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85 PHO
99 BOS
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88 OKC

Markelle Fultz, sur les chemins de la rédemption

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Après deux premières saisons NBA très délicates, Markelle Fultz, premier choix de la draft 2017, semble enfin prêt à faire décoller sa carrière.

Mercredi 23 octobre 2019. Si la logique avait été respectée, Markelle Fultz serait à Philadelphia ce soir-là. Pour l’ouverture de la saison des Sixers contre les Celtics. Titulaire au côté de Ben Simmons et Joel Embiid. C’était ça, sa place. La troisième star d’un trio censé révolutionner la NBA. Mais le destin en a voulu autrement. Non, le jeune homme n’est pas en Pennsylvanie mais à 1500 kilomètres plus au Sud, en Floride, à Orlando. Et il n’est même pas dans le cinq majeur du Magic, qui débute son nouvel exercice avec un duel contre les modestes Cavaliers. Fultz est un joueur de banc. Mais pendant deux ans, il a été une énigme.

Superstar en NCAA, le meneur complet était le bijou de la promotion 2017. C’est donc sans surprise qu’il a été sélectionné en première position par Philly – après un échange avec Boston (qui a notamment récupéré le troisième pick – Jayson Tatum – en échange de son premier choix). La suite a été beaucoup plus chaotique. Gêné par une douleur à l’épaule, humilié sur la toile pour ses mécaniques rocambolesques et sans doute asphyxié par l’énorme pression qui accompagnait son statut, il n’a joué que 33 matches avec les Sixers en un an et demi. Avant d’être transféré à Orlando. Et même une fois arrivée au Magic, son propre coach Steve Clifford ne savait pas quand le meneur serait apte à reprendre la compétition.

La fin de deux ans de galères ?

Le voilà enfin prêt. Après des mois d’attente, Fultz va pouvoir prouver qu’il a l’étoffe d’un joueur NBA. D’un bon joueur NBA ! Et peut-être même plus, mais pour ça, il y a encore le temps. En attendant, il reprend déjà du plaisir en passant du temps sur le parquet. 23 minutes cette nuit. 23 minutes décisives. Parce que son apport sur le parquet a fortement contribué au succès de son équipe (94-85). Le natif du Maryland a marqué 12 points à 6 sur 12 aux tirs tout en distribuant 6 passes décisives en sortie de banc.

« J’ai adoré », confiait son coéquipier et ami Mo Bamba à The Athletic. « Pour être honnête, vu comment il a bossé cet été, on l’a tous vu venir. On savait qu’il voulait briller. »

Il a brillé, oui, mais sans en faire trop. Markelle Fultz était tranchant et c’est exactement ce qui lui est demandé. Son coach l’a lancé dans le grand bain au milieu du premier quart temps. Il était d’ailleurs le premier joueur du Magic à sortir du banc. Cleveland menait encore de deux points (12-14) à ce moment de la partie. Plus pour longtemps. Fultz a inscrit trois paniers de suite, trois pénétrations vers le cercle, en l’espace de deux minutes. Quelques instants plus tard, il propulsait Bamba sur orbite avec une passe lobée. Du spectacle, mais aussi de l’efficacité. En fin de premier quart, il a même planté un tir à mi-distance. Connaissant ses difficultés chroniques à maintenir une gestuelle digne d’un basketteur pro, c’est déjà significatif. Bientôt ce sera routinier. Quand il est sorti du terrain, Orlando comptait cette fois-ci quatre points d’avance.

Markelle Fultz, le facteur X du Orlando Magic cette saison

Il est revenu après la pause. En assurant à ce moment-là un rôle de créateur pour ses coéquipiers. Il a distribué les caviars. Notamment quand il était entouré de quatre titulaires, Nikola Vucevic, Aaron Gordon, Jonathan Isaac et Evan Fournier. Le Magic a converti 63% de ses tentatives quand le meneur de 21 ans accompagnait le quatuor clé de la franchise. Parce qu’il facilite le jeu de ses partenaires en étant agressif balle en main.

« Il va beaucoup nous aider. Le basket tourne désormais sur cette capacité à aller au cercle et à créer des tirs, pour soi ou pour les autres, resserrer la défense et trouver des shooteurs démarqués. Il sait faire ça », remarquait Vucevic.

Steve Clifford est même allé plus loin en notant que Markelle Fultz avait « fait la différence en deuxième mi-temps. » C’est très encourageant pour la suite. Surtout que le bonhomme a un besoin pressant d’engranger de la confiance après avoir traversé autant d’épreuves.

« Je suis content pour lui. Il a été tellement critiqué. Je suis fier de lui », commentait Michael Carter-Williams.

Maintenant, il faut enchaîner. Pour l’instant, les regards ne sont plus trop sur Fultz. Il peut progresser dans son coin. Mais il sera petit à petit attendu. Parce qu’il garde ce statut de « future star », même si un avenir parmi les meilleurs joueurs du monde a pour l’instant été mis entre parenthèses. Surtout, le Magic aura besoin de lui. La formation floridienne est d’abord une équipe défensive qui manque justement de créateurs balle en main. Il a cette percussion. Il a le profil pour équilibrer les forces de ce groupe. Cette fois, il est vraiment sur la bonne voie.