New York : Horizons ternes pour les Knicks ?

Éliminés sans gloire des playoffs 2013, les Knicks de Carmelo Anthony font désormais face à un avenir plutôt gris. Pour changer...

FX RougeotPar FX Rougeot | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
New York : Horizons ternes pour les Knicks ?

New York sera toujours New York...

Que restera-t-il de la saison des New York Knicks 2013, finalement aussi plate que la coiffure géniale d'Iman Shumpert ? L'image d'une équipe en pleine (r)évolution, portée en saison régulière par un franchise player enfin à son max, par un 6ème homme aussi imprévisible que spectaculaire, et par une puissance de feu à trois-points sans pareille dans la Ligue ? Ouais, enfin bon là, on parle de l'équipe qui a terminé à la 2ème place de la Conférence Est, pas de celle qui s'est vautrée dans les grandes largeurs en demi-finale de conf' face aux Pacers, renvoyant les fans de Big Apple à leurs bouquins d'histoire (le dernier titre remonte à 1973, année de naissance de... Jason Kidd). Et pourtant, c'était la même équipe. Côté ying, côté yang. Schizo. Aussi imprévisible qu'un JR Smith en mode arrosage automatique (26/80, soit 28,9% contre Indiana...).

Éternelle épée de Damoclès...

A l'heure de dresser un bilan et de regarder vers l'horizon (pas côté Brooklyn, hein, côté Manhattan), le meilleur 6ème homme 2013 n'est pas le seul à avoir la gueule de bois. A New York, c'est justement parce que les satisfactions ont été grandes en saison régulière que la déception est immense, après deux séries poussives contre Boston (4-2, et le 20-0 des C's sonne aujourd'hui comme un avertissement sans frais) et Indiana (2-4). Comprenez bien : les Knicks ont remporté un titre de division pour la première fois en 19 ans, le 54-28 de cette saison faisant écho au 57-25 de leurs glorieux aînés (Ewing, Starks, Mason, Oakley...), battus en Finale '94 par les Rockets d'Hakeem Olajuwon. Ils n'avaient plus atteint la barre des 50 victoires et franchi un tour de playoffs depuis 1999-2000, soit la dernière saison du grand Pat à Gotham. Depuis, c'est comme si une épée de Damoclès était accrochée tous les ans au plafond du Madison, comme dans ces redoutables jeux Game Boy des 90's où le héros, qu'il s'appelle Mario, Zelda, Mega Man, Prince of Persia ou Alladin, finit toujours par se faire buter par une plante tropicale, une herse ou un méchant déguisé en princesse ("Quoi, on peut pas sauvegarder ???").Dans le match 6 contre Indiana, comme si tout ça ne suffisait pas, c'est carrément un phénomène from Brooklyn, un gamin passé par la Lincoln High School (la même que Starbury et Telfair), qui a planté la dague dans le cœur de la franchise qui l'avait snobé lors de la draft 2010, lui préférant Landry Fields en 39ème choix.

Les 25 points de Lance Stephenson

[youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=orc1nY4z8_I[/youtube] La vie est injuste, putain. Plus encore pour les New York Knicks. Pendant que les détenteurs du League Pass se sont cognés en boucle le clip "Bernard King, BK from BK", l'équipe de Mike Woodson a mangé un mur, à l'image de Melo prenant la bâche de l'année par la patte gauche de Roy Hibbert dans le match 6 de la demi-finale.   [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=XIVyhx8e-Jw[/youtube]  

La seule vraie occasion de l'ère Melo ?

Prochaine étape ? Le flou. Pas celui qui entourait les équipes flippantes des années 2000, non, New York n'en est plus là (et puis les Knicks ont le détonnant Iman Shumpert !). Mais dans une ville où le mystique semble parfois envelopper le jersey orange et bleu de ses joueurs, les fantômes de Steve Francis, Starbury et Eddy Curry semblent toujours rôder, venant rappeler au GM Glen Grunwald que la suite s'annonce peu folichonne. La plus vieille équipe de l'histoire de la NBA (Shumpert est le seul joueur du roster à avoir moins de 27 ans !!!) n'a pas réussi à faire le coup du "revival" tant espéré, et nombre d'observateurs, à l'image de Jonathan Wagner, de Yahoo! Sports, estiment que ces Knicks 2013 ont laissé passé LE train de l'ère Melo, qu'ils ont shooté à blanc ce "one shot". Car New York s'est justement manqué au mauvais moment, cette saison, celle des blessures majeures chez la plupart de ses concurrents dans la course à la Finale de conférence (Granger à Indiana, D-Rose puis Deng à Chicago, Rondo à Boston). Et à moins d'un changement de décor radical, le dominant LeBron James devrait continuer à narguer Melo à moyen terme, c'est-à-dire à barrer la route à son équipe - que ce soit New York ou une autre, si d'aventure Melo tente une dernière aventure significative dans une autre franchise de la conférence.

