Jusqu’où Mason Plumlee peut-il aller ?

Actuellement en train de jouer des coudes avec les intérieurs les plus prometteurs du pays au sein de Team USA, Mason Plumlee pourrait et devrait franchir un nouveau cap la saison prochaine.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Mason Plumlee a pris l’habitude de gravir les échelons plus vite que ce que l’on aurait pu penser. Invité à Las Vegas pour faire le nombre et affronter les joueurs de Team USA à l’entraînement, il a séduit les coaches et s’est fait une place au sein de la pré-sélection (bien aidé, il est vrai, par les forfaits en cascade). Le lendemain, la presse US misait déjà sur sa présence en Espagne en lieu et place de DeMarcus Cousins ! Un joueur de devoir préféré à une star de la ligue ? Cela peut paraître étonnant mais les chances du frangin Plumlee – dont l’un de frères, Miles, évolue aux Phoenix Suns – sont réelles. Il est déjà en avance sur ses temps de passages annoncés. La saison dernière, on promettait au rookie quelques miettes, quelques paniers et rebonds grappillés dans le garbage time. Les Brooklyn Nets se voulaient ambitieux avec une raquette composée de Brook Lopez et Kevin Garnett avec Andray Blatche en sixième homme. A priori, Plumlee était là pour se taire, s’asseoir sur le banc et attendre. En fin de saison, il était pourtant élu dans la 1st All-Rookie Team de l’année avec 7,4 pts et 4,4 rbds de moyenne. Des statistiques prometteuses pour le joueur auteur d’un cursus complet à Duke. Il était même titulaire en fin de saison suite à la blessure de Brook Lopez et aux congés prolongés de « KG ». Une fois dans le cinq, le joueur de 24 ans cumulait 7,3 pts à 64,4%, 5,7 rbds et 1 block. A l’aube d’une compétition internationale qui lui tend les bras et d’une nouvelle saison NBA, la tête blonde de Brooklyn a de l’ambition.

Le désir d’être titulaire

Après avoir fait le plein de confiance, Mason Plumlee ne veut plus se cantonner à des rôles secondaires. Il a les crocs. Sondé par ESPN, le pivot n’a pas annoncé ses intentions à la manière d’un Dion Waiters mais il ne s’est pas caché non plus.
[superquote pos="d"]Mason Plumlee peut-il vraiment griller Brook Lopez ou Kevin Garnett ? [/superquote]« Oui j’aimerai être titulaire. Qui ne voudrait pas commencer les matches ? Les coaches se penchent actuellement sur les rôles au sein de l’équipe. Ils étaient présents à Las Vegas et ils ont regardé tous les entraînements. Je connaîtrai bientôt mon rôle. »
Un nouveau coaching staff a débarqué à Brooklyn cet été. Exit Jason Kidd, parti à l’anglaise rejoindre les Milwaukee Bucks. Lionel Hollins, coach respecté et dont le bilan aux Memphis Grizzlies parle en sa faveur, reprend du service. Plumlee, apprécié par son ancien entraîneur, va donc devoir faire ses preuves et il s’y est déjà attelé cet été. Mais peut-il vraiment espérer bousculer la hiérarchie et passer devant Brook Lopez ou Kevin Garnett ? Le premier nommé revient d’une blessure au pied qui l’a privée de la majeure partie de la saison. Mais lorsqu’il est en forme, Lopez est une arme redoutable au poste bas et à mi-distance. Le jeune homme est l’un des meilleurs intérieurs de la ligue en attaque. Sa tendance à ne pas se fouler aux rebonds malgré sa taille peut agacer mais le frère de Robin (Portland Trail Blazers) est ce qui ressemble le plus à un franchise player du côté de Brooklyn (mention pour Joe Johnson et Deron Williams si on lui greffe des chevilles). Il serait donc étonnant que Plumlee grille le Californien si ce dernier reste en bonne santé. Reste le cas Kevin Garnett. Même s’il ne s’est toujours pas exprimé sur son avenir – il hésite entre la retraite et un dernier baroud d’honneur – son coach est persuadé de pouvoir compter sur lui à partir d’octobre prochain. Gêné par des douleurs au dos, le futur Hall Of Famer semblait au bout du bout du bout du rouleau cette saison. Mais sa présence, sa grande gueule, ses rebonds et sa défense ainsi que son vice sont toujours des atouts exploitables sur une grosse dizaine de minutes. Ainsi, quel que soit son rôle, Mason Plumlee devrait voir son temps de jeu augmenter pour sa deuxième année dans la ligue. Jason Kidd était un partisan du « small ball » avec un seul intérieur de formation aligné sur le parquet. Ce dernier servait essentiellement de point de fixation et se contentait de défendre, de courir d’un bout à l’autre pour poser des écrans aux shooteurs new-yorkais et de batailler aux rebonds. A Memphis, Hollins était gâté par la présence de Marc Gasol et Zach Randolph, un duo redoutable dans la peinture. Même si les intérieurs de Brooklyn – Brook Lopez en bonne santé mis à part – n’ont pas le pedigree de « Z-Bo » et Gasol, on peut supposer que le coach optera pour un cinq plus classique avec deux grands d’entrée. De quoi laisser la porte ouverte à Plumlee en cas de défaillance de l’un des titulaires annoncés et surtout de quoi lui offrir un temps de jeu conséquent en sortie de banc. Le rookie cumulait 14,7 pts et 8,7 rbds sur 36 minutes la saison dernière. Après le All-Star Game, ses statistiques sont passées de 6,2 pts et 3,3 rbds en 15 minutes à 9,1 pts et 6 rbds en 22 minutes. Il n’est donc pas insensé de l’imaginer claquer autour de la dizaine de pions tout en gobant sept à huit rebonds par match cette saison.

