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Pascal Siakam, quelle progression !

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Encore une fois excellent dans un rôle de plus en plus important, le jeune Pascal Siakam a été le lieutenant de luxe de Kawhi Leonard lors du choc contre les Warriors cette nuit.

Kyle Lowry est la deuxième option offensive désignée des Toronto Raptors. Le jeu lui revient quand Kawhi Leonard est sur le banc ou quand il est marqué de près. Mais le meneur All-Star, qui a tout de même pris 8 rebonds et délivré 12 passes décisives, n’était pas en réussite cette nuit. Il a terminé avec 10 points à 4/14. Il a fallu qu’un autre joueur élève son niveau pour épauler Leonard et ainsi surmonter les 51 points de Kevin Durant. Cet homme, c’était Pascal Siakam. L’intérieur camerounais a marqué 26 points à 8/10 aux tirs (3/4 à trois-points) et les Canadiens ont battu les Golden State Warriors en prolongation (131-128).

Cela fait un petit moment que nous avions envie de parler du Camerounais. Il avait même déjà été évoqué, en même temps que Serge Ibaka, lorsque nous avions décrit la raquette des Raptors comme la plus efficace de la Conférence Est. Mais il est temps de se concentrer sur lui. Juste sur lui. Parce qu’il le mérite.

Inconnu ou presque – sauf des passionnés NCAA – à sa sortie de Mexico State en 2016, il a été pioché en fin de premier tour (27ème choix) par Toronto. Un vrai « steal » de la part des dirigeants vu son développement depuis. Sa saison rookie n’a pas fait sauter les foules mais c’était déjà fort de sa part de réussir à s’imposer dans la rotation d’une équipe candidate à la première place à l’Est. Il a fait son trou en jouant dur. Il a depuis ajouté des flèches à son arc, mois après mois. En s’affirmant de plus en plus comme un joueur très précieux pour les Canadiens.

Pascal Siakam était l’un des hommes clés du meilleur banc NBA l’an dernier. Il était alors passé de 4,2 à 7,3 points et de 15 à 20 minutes par rencontre. Il affichait même déjà des flashs de ses progrès à trois-points en se mettant justement à tenter sa chance de loin, sans vraiment trouver la cible (22%). Une évolution progressive qui tend à se confirmer cette saison. Il rentre désormais 36% de ses tirs derrière l’arc avec donc trois paniers primés contre Golden State cette nuit.

Il n’est pas juste un défenseur ou un joueur limité qui se donne à fond. Il y a un vrai talent et une vraie volonté d’enrichir son arsenal. Et ça se sent match après match. Il a déjà passé la barre des 20 points à sept reprises depuis le coup d’envoi du nouvel exercice. 26 étant sa marque référence en carrière. Siakam est agressif balle en main et c’est exactement ce dont Toronto a besoin. Il réceptionne et part en dribble. Des attaques franches. Des coupes bien senties. Des caractéristiques très importantes pour les joueurs de complément qui entourent les superstars.

Il devient petit à petit un basketteur complet et pointe désormais à 14,8 points, 63% aux tirs et 6,5 rebonds. Il est même maintenant un titulaire indiscutable à presque 30 minutes par rencontre. Parce que les Raptors ont besoin de lui. Ils terrorisent leurs adversaires quand il est sur le terrain : +15 de Net Rating (différence entre les points marqués et encaissés sur 100 possessions). En revanche, cette statistique descend à -2,5 quand il est sur le banc ! Personne n’a un tel impact chiffré à l’exception de Danny Green. Son profil, un intérieur mobile et fuyant capable de switcher en défense, colle parfaitement à la NBA moderne et le rend indispensable au succès de Toronto. Et rien que pour ça, il mériterait franchement d’être sérieusement considéré pour le trophée de MIP (Most Improved Player) s’il continue sur sa lancée jusqu’à la fin de la saison.