants à avoir foulé le championnat de France, dont il a été deux fois MVP. Alors certes, il n’a jamais remporté le titre avec l’ASVEL, mais on se souviendra toujours des alley-oops qu’il envoyait à Alain Digbeu et de ses tirs ultra-cloches qui caressaient le plafond de l’Astroballe avant de transpercer le filet.

Michael Jordan

Qu’on soit fan ou pas (et non, MJ ne fait l’unanimité chez nous), aucun joueur n’a eu un plus grand impact que lui. Certains d’entre nous ont passé une partie de leur adolescence à se relever la nuit pour le voir réussir l’impossible, soir après soir, tandis que d’autres pestaient de le voir éclipser (en rayonnement tout du moins) l’héritage de ceux qui l’ont précédé. Mais en se hissant au plus haut niveau possible, Jordan a relevé au passage la barre de l’excellence à une altitude inimaginable pour tous les autres. Il reste l’étalon auquel tous les grands sont comparés.

Scottie Pippen

Si Jordan était l’icône inaccessible, Pip était le joueur des Bulls auquel il était le plus facile de s’identifier. Ça peut sonner comme un affront quand on sait à quel point il était unique en son genre, mais quand on n’a ni le jump ni le talent offensif de MJ, il est plus facile de rêver d’être Pippen quand on joue en bas de chez soi ou dans son club local. Jouer juste, défendre le plomb et essayer de faire fonctionner un collectif, il faut être plus qu’un simple « lieutenant » pour réussir à le faire à ce niveau et avec cette régularité, mais nombre d’entre nous ont essayé de calquer leur jeu sur le sien.

Charles Barkley

Avec Charles Barkley, on a découvert qu’on pouvait aimer un joueur autant pour ce qu’il apportait sur le parquet… qu’en dehors. Entre ses dunks ravageurs, ses contre-attaques qui faisaient hurler « Le baby TGV, messieurs dames ! » à George Eddy et ses punchlines à répétition, il était impossible de ne pas tomber sous le charme de Chuck. Ses performances aux JO de 92 (là encore, autant sur le terrain qu’en salle de presse ou sur les Ramblas) ont fini d’en faire pour nous un joueur cultissime.

Shaquille O’Neal

A cause de son triplé avec les Lakers, bien sûr, et son niveau de domination hallucinant durant les playoffs 2000 (30,7 pts à 56,6%, 15,4 rbds, 3,1 pds et 2,4 ctrs en moyenne !), mais aussi et surtout pour son passage à Orlando. Franchement, on doute qu’on reverra un jour un mec de son gabarit combiner un tel mélange de puissance, de vélocité et de toucher. Quand on voit tout ce que Shaq a réussi à accomplir sans être foutu de rentrer deux lancers-francs de suite ou d’être dans une condition physique acceptable avant le All-Star Break, on imagine tout juste comment il aurait pu écraser la NBA.

John Starks

Starks n’était ni le plus talentueux, ni le plus flashy mais, plus encore que Patrick Ewing, il incarne pour nous l’essence même du basket new-yorkais, dans tout ce qu’il avait de plus rugueux et de plus respectable. Un cœur énorme et une confiance sans limite, qui s’est fait assez injustement allumer après la finale perdue contre les Rockets et son dramatique Game 7 (2/18 aux tirs et 0/11 à trois-points après avoir claqué 27 pions au match précédent). Mais tandis que Ewing se faisait dominer par Olajuwon à l’intérieur et que les autres arrières se planquaient (Allo, Derek Harper ?) il était le seul à assumer ses responsabilités.

