Match des légendes : Celtics vs Lakers

On a imaginé ce que donnerait un match entre les meilleurs 5 des deux franchises les plus titrées de l'histoire de la NBA.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.
Match des légendes : Celtics vs Lakers
Cette altercation entre Shaquille O'Neal et Scottie Pippen pour savoir qui des Los Angeles Lakers ou des Chicago Bulls avait le meilleur "All-Time 5", nous a rendu un peu nostalgiques. Plutôt que de prendre parti pour l'un ou l'autre des protagonistes, on s'est dit que comparer les deux franchises les plus titrées de l'histoire de la NBA serait plus intéressant. D'un côté, les Boston Celtics, 17 victoires, de l'autre les Los Angeles Lakers, 16 succès. Dans les deux cas, un paquet de joueurs mythiques qui ont tous marqué leur époque et les esprits. On n'aura jamais l'occasion d'assister à une rencontre avec, au pic de leur forme, des monstres comme Larry Bird, Kobe Bryant, Kareem Abdul-Jabbar ou Bill Russell. Mais rien ne nous empêche d'imaginer ce qu'aurait pu donner cet affrontement intergénérationnel, poste par poste. Il peut paraître injuste de faire s'affronter des joueurs qui ont dû s'entraîner avec des moyens limités et d'autres qui ont connu la professionnalisation à l'extrême de leur sport. Mais si on ne peut plus s'amuser...

Le 5 des Celtics

PG- Bob Cousy, aka the Hardwood Houdini

Allez, faisons semblant d'être chauvins. Bob Cousy, 6 fois champion NBA, 13 fois All-Star, 8 fois meilleur passeur de la ligue, est d'origine... française ! Fils d'immigrés, celui qui dominera plus tard la ligue à coups de passes géniales et d'accélérations meurtrières a même parlé français jusqu'à ses 5 ans et son entrée à l'école primaire. Cousy est l'homme qui a démocratisé le dribble dans le dos et maîtrisé à la perfection la règle nouvelle des 24 secondes. Si Bill Russell a autant dominé son sujet à l'époque, c'est aussi parce qu'il a côtoyé pendant 6 ans un meneur de cette trempe. Pour ne rien gâcher, Cousy s'est toujours élevé contre le racisme ambiant dans la société américaine à l'époque et est toujours considéré comme un gentleman. Stats : 18.4 points et 7.7 passes de moyenne. https://www.youtube.com/watch?v=fE5SDgXLb1g

SG- John Havlicek, aka Hondo

Havlicek avec Boston, c'est quand même 8 bagues, 13 sélections au All-Star Game et surtout un statut de meilleur scoreur de l'histoire des Celtics, ce qui n'est pas une mince affaire. Havlicek a révolutionné le concept de 6e homme en étant une arme absolument meurtrière en sortie de banc grâce à une énergie et une intensité phénoménales. Défenseur redoutable, son interception mémorable lors des Finales 1965 contre les Sixers l'a fait entrer dans la légende. Stats : 20.8 points par match, 6.3 rebonds https://www.youtube.com/watch?v=bsYAICmVMHA

SF- Larry Bird aka Larry Legend

Larry Bird n'est pas le Celtic le plus prolifique de l'histoire, ni même le plus titré. Pourtant, lorsque l'on pense au basket à Boston, le nom et le visage de "Larry Legend" surgissent invariablement. L'élégance, la facilité, l'insolence et le talent offensif brut du "Hick from French Lick" ont marqué les esprits à jamais. Son look et son background improbables ont contribué à faire de sa rivalité avec Magic Johnson un must. Bird avec les Celtics c'est tout de même 3 titres de champion (à une époque où le niveau de la ligue était déjà plus homogène que lors des années Russell), 12 apparitions au All-Star Game et l'occasion de représenter Team USA en fin de carrière au sein de la mythique Dream Team. Stats : 24.3 points et 10 rebonds. https://www.youtube.com/watch?v=3lt1x-k3QGU

PF- Kevin McHale aka The Black Hole

L'actuel coach des Houston Rockets n'est pas le joueur le plus sexy de l'histoire des Celtics. Mais bon sang quelle efficacité et quelle métier dans la raquette ! Souvent 6e homme lors de ses premières saisons, son impact dans la raquette a permis à Boston de se sortir de bien des difficultés. Lui aussi triple champion NBA, il manquait parfois de l'instinct du tueur, ce qui agaçait Bird, persuadé qu'avec un peu plus de mordant, McHale aurait pu sortir des matches à 70 points. Le drame ? Sur Google, son nom vient en deuxième position lorsque l'on tape "Kevin McHale", derrière l'acteur du même nom de la série "Glee"... Sinon, un bel exemple de reconversion réussi au poste de coach pour un Hall of Famer, ce qui n'est pas si fréquent. Stats : 17.9 points, 7.3 rebonds. https://www.youtube.com/watch?v=wdtgUOiWHJg