Un jeu à étoffer

Lorsque l’on évoque le style de jeu de Mason Plumlee, on pense de suite à celui d’un intérieur besogneux et énergique, dur au mal, capable de défendre, de protéger la raquette de courir, de dunker et de jouer le pick&roll. En soi, c’est déjà pas mal. Les intérieurs de cette trempe font généralement de longues carrières dans la ligue et finissent toujours par décrocher un contrat assez onéreux. Mais il lui faudra plus d’atout pour s’imposer comme une star et un titulaire indiscutable en NBA. On a tendance à l’oublier, mais Plumlee est une exception à l’ère des « one&done ». Le natif de l’Indiana a passé quatre saisons complètes à Duke, l’une des plus prestigieuses universités du pays en matière de basketball, coaché par Mike Krzyzewski, un entraîneur mythique. A priori, le gamin a des fondamentaux solides. Il n’y a donc aucune raison qu’il se contente de jouer les energizer tout au long de sa carrière. Son frère Miles s’est révélé dans un rôle de titulaire à Phoenix la saison dernière (8,1 pts et 7,8 rbds) et Mason pourrait faire encore mieux dans un futur proche. Afin de s’affirmer comme un titulaire en puissance, il a travaillé un aspect particulier de son jeu.
[superquote pos="d"]"Le tir à trois-points faisait partie de mon jeu au lycée"[/superquote]« J’ai travaillé mon tir avec les coaches. On ne me demandera pas de mettre des shoots mais ça va me permettre d’ouvrir mon jeu. Ce sera une arme supplémentaire », explique le sophomore.   « Vous devriez regarder l’un de mes matches au lycée, vous trouveriez ça drôle. Je marquais deux paniers à trois-points par match. Cela faisait partie de mon jeu. On ne me demandait pas de scorer à Duke et j’ai dû m’adapter. Mais ça peut revenir. »
[caption id="attachment_87854" align="alignleft" width="300"] Mason Plumlee a effectué un cursus complet à Duke.[/caption] Mason Plumlee n’a tenté sa chance derrière l’arc qu’à 10 reprises – pour deux tentatives réussies – en quatre années passées à l’université. Il n’a pas rentré le moindre tir en dehors de la raquette la saison dernière (en 10 tentatives selon NBA.COM). Et pour cause, Jason Kidd et l’ancien staff des Nets l’incitaient à ne surtout pas prendre de shoot en dehors de la zone de confort imposée, à savoir proche du cercle. Mais Mason Plumlee se sentirait capable de prendre de la distance et il y voit même une façon de prendre du galon.
« Je suis un joueur agressif qui attaque le cercle. Mais si je dois jouer en même temps que Brook (Lopez), je dois être capable de mettre des tirs et je veux en être capable. Brook suscite l’attention des défenseurs. Ce pourrait être une bonne chose si nous sommes alignés ensembles la saison prochaine. »
La fin de carrière approche pour Kevin Garnett. Celle de Mason Plumlee ne fait que commencer. Mais alors qu’on lui a prédestiné peut-être un peu vite un destin de back-up ou de pivot défensif et énergique, l’ancien Blue Devil a désormais l’occasion de s’inscrire dans la lignée des pivots solides et efficaces des deux côtés du parquet. La marche vers un statut de « star » est encore trop haute pour le jeune Plumlee. Mais ce dernier a pris goût à brûler les étapes.   Dans le même thème, retrouvez l'article "Anthony Bennett, l'année de la révélation ?"
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