Big Flops : Les plus mauvaises recrues de l’intersaison

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Une moitié de saison, c'est bien suffisant pour déceler les premières arnaques de l'été précédent. Voici nos pires recrues de l'été.

Donnez tout un tas de pognon à des dirigeants NBA et vous verrez qu’ils ne seront pas quoi en faire. C’est un peu ce que l’on retient de la dernière intersaison quand les GM se sont soudainement retrouvés avec des trentaines de millions de dollars à dépenser une fois le nouveau contrat TV entré en vigueur (le Salary Cap étant indexé sur les revenus de la ligue). Avec le recul, on peut désormais constater que les plus malins d’entre eux ont opté pour des deals très courts afin de profiter de la seconde hausse du Cap en juillet prochain.

Mais d’autres franchises, parfois par erreur, des fois sous la pression de leurs propriétaires, ont décidé de mettre le paquet dans l’espoir de jouer les contenders ou ne serait-ce que d’accrocher les playoffs. Et, le plus souvent, quand des êtres humains sont mis sous une forte pression, la majorité d’entre eux se plantent. D’où les flops de l’intersaison, beaucoup plus nombreux que les bonnes affaires pour l’instant.

D’abord une palme. Une récompense peu prestigieuse qui revient à deux équipes.

Orlando Magic et New Orleans Pelicans

Voilà deux franchises qui tenaient absolument à faire les playoffs et cesser le processus de reconstruction mis en place depuis quelques saisons. Et ça peut se comprendre. Stagner entre la douzième et la neuvième place est agaçant pour les fans et donc pour le propriétaire et donc pour le GM, par effet domino. La Free Agency d’Anthony Davis se rapproche (2020) et les dirigeants ont donc cherché à l’entourer le plus rapidement possible de jeunes joueurs susceptibles de l’épauler et de grandir à ses côtés afin de viser les sommets de la Conférence Ouest d’ici trois ans. Un échec total pour l’instant :

Solomon Hill : 5 points par match, 36% aux tirs, 48 millions sur quatre ans
E’Twaun Moore : 9 points par match, 44% aux tirs, 34 millions sur quatre ans
Langston Galloway : 9 points par match, 38% aux tirs, 10 millions sur deux ans

Solomon Hill
Solomon Hill est transparent mais il a touché le gros lot cet été.

Et c’est sans même compter les prolongations signées par Omer Asik (58 millions sur cinq ans) et Alexis Ajinça en 2015. Deux joueurs aujourd’hui bloqués au bout du banc parce que le staff a enfin compris que les Pelicans étaient nettement plus intéressants avec Anthony Davis en pièce maîtresse d’un cinq small ball.

Les sommes dépensées par New Orleans cet été ne sont pas astronomiques et ces joueurs pourront toujours être transférés à un moment donné. Mais c’est encore du temps perdu et le temps est précieux (encore une fois : Davis, Free Agency, etc.) Les Pellies sont dixièmes à l’Ouest et n’ont pas progressé outre-mesure. La franchise aurait très bien se permettre de signer des contrats plus courts et moins onéreux à d’autres joueurs dont le rendement aurait sensiblement été le même. La direction aurait alors eu plus d’argent à dépenser à l’été 2017, quand de meilleurs joueurs de devoir seront sur le marché. Bref, le mauvais casting.

Même constat à Orlando. Le Magic pouvait se permettre d’attendre encore un peu avant d’enclencher la vitesse supérieure. Mais c’est bien avec l’objectif d’accrocher les playoffs que les dirigeants ont fait tapis l’été dernier.

Bismack Biyombo : 6 points et 7 rebonds, 70 millions sur quatre ans
Jeff Green : 9 points, 38% aux tirs, 15 millions sur un an
D.J. Augustin : 8 points, 39% aux tirs, 29 millions sur quatre ans

[superquote pos="d"]L'effectif du Magic est complètement incohérent [/superquote]A ces signatures s’ajoute l’étrange arrivée de Serge Ibaka, pourtant en contrat expirant, que le Magic a récupéré en l’échange de Victor Oladipo (plus prometteur et sans doute plus précieux dans cette NBA axée sur le pick-and-roll) et un choix de draft (Domantas Sabonis). Le problème, ce n’est pas tant la qualité des joueurs recrutés. C’est plutôt l’incohérence complète de l’effectif construit.

