125 MIL
130 PHI
110 DET
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91 ATL
129 SAC
102 CHI
117 HOU
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Jeunes stars aujourd’hui, quels joueurs demain ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Un focus sur trois basketteurs très prometteurs. Et peut-être même un rêve, une prédiction : qui seront-ils dans cinq ans ?

Ce monde est instantané avec internet et les réseaux sociaux. Pourtant, on ne vit que très rarement dans le présent. Toujours le regard dans le rétroviseur avec des « et si ». Ou alors, on se projette. On adore se projeter. Partir de maintenant pour deviner ce qui se passera plus tard. Parce que c’est l’espoir. Le rêve du « encore mieux » que ce qui est déjà là. Et c’est pourquoi on aime autant s’intéresser aux jeunes joueurs en NBA (ou à l’université pour certains prospects phares). C’est aussi pour ça que les dirigeants eux-mêmes accordent autant de valeurs à la draft, aux picks et aux talents de demain. Ils incarnent l’avenir.

Le fameux potentiel. C’est vrai que ça peut servir en plus. Quand un jeune joueur est cité dans les rumeurs – comme c’était le cas quand les Los Angeles Lakers ont proposé la moitié de leur effectif pour Anthony Davis – il peut être important d’avoir au moins une petite idée du basketteur qu’il sera à son apogée. Ça permet de relativiser, ou de mieux analyser les offres. A.D. est plus fort que n’importe lequel des joueurs de moins de 25 ans contre qui il est susceptible d’être échangé. Mais qui aura le plus d’impact ? La plus grande carrière ?

Reste à savoir comment deviner. Ce n’est pas une science exacte, évidemment. Mais il y a déjà des signes. On peut se fier aux petites touches que les jeunes joueurs apportent rapidement dans leur jeu après leur arrivée en NBA. Aux ‘flashs’ qu’ils ont déjà montré, de façon encore trop irrégulière parce qu’ils manquent justement d’expérience. Avec le temps, en suivant la ligue depuis des années, on apprend à anticiper certains développements. Physiques ou techniques.

Le problème, c’est que pour imaginer, il faut trouver un point de référence. Et ça passe souvent par des comparaisons. Comparaisons ô combien injustes. Le public en est friand tout en les rabaissant. Parce que comparer un jeune joueur à une superstar déjà établie est risqué. Il ne faut donc pas y voir une annonce d’une quelconque carrière aussi grande ou non. Plutôt un style de jeu. Un gabarit. Des caractéristiques communes. C’est ainsi que nous avons trouvé des modèles pour nos prospects retenus : un rôle à tenir dans une équipe, une ligne de statistique, un profil. C’est parti.

Kyle Kuzma (Los Angeles Lakers)

Joueur à son prime : Tobias Harris

Kyle Kuzma est le chouchou des supporters des Los Angeles Lakers. Le plus fort de leurs jeunes – même si nous ne sommes pas encore persuadés qu’il soit pour autant le plus prometteur. En tout cas, il est déjà productif (19,1 points par match) et il a un profil taillé pour la NBA actuelle. Un profil qui nous rappelle Tobias Harris. Ils ont tous les deux ce côté ancien ailier devenu ailier-fort fuyant par la force des choses. C’est l’évolution de la ligue.

Ils font la même taille – 2,06 m – même si Harris est plus lourd de quelques kilos. Mais il ne serait pas étonnant que Kuzma continue d’ajouter du muscle. Il n’est que dans sa deuxième saison NBA. Les joueurs prennent régulièrement de la masse lors de leurs trois premières saisons. On peut imaginer le jeune homme de 23 ans un peu plus robuste qu’il ne l’est actuellement d’ici quelques années. Morphologiquement, ça se tient.

Dans le style de jeu aussi. Ce sont des scoreurs. Harris est un meilleur shooteur à trois-points… aujourd’hui. Mais à 23 ans, l’âge de Kuzma, il n’était qu’à 33% à trois-points. Le joueur des Lakers est à 34% depuis le début de sa carrière. Il manque de constance derrière l’arc. Mais ça va venir, comme c’est venu avec le temps pour le joueur des Sixers. Il a la mécanique et il prend un gros volume de tirs. On peut tout à fait penser qu’il fera quelques saisons entre les 38 et 44% de réussite au moment phare de sa carrière.

Harris n’est pas un officiellement un All-Star mais il était proche de l’être. Il a le niveau All-Star. Et c’est une carrière envisageable pour Kuzma, avec des saisons à 20-22 points et 6-8 rebonds. Reste à avoir s’il peut s’affirmer comme un meilleur playmaker. Mais on l’imagine bien dans ce rôle de troisième ou quatrième option pour un vrai candidat au titre.

