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Ces joueurs NBA à la jeunesse pourrie

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Kenneth Faried, Jimmy Butler ou encore Marcus Smart ont dû surmonter des difficultés que peu d'autres de leurs camarades en NBA ont connu dans leurs jeunes années. Voici leur histoire.

Ils sont nombreux en NBA à pas avoir connu une enfance dorée. Beaucoup ont dû composer avec l'abandon, le décès, la maladie, la pauvreté, la violence... Mais au final, tous s'en sont tous sortis à force d'abnégation et, parfois, de chance pour atteindre leur rêve. On a sélectionné 5 histoires assez touchantes de joueurs qui ont su faire face aux obstacles placés devant eux.

Jimmy Butler, le mal-aimé

Jimmy-Butler-1400x845"Je n’aime pas ta tête, il faut que tu partes". Voilà ce que Londa Butler a dit à son fils Jimmy alors que celui-ci n’avait que 13 ans… De foyer de fortune en foyer de fortune et parfois de trottoir en trottoir, celui qui est aujourd’hui un incontournable de la ligue a connu son lot de galères avant d’être drafté par les Bulls.

Butler aurait probablement fréquenté les mauvaises personnes et fini dans des endroits peu avouables si la famille de son coéquipier Jordan Leslie, qui élevait déjà 7 enfants, ne lui avait pas ouvert les portes de leur maison alors qu’il était au lycée. Les coaches de sa première fac, en division inférieure à Tyler JC, n'ont d'abord pas cru en lui et lui ont indiqué qu'il ne jouerait jamais au niveau supérieur. Tout le contraire de ceux de Marquette, où il a finalement prospéré avant de frapper à la grande porte.

« Tout ça m’a appris que tout est possible. Toute ma vie, les gens ont douté de moi. Ma mère a douté de moi. Les gens au lycée ont douté de moi parce que j’étais trop petit et trop lent pour jouer au basket. Ils ne me connaissaient pas, sinon ils auraient su que je surmonterais ça », a-t-il raconté sur CSN Chicago.

Il a effectivement surmonté tout ça et pas à moitié. Pour la deuxième année consécutive, Jimmy Butler sera ainsi remplaçant au All-Star Game dans quelques jours et personne ne peut plus lui réclamer le leadership des Bulls.

Marcus Smart, le « thug »

Marcus SmartLe meneur de Boston a constamment l’air possédé et prêt à en découdre. Il n’est pas compliqué de comprendre d’où tout ça lui vient. Son enfance dans un quartier chaud de Flower Mound, près de Dallas, a été particulièrement trash. Smart a vu son demi-frère aîné et mentor Todd mourir d’un cancer, puis son autre frère Michael rejoindre l’un des plus violents gangs de l’état. Lui-même reconnait aujourd’hui qu’entre 10 et 12 ans, il terrorisait tout le monde et faisait toutes les conneries possibles et imaginables.

Trois fois par semaine, Smart se battait contre des gens du quartier, au hasard, entre deux vols à l’étalage et des jets de pierre sur des passants. Après avoir atteint un type en pleine tête sur un nouveau lancer de caillou depuis une terrasse, Marcus Smart a failli y rester. Le gars en question était lui aussi membre d’un gang et prêt à régler son compte au gamin qui l’avait agressé.

Après avoir évité quelques balles tirées dans sa direction pendant la poursuite, Smart a eu la chance que son assaillant tombe KO après avoir heurté un obstacle et ne lui laisse suffisamment de temps pour s'enfuir. Un incident qui l'a incité à changer et à compenser les frustrations de son quotidien sur un terrain de basket, d'abord à la fac d'Oklahoma, puis chez les Celtics.

Evan Turner, « ET, go home »

Evan TurnerEvan Turner n’a pas vécu au milieu des balles ou dans un contexte violent. En revanche, ses premières années n’ont pas été de tout repos pour ses parents : pneumonie, asthme, rubéole, retrait des amygdales, dents et mâchoire surdimensionnées, etc…  Le gamin de Chicago a été suivi au quotidien par des médecins pendant deux ans et ne parvenait pas à s’exprimer correctement, pour ne pas dire tout court. Pour ne rien arranger, une voiture l'a percuté à l’âge de 3 ans devant chez lui et a considérablement retardé sa motricité...

