Milos Teodosic, de rookie que le nom

Milos Teodosic, de rookie que le nom

Milos Teodosic est encore un inconnu pour le public américain. La NBA va vite découvrir quelle merveille de basketteur est le Serbe.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié

Un rookie, c'est souvent imparfait, brut, brouillon. Rares sont ceux qui arrivent en NBA avec la capacité de rendre leur équipe vraiment meilleure ou d'être des contributeurs majeurs chez des contenders. Rien de plus normal, surtout après une seule année à la fac ou une expérience limitée à l'étranger. En ce sens, Milos Teodosic n'est pas un débutant traditionnel. Mais il sera peut-être celui avec l'impact le plus fort sur le jeu de sa nouvelle formation.

Le meilleur meneur d'Europe a mis du temps, mais il s'est finalement décidé à rejoindre l'élite mondiale. S'il a attendu d'avoir 30 ans pour sauter le pas, ce n'est pas pour laisser la moindre place à l'approximation et aux "rookie mistakes". Après quelques semaines dans le groupe des Los Angeles Clippers et deux petits matches de pré-saison, l'ancien du CSKA a déjà séduit son monde.

Milos Teodosic, Patrick Beverley
Patrick Beverley et Milos Teodosic sous le maillot de l'Olympiakos.

L'échantillon à juger est faible, certes, mais les qualités transpirent déjà. Personne ne demandera à Teodosic de tourner à 20 points et 8 passes de moyenne. Blake Griffin, Danilo Gallinari ou DeAndre Jordan sont là pour ça. En revanche, Doc Rivers sait que chaque minute passée par le Serbe sur le terrain sera l'occasion pour lui de prouver qu'il est l'un des plus formidables passeurs de tous les temps. Des angles impossibles, un timing et une variété incroyables, Milos Teodosic est de la race des très grands dans ce domaine. Le coach des Angelenos sait aussi que l'homme à la barbe de trois jours constante est du genre à porter ses attributs masculins lorsque le besoin s'en fait sentir. Un gros shoot, une passe importante, une interception salvatrice. Teodosic a ces armes en magasin pour que son expérience en NBA soit couronnée de succès.

Plus positif que Chris Paul ?

Les Clippers ne sont aujourd'hui plus sous le joug de Chris Paul. CP3 est peut-être le meilleur point guard de sa génération, mais son exigence maladive et ses bavardages incessants sur le terrain n'étaient pas toujours faciles à supporter pour ses camarades. Ils auraient pu mieux l'accepter si le nouveau joueur des Rockets leur avait permis de dépasser les demi-finales de Conférence au moins une fois.

Teodosic n'est pas le même joueur, défensivement notamment, et ne sera pas forcément utilisé de la même manière. Pour l'heure, le Serbe devrait sortir du banc, son ancien collègue de l'Olympiakos Patrick Beverley démarrant au poste 1 à côté d'Austin Rivers. Ce rôle de back up ne l'empêchera pas de servir de rampe de lancement et de définir le tempo. Les fans californiens qui craignaient que l'ère Lob City soit complètement révolue ont dû pousser un ouf de soulagement en voyant l'alchimie naissante entre Milos Teodosic et DeAndre Jordan sur les deux premières rencontres "amicales".

Jugez plutôt.

Sa faculté à accélérer le jeu et à trouver des partenaires démarqués a aussi fait décoller les fans venus se masser dans les tribunes d'Holulu de leur siège.

Les statistiques de Milos Teodosic ne lui permettront pas d'être rookie de l'année. Un titre qui reviendra à coup presque sûr à un débutant prolifique au scoring, mais qui portera le maillot d'un candidat au tanking. Grâce à son expérience et sa capacité à créer une dynamique de jeu positive, en revanche, il permettra peut-être aux Clippers de réussir une meilleure saison que prévu après la perte d'un joueur aussi dominant que Chris Paul.

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