Penny Hardaway : Be kind, rewind

Jean-Sébastien BlondelPar Jean-Sébastien BlondelPublié

Oubliez l’ailier complet mais soft qu’il a été sur la fin, le « vrai » Penny était une version athlétique et adroite de Magic Johnson. Rien que ça…

Sur la route de Memphis

On peut dire que vu ce qu’il a traversé avant de signer son premier contrat pro, ce petit coup de pouce du destin, il le mérite amplement. Sa carrière aurait parfaitement pu ne jamais dépasser sa saison freshman. Une saison blanche à cause de la Proposition 48 (qui éloignait des terrains les joueurs aux notes insuffisantes), devenue noire quand un braqueur lui a mis une balle dans le pied et a bien failli lui en mettre une autre dans la tête.

Issu d’une famille décomposée, élevé par sa grand-mère à qui il doit son surnom et sa survie, Penny Hardaway est un pur produit des rues de Memphis. Peut-être même le gamin le plus doué que les playgrounds de la ville ont vu grandir. Le voir jouer au lycée, déjà, évoque immanquablement des souvenirs de Magic Johnson au même âge. Penny domine de la tête et des épaules – littéralement. On a le sentiment de voir un adulte perdu dans un pick-up game avec des mômes de 12 ans, tellement au-dessus du lot qu’il a du mal à savoir s’il doit tuer le match tout seul ou s’arranger pour impliquer les autres.

En NCAA, bien au chaud à la maison à l’Université de Memphis, il ne laisse pas la Prop 48 freiner sa progression. Il en profite au contraire pour reprendre le contrôle sur ses études. Sa saison sophomore est superbe et lui vaut une place dans l’équipe universitaire mise sur pieds pour servir de cobayes à la Dream Team de Magic. Avec lui, des futurs All-Stars comme Webber, Grant Hill, Allan Houston ou Jamal Mashburn. Contre lui, dix des 50 meilleurs joueurs de l’histoire, la plupart au sommet de leur art. Les petits jeunes ne se laissent pas faire et infligent aux pros vexés leur seule défaite de l’été. De quoi se rassurer encore un peu sur son niveau de jeu… et enchaîner sur une saison junior révélatrice de son immense polyvalence. Il n’y aura pas de saison senior. Penny Hardaway sait depuis ses premiers pas à la fac qu’il peut jouer n’importe qui les yeux dans les yeux. Il est temps de s’offrir ce petit plaisir.

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