Melo isolé (pour changer)

Tiens, évoquons le cas Melo, justement. Dans sa 10ème saison NBA, celui qui devait tirer la bourre à LBJ (et Dwyane Wade) dans la foulée de la somptueuse draft 2003 traînera donc son spleen une saison de plus (à jamais, disent déjà certains médisants). Pendant que les deux stars amies-à-Miami sont toujours en course pour décrocher respectivement leurs 2ème et 3ème bagues de champion, le kid de Baltimore vient une nouvelle fois d'échouer dans sa quête de trophée, dix ans après son titre de champion NCAA, avec Syracuse (2003). Et bien qu'il ait terminé meilleur marqueur de la saison régulière devant Kevin Durant, bien qu'il ait sorti de grosses performances durant ces playoffs, il n'a jamais semblé aussi loin de son objectif. A tel point qu'un sondage  (de Forbes) l'a récemment pointé du doigt comme étant le joueur le plus surpayé de la ligue. A cet instant, ça sonne plutôt juste. [caption id="attachment_115032" align="alignleft" width="400"] Avec Carmelo, on voit souvent mieux le ballon du banc que quand on est sur le parquet.[/caption] Cantonné dans un jeu en isolation stéréotypé, isolé dans une équipe sans véritable deuxième option offensive (l'instable JR Smith ne peut être cette deuxième option), Melo paie encore un jeu trop axé sur l'attaque, coûte que coûte. A l'image de ses équipes, Melo vit et meurt par le shoot. Peu porté sur la défense (cette saison, NY a encaissé moins de points sur 100 possessions quand il était sur le banc : 105,7, contre 108,3), peu porté sur la passe (19 assists en 12 matches de PO !), la star des Knicks a pour beaucoup déjà le profil de l'énième All-star pétri de talent appelé à rejoindre le clan des John Stockton, Charles Barkley, Reggie Miller, Patrick Ewing... Bref, le clan des "no ring" (no offense). Un "bonheur" n'arrivant jamais seul, les fans de Big Apple viennent d'apprendre que leur franchise player, celui qui n'a franchi que trois tours de playoffs en 10 saisons, pourrait voir son été perturbé par une blessure à l'épaule gauche. Ça en deviendrait presque comique, si ce n'était pas tragique.

Un trio peu rentable

De fait, cet énième "calage" ne serait pas si grave si les Knicks pouvaient renforcer significativement leur roster pour la saison prochaine, ou du moins, réaliser des ajustements de nature à gommer certaines carences (contre Indiana, les Knicks ont notamment souffert à l'intérieur). Le souci, c'est justement que le GM Glen Grunwald n'a aucune marge de manœuvre, au regard du salary cap de l'équipe (encore au-dessus de la limite réglementaire). D'ici à 2015, les Knicks devront peu ou prou repartir avec la même ossature. Comme le souligne Wagner, de Yahoo! Sports, le seul trio Melo-Stoud-Chandler coûtera l'an prochain 58,2M, puis 62,4M l'année suivante, ce qui constitue le front-court le plus cher de toute la ligue. On parle là d'un trio supposé être dominant, mais qui dans les faits, si l'on excepte le cas de Chandler, défenseur somme toute régulier (même si son impact a diminué en playoffs), est plombé par le manque de complémentarité entre Melo et Stoud. Le premier a besoin du ballon, le second a besoin de retrouver l'impact que des problèmes récurrents au genou ont amoindri. Bill Simmons, de Grantland, a récemment émis l'idée que son contrat était le 2ème "pire" de la ligue, après celui de Joe Johnson, évoquant aussi régulièrement l'hypothèse d'un trade avec les Nets concernant l'ex-Sun, avec Kris Humpries dans la balance. Reverra-t-on un jour l'Amar'e qui tournait à 25,3 points à son arrivée à Gotham, en 2010 ? Euh, comment dire, même Spike Lee n'en mettrait pas sa main à couper.

Les "surprises" du roster

Le "Melo-drame" new-yorkais ne s'arrête pas là. Car l'atypique roster des Knicks recèle d'autres "surprises". On n'ira pas aussi loin que Grantland sur le cas Jason Kidd (40 ans), "un cadavre livide encore sous contrat pour deux saisons" selon les dires acides d'un collaborateur du site, mais dans les faits, le 3e meilleur shooteur à-trois points de l'histoire, le même joueur qui a signé un transparent 0/8 dans la série contre Indiana et 10 matches de playoffs sans point marqué (série en cours...), est encore sous contrat jusqu'en 2015. Prendra-t-il sa retraite avant ? C'est une possibilité à prendre en compte. Le vénérable Marcus Camby, 39 ans, intérieur (d'expérience, certes) tournera lui à plus de 4M lors de deux prochaines saisons. Quant à Steve Novak, il a signé en début de saison un contrat de 15M sur 4 ans. Les dirigeants de Gotham devront évidemment gérer le cas de JR Smith (27 ans), qui a fait part de son souhait de "prendre sa retraite" chez les Knicks, mais que la franchise aura bien du mal à conserver si d'aventure un GM (maso, disons-le) décide de miser un bon petit pactole sur le meilleur ami de Rihanna. Payé une "misère" cette saison (2,8M), l'ancien Nugget dispose d'une "player option" pour la saison prochaine (2,9M).Tous les deux au minimum salarial en 2012-2013, la dernière année de leur contrat, les précieux role-players Pablo Prigioni et Chris Copeland seront aussi des joueurs intéressants à conserver, mais ils auront de toute évidence un prix. A moins d'un miracle (un énorme trade impliquant CP3 ?), New York repartira donc au combat avec un roster de niveau équivalent la saison prochaine. Suffisant pour dominer de la tête et des épaules dans une relativement faible conférence Est ? Probablement pas. La situation actuelle des Knicks n'incite donc guère à un optimisme débordant, et au regard des différentes problématiques qui semblent pouvoir les freiner (salary cap pesant, duo Melo-Stoud sur courant alternatif, pression médiatique, scoumoune "Portland-esque"...), on se demande si Big Apple n'est pas tout simplement parti pour retomber dans le milieu de tableau de la conférence. Le dernier titre remonte à 1973 ? Comme le chante Nas, figure charismatique du Queens, les fans de New York vont devoir encore et toujours faire preuve de "patience"... [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=c9VQye6P8k0[/youtube] New York sera toujours New York...
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