C- Bill Russell aka Bill

Bill Russell, c'est une époque révolue où l'hétérogénéité du niveau permettait à une équipe de remporter 11 bagues en 13 ans. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut minimiser l'exploit de cette génération dont Bill Russell était le joueur phare. Jamais avant lui, une telle force défensive n'avait pesé sur la NBA. Russell, c'est une palanquée de contres et de rebonds en plus de qualités balle en main loin d'être vilaines. En dehors du terrain, il a également toujours réussi à se faire respecter et Boston a même érigé une statue en son honneur l'année dernière. On ne reverra probablement plus de joueurs aussi au-dessus du lot par rapport à la concurrence. Stats : 15.1 points et 22.5 rebonds de moyenne https://www.youtube.com/watch?v=RfY6_wfqjxk Banc de touche Paul Pierce, aka "The Truth" Kevin Garnett, aka "The Big Ticket" Robert Parish, aka "The Chief" Dennis Johnson, aka "DJ" JoJo White, aka "JoJo" Dave Cowens, aka "Big Red" Sam Jones, aka "The Shooter" Le 5 des Lakers

PG- Earvin Johnson aka "Magic"

Pour la première fois, la NBA a découvert un joueur capable grâce à son invraisemblable panoplie d'évoluer à tous les postes sur le terrain. En plus d'avoir des fondamentaux très solides, "Magic" avait cette folie créatrice et cet enthousiasme contagieux qui faisaient de lui un joueur admiré et respecté de tous. Sa rivalité avec Larry Bird a marqué les années 80, au cours desquelles il est tout de même parvenu à décrocher 5 bagues avant d'être contraint de prendre du recul en raison de sa maladie. On retiendra quand même le bonheur qu'avait suscité chez le public sa sélection avec la Dream Team après un an de convalescence. Une légende à Los Angeles, un joueur culte de l'histoire du basket. Stats : 19.5 points, 11.2 passes et 7.2 rebonds de moyenne. https://www.youtube.com/watch?v=d3ThUlFiRF0

SG- Kobe Bryant aka "The Black Mamba"

Le plus difficile pour Kobe aura finalement été cette comparaison inévitable avec le meilleur joueur de tous les temps. Plutôt que de craquer face à cette pression, Bryant a embrassé ces similitudes et développé un caractère de compétiteur et de gagnant comme la NBA n'en avait plus connu depuis... Michael Jordan. Comme MJ, le "Black Mamba" a cette espèce de perfection dans ses gestes et ses mouvements, ce détachement qui lui donne un air supérieur et agaçant pour ses rivaux. On ne peut s'empêcher de penser qu'avec une meilleure entente entre Shaq et lui, son butin aurait pu dépasser celui de Jordan. On espère désormais qu'à défaut de décrocher une 6e bague comme son idole, il pourra au moins connaître une fin de carrière honorable sans que son caractère n'effraie tous ses jeunes partenaires. A cette heure, il est le 3e meilleur scoreur de l'histoire de la ligue devant... "His Airness". Stats : 25.4 points de moyenne. https://www.youtube.com/watch?v=v27Hk5OIe-k

SF- Elgin Baylor aka "EB"

C'est assez fou de se dire qu'Elgin Baylor n'a jamais gagné le moindre titre en NBA. Durant la période de domination des Celtics, Baylor a perdu... 8 finales, un bilan que n'aurait pas renié Raymond Poulidor. Pour autant, son talent était absolument indiscutable et son arsenal offensif assez terrifiant entre une capacité à shooter de loin et une force athlétique supérieure à la moyenne. "Il pouvait poster Bill Russell, passer aussi bien que Magic et dribbler les meilleurs arrières de la ligue", dit de lui Tommy Hawkins son ancien coéquipier. Ironie de l'histoire, c'est la saison où il a pris sa retraite après 9 matches pour cause de blessures récurrentes, que les Lakers ont enfin gagné un titre... Jerry Buss lui a quand même gracieusement offert une bague pour récompenser sa carrière à LA. Stats : 27.4 points et 13.5 rebonds de moyenne. https://www.youtube.com/watch?v=rjNS_oYE92E

PF- Wilt Chamberlain aka "The Stilt"

On va contrarier Shaquille O'Neal, qui s'était lui même nommé au poste 4 dans cette équipe de légende. Mais quitte à mettre deux pivots sur le terrain, on opte pour Wilt Chamberlain. Certes, l'homme aux 100 points en un match n'a joué que quatre saisons en Californie pour un seul titre. Mais l'ensemble de sa carrière et l'invraisemblable domination qu'il avait sur ce jeu méritaient d'être plébiscités. On parle d'un type de 2m16 qui est parvenu à finir une saison à 50 points de moyenne avec San Francisco... Le fait qu'il n'ait gagné que deux titres de champion est une hérésie mais il restera comme un véritable monstre dans l'histoire de ce jeu et une star en dehors des terrains, lui qui se vantait de compter plus de 20 000 conquêtes féminines à son tableau de chasse... Stats : 30.1 points et 22.9 rebonds https://www.youtube.com/watch?v=2rwn2UvPsTM

C- Kareem Abdul-Jabbar aka "Kareem"

