Miami Heat : plus fort que jamais ?

Le Miami Heat caracole en tête de la Conférence Est. En route vers un second titre NBA, les coéquipiers de LeBron James sont-ils trop forts ?

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Miami Heat : plus fort que jamais ?
Les équipes combinant plusieurs superstars, du Big Three des Celtics à celui du Miami Heat en passant par l’armada des Lakers, ont le don d’énerver certains fans ou d’égayer les fantasmes d’un possible nouveau record de victoires sur une saison régulière (72 victoires – 10 défaites, toujours détenu par les Bulls de Michael Jordan depuis 1996). Il ne s’agit pas là de comparer l’actuelle équipe du Heat aux autres franchises victorieuses de l’Histoire de la NBA. Mais simplement Miami ne serait-il pas plus fort que la franchise floridienne ne l’a jamais été ? Les joueurs d’Erik Spoelstra restent sur douze victoires consécutives. Certes, nous sommes encore loin des 17 succès de rang des Clippers (quoique), voire même des 33 victoires des Lakers lors de la saison 71-72 pour les plus nostalgiques d’entre nous. Mais le Miami Heat a réalisé tout de même le meilleur mois de février de son histoire avec une seule défaite, concédée le premier février face à Indiana. Plus que le résultat en lui-même, c’est la manière de jouer des coéquipiers de LeBron James qui impressionne. Durant cette série, le Miami Heat a battu les Rockets, les Clippers, les Lakers, le Thunder, les Hawks ou encore les Bulls ! Pour Chris Bosh, cela ne fait aucun doute, l’équipe progresse :
« Je pense que nous sommes meilleurs. L’an passé, à cette période, nous luttions un peu plus. En ce moment, nous nous comprenons beaucoup plus. »
Les trois All-Stars, LeBron James, Dwyane Wade et donc Chris Bosh, disputent actuellement leur troisième saison ensemble. L’effectif à très peu bougé (du moins pas de perte significative, nous reviendrons plus tard sur l’arrivée de Ray Allen, quatrième All-Star du groupe) depuis l’été 2011. La cohésion globale est meilleure et les rôles sont plus précis.

Vers une révolution du style de jeu ?

Dwyane Wade a su s’effacer au profit de James, et occupe désormais pleinement son rôle de lieutenant de luxe. Et encore c’est un euphémisme : ce mois-ci, Wade a prouvé qu’il pouvait encore faire partie des meilleurs joueurs du monde : 23,9 pts, 6,2 rbds et 5,5 passes en février. Le Miami Heat propose un nombre de solutions offensives affolantes, contrairement à leur ancien jeu trop stéréotypé, et semble se diriger vers une sorte de basket total, comme nous l'annoncions dans le dernier numéro de REVERSE.
« Je pense que les gens se rendent compte de ce que l’on est en train de faire. Nous jouons vraiment bien au basket en ce moment », se félicite LeBron James.
Dans les faits, le Miami Heat ne pratique pas encore un jeu ultra léché et se repose toujours sur les qualités défensives et athlétiques de son effectif pour marquer une quantité de points effroyables en contre-attaque. En revanche, l’équipe tend réellement vers le développement d’un basket total, avec beaucoup de mouvement des joueurs sans le ballon, et une meilleure maîtrise du tempo de la part de LeBron James. Les variétés de jeu proposées par les Heat en février prouvent cette évolution, comme le fait remarquer Chris Bosh au Miami Herald.
« Nous sommes plus précis. Nous avons ajouté des éléments que nous n’avions pas auparavant. C’est vraiment quelque chose qui nous amène au sommet. Contre-attaques, jeu posé… nous pouvons alterner les types de jeu pour remporter des matches. »
Encore plus fort, le Miami Heat tend à gommer ses plus grosses lacunes. La défense n’a à priori jamais été un point faible pour l’équipe. L'an dernier, après une saison régulière juste "correcte" dans ce secteur, le Heat était devenu un monstre défensif en playoffs. Cette année, Miami s'est d'abord montré laxiste en défense avant de nettement progresser depuis quelques semaines. Lors des 20 premiers matches, les joueurs d’Erik Spoelstra ont encaissé 100 points à onze reprises. Lors des 34 suivants, il ne l’ont fait que douze fois. Les champions en titre concèdent plus de points à leur adversaire que l’an passé (96,1 cette saison contre 91,9). Mais sur 100 possessions, un indice nettement plus pertinent (en raison du rythme différent des matches), Miami encaisse 88,1 points, soit le troisième rang de la NBA dans ce domaine. Toujours sur 100 possessions, le Miami Heat inscrit 123,9 pts, référence de la ligue, soit une différence de + 35,8 !

Le Miami Heat inarrêtable ?

Difficile dans ces conditions de battre les Three Amigos et leurs coéquipiers. Donnie Walsh, GM des Pacers, ainsi que de nombreux observateurs estiment que la faiblesse du Miami Heat repose sur son jeu intérieur de petite taille, souvent dominé au rebond. Doug Collins, coach des Sixers, remet en cause cette vision des choses pour ESPN :
« Quand ils mettent LeBron James en 4, c’est impossible de défendre. Ils enfilent les trois-points, ils sont terriblement bons lorsqu’ils jouent avec un cinq de petite taille. C’est une super équipe. Je n’y vois aucune faiblesse. La seule chose que je pourrais voir les titiller à la limite, c’est si vous aviez deux grands dans la raquette. Mais je ne vois personne qui a ça. »
En postant Lebron James à l’intérieur, le Miami Heat prend une autre envergure. On le sait, LBJ a développé son jeu dos au panier et devient quasi-intraitable en un contre un. En jouant la prise à deux, il peut ressortir la balle sur la pléthore de shooteurs dont dispose Miami. Ray Allen, Mario Chalmers, Shane Battier et même Rashard Lewis s’en donnent à cœur joie. Pas étonnant alors que Miami soit l’équipe la plus adroite de toute la ligue (49,5% dans le champ et troisième meilleure équipe à trois-points.) Même dans les quatrième quart-temps, autre point faible désigné du Miami Heat, les coéquipiers de LeBron James deviennent de plus en plus imprenables. En tout, depuis le début de la saison, le Heat a disputé 125 minutes avec un score inférieur à 5 points d’écart et un temps de jeu restant inférieur à 5 minutes. Durant cette période, la franchise de Floride domine ses adversaires de 101 points (en cumulé). A titre de comparaison, Golden State est deuxième loin derrière avec un + 53 et San Antonio et Oklahoma City complète le podium (+34). Evidemment il est encore bien trop tôt pour décerner le titre au Miami Heat et le suspense reste entier. L’intensité des playoffs pourrait mettre à mal certaines de ces statistiques… Seulement là encore les Heat ont prouvé qu’il pouvait être les meilleurs dans le sillage d’un LeBron James libéré.
Afficher les commentaires (63)
Atlantic
Central
Southeast
Pacific
Southwest
Northwest