Pensez ce que vous voulez, Lonzo est un pur baller

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Lonzo Ball est trop souvent vu à travers le prisme de sa famille. Parce que sur le terrain, le meneur des Lakers est un vrai bon joueur.

Je regarde beaucoup de matches (merci le League Pass) avec mon cousin, qui est aussi mon meilleur ami. On joue au basket, on parle basket, on débat basket, on vit basket. Un jour, pour je-ne-sais-plus-quelle-raison, j’ai mentionné Lonzo Ball. Avec une réponse quasi-automatique de sa part « lui, je n’aime pas ». Pas pour son jeu mais « pour tout ce qu’il y a autour, avec sa famille. » Il se trouve que moi, Zo, c’est l’un de mes joueurs préférés – en activité. Du genre dans mon top cinq perso avec Damian Lillard, Giannis Antetokounmpo, Klay Thompson et Ben Simmons (Kawhi Leonard ne doit pas être trop loin non plus avec une mention à venir pour Luka Doncic).

Je ne blâme pas mon cousin. Parce que je sais que plein de passionnés de basket ont le même raisonnement sur la famille Ball. Et je comprends, même. LaVar, ses frasques, ses déclarations, l’ultra-médiatisation du personnage (par nous compris) ont agacé et fatigué le large public. Qui, du même coup, ne s’est jamais vraiment concentré juste sur Lonzo. Parce que si vous aimez le basket, alors il y a des chances que vous soyez séduit par le jeune meneur des Los Angeles Lakers. Parce qu’il respire la balle orange. Elle est dans son ADN.

Le match de cette nuit, il résume parfaitement ce que je pense du bonhomme. Vous ne le verrez pas faire les grands titres des autres médias. Parce que LeBron James a mis un triple-double (28 points, 11 rebonds, 11 passes). Parce que Lance Stephenson a eu un coup de chaud sensationnel dans le quatrième quart temps. Mais j’ai le sentiment – peut-être que je ne suis pas objectif – que Lonzo a autant contribué que ces gars-là au succès des Lakers cette nuit. Et c’est quand même un mini-exploit parce que les Californiens ont fait tomber des Denver Nuggets jusqu’alors invaincus.

Le sophomore a vraiment été important. Et d’abord en défense. N’est-ce pas ce même public de passionnés qui réclame toujours à ce que les pros se donnent des deux côtés du parquet ? Et ben, Ball, lui, il défend. Vraiment. Il est grand et costaud pour son poste, ce qui lui donne de ce fait des avantages physiologiques pour s’affirmer comme un très bon joueur dans ce domaine. Surtout, il a la volonté. 5 interceptions cette nuit. Une dans les mains de Nikola Jokic. Une autre en se jetant au sol pour rattraper un ballon qui a initié une contre-attaque conclue par James pour redonner l’avantage aux Lakers en toute fin de match ! Son activité défensive est primordiale au sein d’une équipe qui manque justement de stoppeurs.

Il a aussi pris 6 rebonds défensifs. Une habitude pour ce Jason Kidd 2.0 (et oui !) qui est l’un des meilleurs meneurs rebondeurs de la ligue. Et le tout sans avoir Steven Adams pour faire gonfler ses statistiques. Il est aussi intéressant en attaque. Il a par exemple bombardé un « step-back three » crucial dans le money time. Lonzo Ball a terminé avec 12 points, 5/10 aux tirs et 2/5 à trois-points. C’est propre. Parfait en complément de scoreurs comme Kyle Kuzma ou LeBron.

Son QI basket, sa vision du jeu et son altruisme sont ses premières qualités. C’est d’abord un meneur gestionnaire – 8 passes cette nuit. Il pense toujours à ses coéquipiers avant de se mettre en avant. N’est-ce pas là encore un atout recherché ? Surtout à cette époque où les meneurs drivent et foncent dans le tas deux possessions sur trois. Lui, il vit collectif. Il créé le collectif même. Parce que sa générosité est communicative et les Lakers jouent beaucoup mieux en équipe depuis qu’ils ont drafté le fils aîné de LaVar en deuxième position en 2017.

LaVar, parlons-en. S’il y a bien un trait de caractère qui différencie le fils du père, c’est son attitude globale, sa manière de rester calme quand tout le monde s’enflamme. Les Angelenos ont pris sept points d’avance à quelques minutes de la fin et le banc s’est mis à sauter, danser, crier. Qui est resté stoïque et concentré ? Lonzo Ball. Il n’a pas célébré. Humble. Déterminé. Jamais un mot plus haut que l’autre. Jamais une implication dans un incident. Même quand il était provoqué constamment. Maintenant que LaVar est moins relayé, il est temps de se concentrer sur le joueur. 11,8 points à 49% aux tirs, 40% à trois-points, 5,8 rebonds, 5 passes et 1,8 steal pour seulement 1,4 ballon perdu en 28 minutes sur les cinq premiers matches de la saison. Et il n’est même pas encore à 100% puisque sa préparation a été gênée par une blessure.

Pour terminer avec mon cousin, ne vous inquiétez pas que j’ai bien pris soin de lui envoyer une dizaine de messages WhatsApp à 6 heures du matin, quand j’étais en transe devant la prestation de Lonzo Ball.