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Mahershala Ali, de la NCAA aux Oscars

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Mahershala Ali, auteur d'une petite carrière en NCAA, est l'un des acteurs les plus en vue du moment à Hollywood et vient de décrocher son deuxième Oscar.

Le succès a mis du temps à venir pour Mahershala Ali. Récompensé par l'Oscar 2017 du meilleur second rôle pour le film "Moonlight" de Barry Jenkins*, puis la nuit dernière pour "Green Book", l'acteur américain a longtemps été un visage reconnaissable sur lequel personne ne pouvait mettre de nom. Le lobbyiste Remy Danton dans House of Cards, Cottonmouth dans Luke Cage ou Boggs dans la saga Hunger Games... Autant de rôles qui ont permis au quadra de bien vivre de son métier sans pour autant accéder à la reconnaissance. Avec cette exposition soudaine, Ali, né Gilmore avant sa conversion à l'islam, a passé un cap. Ce même cap qu'il n'aura jamais réussi à franchir dans le monde du basket.

Du haut de son mètre 90, Ali a effectivement un passé déçu de jeune athlète. Né à Oakland et élevé non loin de là à Hayward, l'interprète de Don Shirley dans le film oscarisé le week-end dernier, était un arrière prometteur au début des années 90 dans la ligue locale, puis au lycée de Mount Eden High. Il y était considéré comme un élément-clé de la rotation du coach Ron Benevides et ses qualités ont aidé le groupe a atteindre la finale (perdue) de division de l'état lors de sa dernière saison.

"On l'appelait Hershal Gilmore à l'époque. C'était un super gamin qui travaillait dur et ne se plaignait jamais. Sa situation familiale était compliquée. Son beau père était à New York pour jouer à Broadway et ce sont ses grands-parents qui s'occupaient de lui. Ils venaient à tous les matches et l'ont très bien éduqué. Il a réussi à décrocher une bourse à la fac de Saint Mary's", raconte Benevides dans le Mercury News.

A Saint Mary, dont l'équipe fanion, les Gaels, évolue en NCAA, les choses se passent moins bien pour le Californien, notamment à cause de rapports compliqués avec le coach Ernie Kent. En quatre saisons, Mahershala Ali (toujours Gilmore à l'époque), tourne à 3.6 points de moyenne et peu d'opportunités de jeu.

"Honnêtement, à la fin de mon parcours à St Mary's, je détestais le basket. Je voyais des gars se faire broyer, cracher dessus... On m'a menacé de me transférer dans une autre fac. Tout ça au nom de la victoire et de la productivité. [...] Tout ce que je voulais, c'était décrocher une bourse dans une équipe de D1, mais je n'avais pas fait de plan réaliste pour atteindre la NBA. C'est tant mieux, au final. Je suis tombé amoureux du théâtre et on m'a donné l'opportunité de jouer dans une pièce. Tout me venait facilement et les choses se sont bien goupillées", se souvient Ali dans GQ après son sacre de 2017.

Ne pas persévérer dans le basket a sans doute été la meilleure décision de Mahershala Ali, devenu l'un des acteurs les plus bankables du moment à Hollywood.

*Update du 28/02/2017

Mahershala Ali en NCAA

Son speech aux Oscars 2019