Avec Nerlens Noel, les Mavericks ont réussi le plus beau coup de la soirée

Analyse du steal de la deadline : Les Dallas Mavericks ont récupéré Nerlens Noel sans céder une contrepartie importante aux Sixers.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Avec Nerlens Noel, les Mavericks ont réussi le plus beau coup de la soirée
Le trade : Les Dallas Mavericks reçoivent Nerlens Noel ; les Philadelphie Sixers reçoivent Justin Anderson, Andrew Bogut et un premier tour de draft (2017, protégé top 18). Le premier transfert de la soirée, et aussi le plus surprenant. Un départ de Nerlens Noel a toujours plus ou moins été dans l’air depuis deux saisons. Mais les dernières indications laissaient penser qu’il sera conservé au dépend de Jahlil Okafor, autre pivot proposé à la moitié de la ligue pendant plusieurs mois. Les Philadelphie Sixers ont peut-être trop attendu. Il était acquis que l’un – ou deux – de leurs trois grand (Joel Embiid étant le troisième, intouchable) serait échangé. Ils ont été patients. Ils ont écouté les offres. Ils voulaient être sûrs de faire la bonne affaire. Au final, la valeur de leur joueur a chuté. Les autres franchises ne sont pas dupes. Elles ont bien senti que les intérieurs des Sixers étaient incompatibles. Ils ont compris le sentiment d’urgence du management de Philly à l’approche du gong. Ils ne se sont pas saignés. Au contraire.

Les Dallas Mavericks se sont renforcés et rajeunis avec Nerlens Noel

[superquote pos="d"]Le steal de la deadline pour Dallas[/superquote]Pour résumer en une ligne : les Texans ont mis la main sur un intérieur jeune, au potentiel intrigant et au profil parfaitement adapté au jeu NBA en cédant un vétéran devenu inutile et un jeune joueur écarté de la rotation. Le pick du premier tour ne sera sans doute pas abandonné et il devrait donc être converti en deux seconds rounds (2017 et 2018). En effet, le choix est protégé dans le top 18 et les Mavericks ont actuellement le septième plus mauvais bilan de la ligue. A moins de grimper subitement au classement et de prendre onze places – semble peu crédible même si Noel se révélait à Dallas – ils vont conserver leur pick au premier tour de la prochaine draft. Ils ont donc récupéré un intérieur susceptible de s’inscrire dans la durée. Une nouveauté pour les Mavericks. A l’exception des deux bons passages de Tyson Chandler, la franchise a toujours eu du mal à associer un pivot de qualité à Dirk Nowitzki. Noel est jeune, il est athlétique, il est mobile et c’est déjà un défenseur plus que solide en NBA. Ses 2,7 steals et 1,7 block sur 36 minutes (cette saison) témoignent de son impact de ce côté du parquet. Donnez-lui du temps de jeu au sein d’une équipe un tant soit peu ambitieuse et l’ancienne tige de Kentucky devient automatiquement un candidat crédible et durable au trophée de DPOY. [caption id="attachment_342065" align="alignleft" width="318"] Harrison Barnes peut former une belle doublette avec Nerlens Noel.[/caption] Sa présence renforce déjà la raquette des Mavs. Dallas est par exemple la plus mauvaise équipe de la ligue aux rebonds et aux blocks. De quoi éventuellement aider Dirk à disputer une nouvelle fois les playoffs – La formation de Rick Carlisle est à moins de trois victoires des Denver Nuggets, huitièmes. Mais c’est un objectif secondaire de ce trade. L’arrivée de Noel rajeunit l’effectif. Et pas seulement avec un jeune joueur… mais un jeune joueur prometteur ! Il va fêter ses 23 ans alors qu’Harrison Barnes va avoir 25. Ils peuvent former un tandem moderne avec Barnes dans le rôle de l’ailier-fort fuyant, un poste qui le met en valeur cette saison. Les Mavericks ont peut-être un peu moins de chance de chopper le gros lot à la draft mais ils devraient piocher assez haut pour récupérer un prospect intéressant, à défaut d’un éventuel franchise player. Mais il y a d’autres façons de se reconstruire et de rester compétitifs. Ce transfert en est la parfaite illustration.

Les Philadelphie Sixers ont trop attendu

[caption id="attachment_270579" align="alignleft" width="318"] Joel Embiid perd son meilleur ami à Philadelphie.[/caption] Le départ de Nerlens Noel laisse un sentiment d’amertume en Pennsylvanie. Le joueur, qui a traversé les quatre premières années du tanking de masse, était apprécié par les supporteurs. Il était aussi le meilleur ami de Joel Embiid au sein de l’effectif. D’ailleurs, les deux hommes n’ont finalement jamais vraiment eu la chance de jouer ensemble (8 minutes). S’il paraît évident que le Camerounais ne peut pas cohabiter avec Okafor, il aurait été intéressant de le voir évoluer avec un intérieur comme Noel, capable de courir après les ailiers, et de lui laisser du champ libre en attaque. La situation contractuelle du sixième choix de la draft 2013 a poussé Bryan Colangelo à (enfin) prendre une décision. Contrairement à Okafor, Nerlens Noel va tester le marché cet été. Il est free agent protégé et sa franchise peut donc matcher toutes les offres mais les Sixers craignaient peut-être que plusieurs équipes lui proposent un salaire proche du maximum. Les dirigeants n’étaient donc a priori pas enclins à le payer trop cher. [superquote pos="d"]La situation contractuelle de Noel a motivé les Sixers à enfin agir [/superquote]Le marché était sans doute difficile. Il y a six mois, les Sixers avaient sans doute des offres plus intéressantes pour leur pivot. Au moins un éventuel premier tour de draft. Là, Philly ne verra sans doute pas la couleur du pick des Mavericks. Les seconds tours peuvent parfois sembler anecdotiques mais il y a toujours la possibilité de trouver de bons joueurs, surtout en début de second tour. A Colangelo d’essayer de maximiser le peu d’asset qu’il a obtenu en l’échange de son pivot. Justin Anderson est donc la principale acquisition du transfert (Andrew Bogut va être coupé). Drafté au premier tour en 2015, à sa sortie de Virginia, il était présenté comme un potentiel « 3 and D ». Un profil séduisant sur le papier. Les ailiers capables de briller des deux côtés du terrain sont rares, et donc chers. Mais le jeune homme est loin d’avoir un tel rendement pour l’instant. Son tir l’a complètement déserté (40% aux tirs et 28% derrière l’arc en 106 matches NBA). Le joueur de 23 ans a peu à peu disparu de la rotation de Carlisle. Il a maintenant une occasion de se relancer à Philadelphie. S’il est performant dans les deux mois à venir, les fans oublieront peut-être un peu plus facilement cette soirée mouvementée de la deadline. Dans le cas contraire, Colangelo a tout intérêt à vite préparer un plan plus intéressant (plus clair ?) pour permettre aux Sixers de passer une nouvelle étape.
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