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Hezonja, le block qui cache la forêt

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Mario Hezonja n'a jamais confirmé l'immense talent qu'on lui prêtait. Auteur d'un contre décisif sur LeBron James, peut-il encore prospérer dans la ligue ?

Mario Hezonja pourra dire à ses petits enfants : "j'ai contré LeBron James, l'un des meilleurs joueurs de l'histoire, à la dernière seconde d'un match". Une fois l'émerveillement passé, les descendants du Croate pourront lui demander : "Et sinon, qu'est ce que tu as fait d'autre papy?". Malheureusement, l'ailier des New York Knicks risque d'être à court d'histoires marquantes. Pour le moment, en tout cas, ce block anecdotique dans une saison cataclysmique pour sa franchise est le seul vrai fait d'armes qui permettra de se souvenir d'Hezonja pour une action décisive dans 20 ans. Son piétinement arrogant de Giannis Antetokounmpo après un dunk en début de saison n'a pas décidé du sort du match et semblait un peu disproportionné au regard de ses accomplissements. Pas du genre inoubliable, donc.

Le 5e pick de la Draft 2015 n'a que 24 ans. On a vu des joueurs éclore sur le tard pour des raisons diverses et variées. L'espoir n'est donc pas perdu pour l'ancien joueur du Barça de se montrer digne du talent qu'on lui prêtait il n'y a pas si longtemps. Il faut néanmoins se rappeler qu'après ses trois premières saisons à Orlando, Mario Hezonja était plus proche d'un retour en Europe façon Jan Vesely que d'une nouvelle opportunité en NBA. Il a fallu qu'une équipe en plein tanking, les Knicks, mise 8 millions de dollars sur un an pour lui éviter l'échec que tant d'autres ont connu avant lui. Et même à New York, la progression de l'ailier ne saute pas aux yeux.

De la même manière qu'il rendait Scott Skiles fou au point de l'écarter de tous les moments-clés des matches à Orlando, il n'a pas convaincu David Fizdale de lui accorder régulièrement sa confiance. Cette saison, Hezonja sort du banc, dans des matches où ses lacunes défensives ne sont pas trop pénalisantes. Car c'est là tout le paradoxe de l'action qui fait tant parler en ce début de semaine. Quelqu'un qui n'aurait jamais vu jouer Hezonja pourrait se dire, au vu de son abnégation face à LeBron sur cette séquence, qu'il s'agit d'un défenseur d'élite. Sa propension à roupiller et à lire le jeu de travers en phase défensive est sans doute ce qui l'a empêché de briller en NBA. Car le talent offensif est bien là. Mal exploité, mais là.

Largué comme Vesely ou tenace comme Satoransky ?

Lorsqu'il évoluait au Barça, sa cote était élevée et le mélange de technique, de flair et de qualités athlétiques du Croate donnait le sentiment que son parcours en NBA serait couronné de succès. On ne va pas blâmer le Magic d'avoir pris le risque de prendre un joueur européen alors que l'on se plaint constamment du scepticisme des scouts US à ce sujet. D'autant qu'il montrait les mêmes fulgurances qu'aujourd'hui, à coups de pénétrations tranchantes, de shoots compliqués et de dunks tonitruants. Simplement, quatre ans après, on peut citer un paquet de joueurs évoluant sur les postes 2 ou 3 et draftés plus bas que Mario Hezonja mais qui se se sont avérés nettement plus performants : Devin Booker, Justise Winslow, Josh Richardson, Kelly Oubre ou Cedi Osman, sans parler des autres postes sur lesquels les Floridiens auraient pu se pencher. Et tous, ou presque, on un apport two-way nettement supérieur au sien, lui qui n'a jamais atteint les 10 points de moyenne sur ses 4 saisons dans la ligue.

Dans un peu plus de trois mois, Mario Hezonja sera de nouveau libre et sans doute confronté à un choix. Si une franchise croit encore en lui - le projet des Knicks ne va pas dans ce sens - peut-il y avoir un rôle suffisamment intéressant ? Vaut-il mieux retourner en Europe, où son style devrait lui permettre de rapidement regagner de la popularité et d'être l'un des meilleurs joueurs offensifs d'Euroleague ? On dit le garçon persuadé qu'il a sa place en NBA et déterminé à y faire son trou. Mais entre des prodiges comme Luka Doncic et des joueurs plus aguerris et au profil plus sobre et adapté à la ligue comme Tomas Satoransky, pas sûr qu'il y ait un énorme marché pour lui. A lui de prouver que l'on se trompe sur son compte et qu'il peut être plus qu'un electron libre divertissant une ou deux fois dans l'année mais pas assez fiable pour impacter réellement un match NBA.