D'abord incontournable dans les rues de New York, Lew Alcindor s'est transformé en véritable machine de guerre en NBA, entre Milwaukee, où il a remporté le titre dès sa deuxième saison dans la ligue, et Los Angeles, où il est parvenu à glaner 5 autres bagues grâce à des moves devenus cultes et une personnalité qui l'ont fait entrer dans la légende. Sa longévité (il a joué jusqu'à 42 ans et été champion à 41), son style et le niveau qu'il avait encore en fin de carrière sont exceptionnels. Il reste à ce jour le meilleur marqueur de l'histoire de la ligue avec 38 387 points en carrière et n'est pas près d'être rattrapé. Les imitateurs se sont succédés pour copier sont skyhook, mais aucun ne lui arrive à la cheville. Stats : 24.6 points, 11.2 rebonds et 2.6 contres de moyenne. https://www.youtube.com/watch?v=g0OKClJLUWo Le banc de touche James Worthy aka "Big Game James" Jerry West aka "The Logo" Shaquille O’Neal aka "Shaq" aka "The Big Cactus" George Mikan aka "Mister Basketball" Gail Goodrich aka "Stumpy" Michael Cooper aka "Coop" Harold Hairston aka "Happy"

Le match poste par poste

Meneurs : Bob Cousy vs Magic Johnson

Un pionnier surdoué contre un prototype inédit, omnipotent et touché par la grâce. Au pic de leur forme, on a quand même du mal à imaginer Cousy et son mètre 85 résister au gabarit (2m06) et aux armes multiples de Magic dans un duel. Le palmarès parle pour le meneur des Celtics, dont on ne peut sous-estimer l'impact sur son époque, mais la raison incite quand même à déclarer Magic vainqueur de ce match-up. Celtics 0-1 Lakers.

Arrières : John Havlicek vs Kobe Bryant

D'un gabarit similaire (1m96 pour le premier, 1m98 pour le second), les deux hommes partagent également de réelles qualités défensives qui ont valu 9 All-NBA First Teams à Kobe et 5 à Havlicek. Autre point commun, une intensité remarquable et un goût prononcé pour le shoot, même si "Hondo" n'a pas connu la ligne à 3 points, adoptée un an après sa retraite. All-around player de talent, Havlicek aurait donné beaucoup de fil à retordre à Bryant, mais aurait peut-être eu du mal à gérer la virtuosité offensive du Black Mamba au pic de sa forme et ses qualités athlétiques supérieures.  Là encore le palmarès plaide pour le Celtic, mais la raison nous impose de désigner Kobe vainqueur de ce duel. Celtics 0-2 Lakers.

Ailiers shooteurs : Larry Bird vs Elgin Baylor

Les qualités athlétiques de Baylor auraient posé des problèmes à Bird et on aurait eu un superbe match entre shooteurs d'élite, les deux hommes affectionnant particulièrement l'exercice. On imagine quand même que "Larry Legend" aurait pu rendre fou son adversaire en lui annonçant de quelle manière il allait scorer face à lui ou en lui rappelant constamment qu'il n'avait pas la moindre bague à son actif. Le flair et la qualité de passe du Celtic auraient également pu faire la différence malgré le statut de "joueur le plus sous-coté" de l'histoire du malchanceux Baylor. Avantage Bird. Celtics 1-2 Lakers.

Ailiers forts : Kevin McHale vs Wilt Chamberlain

Lorsqu'il le voulait vraiment et qu'il avait de l'estime pour un coach, Chamberlain était capable de défendre dur. Il aurait fallu qu'il se concentre sur ce domaine pour empêcher Kevin McHale de lui faire des misères malgré les 7 centimètres de différence entre eux, tant l'actuel coach des Rockets pouvait être un assassin silencieux mais efficace près du cercle, dans ce qu'il appelait "la chambre de torture" pour ses adversaires. Dans l'autre sens, en revanche, le Celtic aurait eu du mal à négocier la taille, la puissance et l'agressivité du phénomène Chamberlain, aussi bon défenseur qu'il ait pu être. "The Stilt" n'était pas un professionnel modèle, mais la perspective de prouver qu'il est le meilleur l'aurait sans doute incité à sortir une performance digne de ce nom dans ce "mismatch". Celtics 1-3 Lakers.

Pivots : Bill Russell vs Kareem Abdul-Jabbar

On parle de deux joueurs qui ont dominé leur sujet et durablement marqué l'histoire du basket. Difficile donc d'être formel quant à leur opposition dans ce match virtuel. Mais avec un peu de recul, le seul secteur où Jabbar semble nettement supérieur reste son efficacité offensive. S'il lui arrivait de faire quelques cartons en attaque, Russell était avant tout un monstre défensif en termes de rebonds, de contres et de dissuasion en général. L'un des aspects sous cotés du jeu de Russell était son jeu de passes, puisqu'il a parfois endossé le costume inédit de point forward avec des saisons à 5 passes de moyenne. Avec ses 11 bagues et son doctorat en protection du cercle, on donne ce point au pivot statufié des Celtics. Celtics 2-3 Lakers. Vainqueurs : LOS ANGELES LAKERS
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