Dominique Wilkins

Bien sûr, il y avait son talent incroyable de scoreur et ses duels à la mort avec Jordan ou Bird. Mais avant tout, ce qui nous a traumatisés avec Wilkins, c’est l’incroyable férocité avec laquelle il attaquait le cercle et le rebond. A une époque où les raquettes étaient aussi cadenassées que Fort Knox et où les défenseurs pouvaient littéralement vous tenir sur chaque drive, Nique était trop puissant et trop agile pour être stoppé. Peu importe s’il s’impliquait peu dans les autres compartiments du jeu. Pour paraphraser Lang Whitaker, « dire que Wilkins n’était qu’un scoreur, ce serait comme dire que Biggie n’était qu’un rappeur »…

Larry Bird

Il faudrait probablement un livre entier pour expliquer pourquoi et à quel point on adore Larry Legend. En voici quelques-unes en vrac : son combo dégaine dégueulasse/arrogance extrême, son « cadeau de Noël » à Chuck Person, sa capacité à dominer avec sa tête, son jeu poste bas, son sens de la passe, son putain de doigt tordu que tous les défenseurs ont vu tendu devant leur face avant d’entendre chanter le filet, ses punchlines de trash-talker, son surnom mythique et surtout le fait que personne ne devrait avoir le droit de taffer autant avec une moustache pareille. Ça devrait être interdit par les Conventions de Genève.

Shawn Kemp

Le Reign Man n’a finalement pas régné bien longtemps, mais sa période dorée a été mémorable. Avant qu'il ne devienne l’un des tous meilleurs ailiers forts de la ligue (il a été totalement irréprochable durant la finale 96 face aux Bulls), Kemp nous a d’abord tapé dans l’œil à cause de ses qualités hallucinantes de dunkeur ! Il reste probablement le meilleur à n’avoir jamais remporté le Slam Dunk Contest. A part peut-être Blake Griffin, on n’a jamais vu qui que ce soit attaquer le cercle avec autant de férocité.

Dejan Bodiroga

Longtemps, il n’y a eu que trois choses inéluctables dans la vie : la mort, les impôts et Dejan Bodiroga. Pendant presque une dizaine d’années, il n’a pas simplement été l’un des meilleurs joueurs d’Europe, il en a surtout été le plus décisif. Peu importe les trois premiers quart-temps, il ne vivait que pour les 10 dernières minutes des matches, celles où naissent les mythes. Son « latigo », ses feintes et son sang-froid sont restés dans toutes les mémoires, à commencer par celle de Carmelo Anthony.

Manu Ginobili

Manu a la particularité de nous avoir fait hurler à chaque stade de sa carrière. Avec les Spurs bien sûr, à Bologne déjà, mais surtout avec la sélection argentine. Le niveau et le style de jeu affichés par Ginobili et ses potes au Championnat du Monde 2002 et aux J.O. 2004 restent un modèle pour les amoureux de basket. Dans ce bijou de collectif, le gaucher génial était à la fois le diamant le plus étincelant et le plus tranchant. Clairement l’un des joueur les plus marquants notre génération.

Alphonso Ford

Ceux qui ont eu la chance de le voir pulvériser les défenses les plus intraitables d’Europe lorsqu’il jouait pour Peristeri, Olympiacos ou Sienne se souviennent des qualités de scoreur époustouflantes de cet arrière tanké et explosif. Disparu à 32 ans d’une leucémie foudroyante, l’Euroleague lui a depuis rendu hommage en rebaptisant son trophée de meilleur scoreur de la saison de son nom. Ses 41 points (des 79 de sa team !) face au Tau Ceramica, durant le Top 16 2001, sont depuis entrés dans la légende de l’Euroleague.

Pee Wee Kirkland

A legend in two games, Pee Wee Kirkland était aussi doué balle en main que dans le deal de drogue. Dans les deux cas, il ne faisait pas dans la figuration. Loin d’être un vulgaire petit dealer, il a eu le droit, au même titre que son ami Frank Lucas (incarné par Denzel Washington dans American Gangster), à son propre chapitre dans le livre Gangsters of Harlem, qui retrace les « exploits » des plus grands leaders du crime organisé de la ville. Sur un terrain, le meilleur meneur issu des playgrounds new-yorkais « était un vrai joueur, il aurait pu jouer en ABA, en NBA ou dans n’importe quelle ligue de son choix », nous avait confié Peter Vecsey. Malheureusement, les Bulls lui offraient moins d’argent que la rue, et c’est en prison qu’il a fini par affoler les compteurs.

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