Pourquoi Mark Jackson est tricard en NBA

BasketSessionPar BasketSession Publié

Une histoire de démon, une paranoïa généralisée et un manque d'ouverture d'esprit ont terni la réputation de Mark Jackson, l'un des candidats au poste de head coach des New York Knicks.

Dans quelques jours, l'intitulé de cet article n'aura peut-être plus de raison d'être. Si Mark Jackson est nommé head coach des New York Knicks, cela voudra dire que Scott Perry, le patron sportif de la franchise, est passé outre la réputation que s'est taillée l'intéressé au fil des ans.

Alors que l'on pourrait penser que le travail de Jackson à Golden State, où il a indéniablement contribué à faire passer un cap à Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green, lui vaudrait des courtisans après son départ, il n'en a rien été. Face au manque de propositions, l'ancien meneur des Pacers est donc retourné à son job de consultant en compagnie de Jeff Van Gundy sur ESPN.

Mais pourquoi ce désamour ?

En tant que joueur, sa popularité en avait déjà pris un coup lorsqu'il avait été désigné comme responsable de la retraite de John Stockton au Jazz en 2003, alors que celui-ci voulait initialement prolonger l'aventure. Le caractère de Jackson et son apparent manque de respect pour son aîné étaient visiblement en question. A peine sa reconversion entamée, il avait également été au coeur d'un scandale de chantage après une aventure extra-conjugale avec une strip-teaseuse qui le faisait chanter, alors qu'il se présentait (comme aujourd'hui) comme un chrétien fervent et un "champion de Dieu".

Tout ça n'a pas grand chose à voir avec le terrain. Passons donc à son expérience à Golden State.

- Mark Jackson a développé une paranoïa généralisée. Il a soupçonné Mike Malone (l'actuel coach de Denver) de vouloir son job et a mis un coup de pression à sa direction pour le faire virer. Celle-ci voulait à la base simplement nommer Malone "assistant principal", pour épauler Jackson comme Alvin Gentry l'a fait quelques années plus tard avec l'inexpérimenté Steve Kerr.

- Il a formellement refusé à tous ses adjoints de communiquer avec la presse pendant son mandat, de peur qu'ils ne le critiquent et précarisent son poste.

- Son staff et une partie de ses joueurs lui reprochaient en privé de n'avoir aucune stratégie autre que de l'isolation à outrance et critiquaient également son absence de préparation pour les matches.

- Il a interdit à Jerry West (le Logo lui-même) et au très populaire commentateur local Jim Barnett d'assister aux entraînements. Selon Darren Erman, assistant à l'époque, c'était pour ne pas que ces derniers entendent les discours assez "fous" tenus par Jackson durant les séances.

- Erman a d'ailleurs tenté d'enregistrer certaines séances pour montrer à la direction ce dont était capable Mark Jackson. Un exemple en particulier : sa certitude qu'Harrison Barnes était "possédé par un démon", ce qui expliquait son absence de progression.

- Un autre exemple : la mise en accusation devant tout le groupe de Festus Ezeli, qu'il a accusé de se réjouir intérieurement des défaites pour servir sa propre cause (alors que celui-ci était blessé...).

- Erman s'est fait prendre la main dans le sac par Mark Jackson en train d'enregistrer l'un des fameux discours et a été viré sur le champ par la direction, pas encore au fait de ce qui se tramait. Les joueurs étaient dressés les uns contre les autres par Jackson, qui expliquait à l'un que l'autre le critiquait en privé et vice-versa.

- L'un des points de rupture : ses déclarations après le coming out de Jason Collins. Alors que la quasi-totalité de la NBA a soutenu Collins, Jackson a simplement expliqué qu'il "avait son avis sur ce qui était bien ou mal et prierait pour lui et sa famille". La Bay Area est une zone plutôt gay-friendly et plusieurs membres importants du board des Warriors sont homosexuels. Les propos de Jackson ne sont donc pas très bien passés...

- Sur le plan des résultats, le GM Bob Myers lui a reproché de ne pas avoir su faire passer un nouveau cap à l'équipe. Après la bonne saison 2012-2013 (demi-finale de Conférence), les Warriors étaient sortis au 1er tour contre les Clippers l'année suivante.

Il n'y a sans doute que les Knicks pour envisager de lui redonner une chance. Avec ses talents d'orateur, peut-être Mark Jackson parviendra-t-il à effacer l'ardoise...