Trae Young (Atlanta Hawks)

Joueur à son prime : Steve Nash sans les MVP

Alors attention. Sans les MVP revient à penser que Trae Young ne sera pas la première option d’une équipe très forte. On ne le voit pas avoir autant d’impact sur le jeu. On ne l’imagine pas être la superstar d’une équipe à 55 victoires la saison. Par contre, il y a du Steve Nash dans son jeu. Il y a cette vista. Ce sens de la passe. Ces caviars que personne ne voit sauf lui. Que personne n’aurait imaginé sauf lui. Le meneur des Atlanta a souvent été comparé à Stephen Curry mais on lui préfère un rapprochement avec le Canadien.

Parce que sa plus grande force, ce n’est pas le shoot, contrairement à ce qui avait été annoncé. C’est la passe ! Quel playmaker ! Il joue d’abord pour les autres (7,6 passes, le meilleur parmi les rookies, huitième en NBA). Comme Nash à l’époque. Surtout qu’il a en John Collins un intérieur très athlétique comme la légende des Phoenix Suns avec Amar’e Stoudemire – encore une fois, toutes les comparaisons sont à prendre avec des pincettes.

Nash est un meilleur shooteur que Young. Mais il y a des nuances à apporter. Déjà, le jeune homme évolue à une époque différente où les joueurs prennent bien plus de tirs extérieurs. Et de plus en plus loin. Young peut dégainer à neuf mètres (Nash aurait pu mais ça ne se faisait pas en son temps). Et s’il est à 40-31-79 (tirs, trois-points, lancers) aujourd’hui, on peut penser que la star montante des Hawks va gagner en adresse avec le temps.

Le jeu va se ralentir. Les meneurs mettent des années à se développer. Nash a claqué 15 points et 7 passes de moyenne à 26 ans seulement, au bout de sa cinquième saison. Young est à 17 et 7. Il progresse déjà fortement semaine après semaine. 20 et 9 à 43-36-80 sur les 15 derniers matches. Ce gamin peut devenir un All-Star. Peut-être pas un pur « franchise player ». Mais un joueur autour des 22-25 points avec 9 ou 10, voire 11 passes de moyenne.

Luka Doncic (Dallas Mavericks)

Joueur à son prime : LeBron James sans la domination physique

Celle-là aussi va faire jaser. Mais réfléchissez-bien. Quel joueur ressemble le plus à Luka Doncic dans le rôle sur le terrain, l’impression qu’il laisse, etc. Pour nous, ça reste LeBron James même si en réalité c’est plus complexe que ça. Le Slovène est unique – comme tous les joueurs – et il est un mix de plusieurs gloires, avec des nuances. N’empêche que y’a un truc du King, qui est d’ailleurs son joueur préféré !

Un meneur-ailier de grande taille qui monopolise la gonfle. Parce que oui, on adore Doncic mais lui c’est clair qu’il adore avoir la balle. Et ça se comprend, il fait des miracles avec. Physiquement, la comparaison a moins de sens mais James a toujours été défini par sa capacité à créer. Le playmaking. C’est la même chose pour le rookie phénomène. Partout, vous entendez de ses adversaires ou coéquipier qu’il est capable de faire des passes absolument incroyables. Pourtant, ses stats à la passe ne sont pas les plus élevées. Comme LeBron.

« Citez-moi sur ça : il a cette capacité LeBron-esque à faire des passes aux shooteurs dans les corners. »

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Dwyane Wade. Le meilleur ami de James qui voit donc en Doncic des points communs. La principale différence est physiologique (et encore, ils font plus ou moins la même taille). LeBron peut dominer en puissance. Doncic le fait en technique. Mais le résultat est plus ou moins similaire, ils dominent leurs adversaires.

En fait dans le rôle et les stats, on voit bien Doncic en futur LeBron. Peut-être même plus que Giannis Antetokounmpo qui est finalement dans un style assez différent du King. Doncic commence déjà à accumuler de plus en plus de triples-doubles. Il contrôle le game, comme le quadruple MVP. Ce n’est pas du tout improbable de voir un Doncic en 26-8-8 une fois à son prime. La ligne de stats de James par excellence. Tout en étant alors le meilleur joueur de la ligue. Avec le même type de supporting cast autour : des shooteurs pour lui étirer les lignes et bénéficiez de ses qualités de passe.