PJ Tucker : Oublié par la NBA en 2007, il est devenu une légende en Israël

PJ Tucker : Oublié par la NBA en 2007, il est devenu une légende en Israël

Joueur crucial des Rockets, PJ Tucker a eu un parcours pas banal avant d'être reconnu. Son étape israélienne mérite d'être narrée.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article

Si les Houston Rockets peuvent se permettre de faire de l'ultra small ball en 2020 tout en restant l'une des meilleures équipes de la ligue, ce n'est pas uniquement parce qu'ils possèdent deux futurs membres du Hall of Fame avec James Harden et Russell Westbrook. Pour faire le boulot en défense et artiller dans le corner à 3 points, il y a PJ Tucker.

A 35 ans, l'intérieur undersized (1,96 m) des Rockets est un joyau pour la franchise texane et l'un des joueurs les plus précieux de toute la NBA. Capable de verrouiller à peu près n'importe quel adversaire s'il l'a décidé, Tucker n'a pourtant pas toujours été considéré comme capable de tenir sa place dans la meilleure ligue du monde. Après sa saison rookie avec les Raptors en 2007, il a ainsi entamé un périple à l'étranger qui semblait devoir l'éloigner du pays jusqu'à la fin de sa carrière. Une étape de son parcours, qui l'a mené en Ukraine, à Porto Rico, en Italie, en Grèce ou en Allemagne avant son retour en grâce, mérite un petit éclairage en particulier.

A l'été 2007, faute d'opportunités satisfaisantes en NBA, PJ Tucker opte pour le club israélien de l'Hapoel Holon dans le district de Tel Aviv. L'Hapoel a alors déjà vu passer quelques Américains talentueux comme Richard Dumas, éphémèe sensation des Phoenix Suns, dans les années 90, mais d'autres clubs plus populaires sont nettement plus prisés par les meilleurs étrangers en quête de rebond. Le Maccabi Tel Aviv, en particulier, est une armada sans équivalent au pays et dispose tous les ans d'un roster bien plus clinquant que tout le monde. Depuis 1970, le Maccabi n'a échoué qu'une seule fois dans la course au titre de champion d'Israël, en 1993. Tous les ans, les Tzehubim (les Jaunes en VF) exercent sinon une domination sans partage.

P.J. Tucker, le King dans le corner ?

Tucker n'a que 23 ans, mais sort d'une expérience frustrante en NBA, où Toronto ne lui a offert que 83 minutes de jeu en parallèle d'un rôle en D-League. Le natif de Raleigh en Caroline du Nord a faim et envie de prouver ce qu'il vaut.

"A l'époque, la NBA était différente. Être un tweener (un joueur coincé entre deux postes ou deux rôles) était une tare. Personne ne voulait de nous. Il fallait être un ailier capable de shooter à 3 points, ou un big man qui joue dos au panier. Si tu te trouvais entre ces deux choses-là, tu n'avais pas ta place. J'ai longtemps été perdu.

Partir en Israël m'a appris à être un joueur d'équipe. J'ai dû grandir. Par la suite, j'ai été l'option n°1 pendant 3 ou 4 ans et j'ai appris à être un leader. Quand je suis revenu en NBA, j'ai tout de suite su comment je devais faire mon boulot", raconte-t-il dans le New York Times.

A Holon, PJ Tucker fait mal. Très mal. Dans l'impact physique et l'intensité, personne ne rivalise avec lui en Ligat HaAl. Son énergie et son agressivité sont contagieuses et l'Hapoel surprend tout le monde en réussissant une saison régulière magnifique, avant d'aller rafler le titre au nez et à la barbe du Maccabi Tel Aviv en s'imposant d'un point en finale du Final Four (73-72). Le public local s'entiche de Tucker, qui garde un souvenir passionné de la chaleur des salles israéliennes.

"Le public était tellement bruyant et les fans tellement fous... Je n'ai jamais joué dans un autre endroit comme celui-là. C'est le top à ce niveau, de très loin. Ce titre, c'est le meilleur souvenir de ma carrière à ce jour".

Omri Casspi porte alors les couleurs du Maccabi, quelques mois avant d'être drafté en NBA par les Sacramento Kings. Lui-même né à Holon, Casspi se souvient de l'impression que lui avait laissée PJ Tucker lors de leurs affrontements.

"PJ Tucker brutalisait les gars au poste, tout simplement. Il n'y avait absolument personne de son niveau dans le championnat et personne capable de lui répondre physiquement".

Elu MVP de la ligue, adulé par les fans et craint par les adversaires, Tucker décide pourtant de quitter Israël pour Donetsk en Ukraine, étape elle aussi cruciale dans son parcours jusqu'au comeback que l'on connaît.

Douze ans après, Tucker est toujours ce cylindre inamovible capable de tenir en respect, autant que faire se peut, des monstres comme LeBron James ou Anthony Davis, tout en étant l'un des artilleurs les plus adroits de la meilleure ligue du monde lorsqu'il est servi dans l'un des corners. Houston est encore en lice en playoffs et va tenter de poser à nouveau des problèmes aux Lakers jeudi, dans le game 4. Un exploit ne sera pas possible sans que PJ Tucker, fort de ce parcours et de ce profil si singuliers, ne soit impliqué.

 

 

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