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NY State of Mind : Un siècle de rue à New York – Part 1

Julien DeschuyteneerPar Julien Deschuyteneer Publié

La rue new-yorkaise a toujours été précurseur en matière de basketball. Retour sur 100 ans d'histoire qui ont marqué à jamais la façon dont se joue notre sport.

Depuis un siècle, les playgrounds de New York City ont eu une influence considérable sur la manière dont le basket se joue. Tout au long de l'été, nous vous proposons de découvrir (ou de redécouvrir) les 100 ans d'histoire du streetball new-yorkais, dans un dossier que nous avions publié dans le premier numéro de REVERSE. Première partie : le début du 20ème siècle.

Les historiens nous enseignent que le basketball serait né en 1891 à Springfield, Massassuchets, que le Docteur Naismith a décidé un jour blablabla. Certes. Mais oublions trente secondes les fatigantes leçons d'histoire et attachons-nous à la réalité. La vérité, c'est que le basket moderne trouve son berceau à New York. Peu importe où ils sont nés, où ils ont grandi, Magic Johnson, Larry Bird, Michael Jordan, George Gervin, Dr J., Kareem, Oscar, etc., sont tous des enfants des playgrounds de Brooklyn, du Bronx, Harlem… La rue new-yorkaise a toujours été précurseur en matière de basketball. C'est elle qui a préfiguré et impulsé la majeure partie des grandes tendances observées dans notre sport. Que ce soit par le jeu joué à New York, l'environnement basket ou par les streetballers new-yorkais majeurs de chaque époque, les terrains de Big Apple anticipaient toujours les modes et ce que l'on allait voir dans le basket. Le basket moderne est, directement ou indirectement, l'héritage de toute une histoire qu'il a intégrée, consciemment ou inconsciemment. Et le basketteur moderne, rapide, puissant, athlétique, aérien, ballhandler, fort en gueule et sûr de lui n'est rien d'autre que le pur produit des quartiers new-yorkais.

Les débuts

Brownsville, Brooklyn. Violence, crime, chômage et drogues. Ghetto parfaitement décrit et popularisé par deux de ses produits, M.O.P., sur l'album Firing Squad. Plus de 80% d'afro-américains. Comme tant de quartiers défavorisés new-yorkais. Flashback, début du 20ème siècle. Brownsville est déjà un ghetto. Ce petit village s'est en effet développé au cours des années 1910s en un des ces endroits où les Juifs en provenance d'Europe de l'Est se retrouvent parqués. Comme tant de quartiers new-yorkais.

[superquote pos="d"]Le basket, c'est dès cette époque le chemin le plus facile pour se sentir plus américain, et oublier le poids quotidien de leur appartenance ethnique. [/superquote]Là-bas, pas de places pour des terrains de foot, baseball ou golf. Pas d'argent de toute façon pour assumer les équipements indispensables. Mais pour le basket, seuls du béton, un ballon et un panier sont nécessaires. Et encore... Une poubelle accrochée en hauteur et des chaussettes roulées en boule suffisent. Le basket devient donc le sport roi de la rue. Et c'est dès cette époque que le basket de rue commence peu à peu à se structurer puisqu'en 1911 est organisée la première League de streetball. Le tournoi oppose les meilleures équipes de chaque playground de NYC. Il attire un grand nombre de gens qui veulent soutenir leur quartier : le basket de rue devient un sport compétitif, où l'enjeu est grand, et par conséquent aussi un événement "à spectateurs".

Et parce que le Basket est un sport de la rue, d'abord vu comme un passe-temps, synonyme de liberté, puis souvent comme un vecteur d'intégration pour ceux qui n'ont rien, le schéma que l'on connaît aujourd'hui aux Etats-Unis s’impose déjà près d'un siècle plus tôt : les gens de la rue dominent ce sport. Ce sont donc les Juifs qui dominent la discipline de la première partie du début du 20ème siècle. Le basket est, dès cette époque, déjà considéré par les minorités comme un moyen d'échapper à des conditions de vie précaires et à la façon dont elles sont traitées. C'est le chemin le plus facile pour se sentir plus américain, et oublier le poids quotidien de leur appartenance ethnique dans un pays où on leur fait trop souvent comprendre qu'ils ne sont pas chez eux.

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