Le Magic avait un jeune ailier-fort prometteur avec Aaron Gordon et la franchise l’a contraint à se décaler au poste trois en blindant sa raquette. Nikola Vucevic, autrefois le meilleur joueur de l’équipe, est désormais barré et il sort du banc. A ce rythme, il sera peut-être même transféré pour un prix inférieur à sa valeur sur le marché. Ibaka peut prolonger avec Orlando sur le long terme en juillet prochain mais ce move forcerait donc Gordon à jouer définitivement à l’aile alors qu’il est évident qu’il est plus à l’aise dans un rôle d’intérieur hybride. Là encore, du grand n’importe quoi justifié par l’envie de faire absolument les playoffs. Le Magic est pour l’instant onzième à l’Est.

Les Blazers pas si loin du Magic et des Pelicans

Evan Turner prend ses marques doucement...
Evan Turner prend ses marques doucement...

On a connu pire comme arnaque mais les 70 millions sur quatre ans offerts à Evan Turner ont piqué les yeux. Lui-même ne croyait pas à une telle offre. Portland a d’abord convoité Chandler Parsons, à qui la franchise a proposé 94 millions sur quatre ans. Il a choisi Memphis (nous y reviendrons juste un peu plus bas). Le staff s’est donc tourné vers Turner. Une décision qui pouvait ressembler à un flop retentissant mais l’ex-sixième homme des Boston Celtics a vraiment commencé à prendre ses marques dans l’Oregon.

Ses 9 points par match à 42% aux tirs ne sont pas flatteurs mais il progresse petit à petit. Il est de plus en plus efficace, il contribue aux rebonds, il crée du jeu et il donne un vrai booste en défense, ce dont les Trail Blazers ont bien besoin.

Il est clair que son contrat va poser problème d’une façon ou d’une autre – il plombe les finances – mais ses performances récentes laissent penser qu’il n’est pas non plus le plus gros bust de l’été. Félicitations à Festus Ezeli, signé pour 15 millions sur deux saisons (la deuxième n’est que partiellement garantie) et qui ne jouera sans doute jamais à Portland. A ce stade, difficile de savoir s’il s’agit d’une vraie personne ou d’un emploi fictif.

Chandler Parsons, 94 millions sur quatre ans et les genoux de Derrick Rose

Bon, OK, l’ex-meilleur ami de Mark Cuban n’a pas vraiment eu l’occasion de prouver sa valeur mais son contrat est certainement le plus pourri de l’intersaison. Les Grizzlies lui ont filé le pactole et il a joué 15 matches pour 6 points de moyenne. Les Blazers l’ont échappé belle.

Les Los Angeles Lakers auraient peut-être pu trouver mieux

[superquote pos="d"]Impossible de comprendre le contrat de Joakim Noah [/superquote]Luke Walton voulait entourer ses jeunes joueurs avec des vétérans sérieux et il a trouvé des modèles du genre avec Timofey Mozgov, un champion NBA, et Luol Deng, toujours considéré comme l’un des joueurs les plus professionnels de la ligue. Leur vraie valeur se limite au vestiaire et ça passe. Mais ils ont payé le prix fort.

Mozgov : 8 points, 5 rebonds et presque aucune protection du cercle malgré ses 2,48 m (à vérifier) pour 64 millions sur quatre ans
Deng : 72 millions sur quatre ans et, par respect pour le joueur que l’on apprécie, on préfère se souvenir de ses saisons à Chicago. Nous ne divulguerons donc pas ses stats aux Lakers.

Joakim Noah, 72 millions sur quatre ans à New York

On a déjà fait la blague mais comme elle nous fait marrer, on la répète : Phil Jackson a sans doute signé Jooks pour choper de la weed sans avoir besoin de rentrer à Los Angeles. On a du mal à trouver une explication à la signature de Noah, ou plutôt au montant de son contrat. Ou même encore à la durée de son deal alors qu’il a déjà passé la trentaine et qu’il est sujet aux blessures. Mais bon, c’est du Phil ça. Confiance. Zen. Méditation.

Mais aussi…

Bon c’est vache parce qu’il n’a pas joué mais les 64 millions sur quatre ans offerts à Ian Mahinmi sentent mauvais pour Washington pour l’instant.

30 millions sur deux ans pour Pau Gasol alors que le small ball envahit la ligue ? Les Spurs auraient presque dû garder Boris Diaw. D’ailleurs, qui gagne un cent mètre entre Babac et l’Espagnol ?

28 millions sur deux ans pour Rajon Rondo, Gar Forman et John Paxson ne pouvaient évidemment pas ne pas s’inviter dans un top des plus mauvaises affaires de l’intersaison ! Le meneur sortait d'une belle saison avec Sacramento. Mais, franchement, les taureaux avaient une occasion de se reconstruire autour de Jimmy Butler et des jeunes joueurs de l'effectif (Denzel Valentine, Jerian Grant) et ils sont venus coller à leur coach un vétéran certes talentueux mais dont le profil ne colle plus du tout avec les exigences de la ligue. Du beau boulot.