Ses passages chez une orthophoniste ont progressivement payé mais, au lycée et à la fac, des supporters adverses ont scandaient fréquemment des « ET go home » à son encontre, pour évoquer sa façon de parler proche de celle de l’alien de Spielberg et ses initiales. S’il en a souffert un temps, ses performances avec Ohio State ont parlé pour lui et il est rapidement devenu l'un des prospects les plus convoités du pays. Aujourd’hui, Turner s’exprime correctement (on distingue de légères séquelles en termes de diction) et réalise une carrière honnête en NBA même si beaucoup attendaient plus de lui après sa Draft en 2e position en 2010.

Kenneth Faried, le fils à maman(s)

kenneth fariedLorsque Jason Collins a fait son coming-out en mai 2013, le premier joueur à avoir réagi sur son compte Twitter a été Kenneth Faried. "C'est incroyable, je suis si heureux que Jason Collins ait annoncé qu'il était gay. Je le soutiens à fond. Que les athlètes s'unissent !", avait commenté le joueur des Nuggets. Rapidement traité de "fag" (pédé en VF) sur les réseaux sociaux, Faried avait déjà vécu cette violence verbale durant son enfance. L'intérieur de Denver a en effet été élevé par deux femmes : sa mère Waudda, que tout le monde prenait pour un homme lorsqu'elle ridiculisait ses adversaires sur les playgrounds de Newark, et sa compagne Manasin, rencontrée après s'être séparé de Kenneth Senior.

"Quand ma mère m'a annoncé à 9 ans qu'elle préférait les femmes, je lui ai demandé : 'Est-ce que du coup je dois aimer les hommes ? Tu es mon modèle donc est-ce que je dois moi aussi aimer quelqu'un du même sexe que moi ?'. Elle a ri et m'a dit que je pouvais aimer qui je voulais tant que j'étais heureux'. Je lui ai dit : 'OK, et bien moi aussi j'aime les filles", a-t-il raconté sur ESPN.

A l'école, ses camarades appelaient sa mère "Monsieur Faried", où lui demandaient de ne pas le toucher pour "ne pas devenir homos eux aussi".  A chaque insulte ou remarque déplacée, Kenneth se battait pour prouver à tous ces gamins qu'on pouvait avoir grandi dans une famille homoparentale tout en ayant développé un joli crochet du droit. Durant son adolescence, sa mère a contracté un lupus, ce qui n'a pas aidé Faried à être plus diplomate lorsque l'on moquait les deux femmes les plus importantes de sa vie. Ses talents de basketteur ont toutefois rapidement incité les ignorants à se faire plus discrets et ses exploits à Morehead State ont convaincu les Nuggets de le drafter au 1er tour de la Draft en 2011. Il est aujourd'hui l'un des plus féroces rebondeurs de la ligue.

Thomas Robinson, le roc

09 Thomas-RobinsonA 18 ans, Thomas Robinson a dû grandir plus vite que n'importe quel jeune homme. A peine arrivée à la fac de Kansas, l'intérieur des Jayhawks a dû composer en un mois avec le décès des trois seules personnes qui se sont jamais occupées de lui : sa mère Lisa, victime d'une crise cardiaque, et ses deux grands-parents, Shirley et Will. Robinson, qui se bat aujourd'hui pour des minutes sur le banc des Brooklyn Nets, n'a pas eu le temps de s'apitoyer. Il était le seul à pouvoir s'occuper de sa petite soeur Jayla, 8 ans, provisoirement placée chez son père biologique après une brève bataille judiciaire.

Seule solution pour "T-Rob" pour récupérer Jayla, décrocher une place en NBA pour être en mesure de subvenir à ses besoins. Le numéro 5 de la Draft 2012 a évidemment songer à tout plaquer tant les coups ont été rudes et rapprochés. Mais si sa carrière n'est pas loin d'être au point mort, ses employeurs, à Brooklyn ou ailleurs, peuvent compter sur lui pour s'accrocher. Bill Self, le célèbre coach des Jayhawks, a expliqué n'avoir jamais rencontré un gamin autant touché par des drames réagir avec autant de dignité et d'abnégation. A 23 ans, Thomas Robinson a encore le temps de trouver une place de choix en NBA et c'est tout ce qu'on lui souhaite.