Portland, tu me régales !

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Il n’est pas toujours facile d’être un supporter des Portland Trail Blazers. Mais en ce moment, c’est que du plaisir.

En tant que supporter des Portland Trail Blazers, j’ai l’habitude que mon équipe favorite soit sous-estimée. J’en ai tellement l’habitude que moi-même j’en viens à parfois me méfier de la franchise de l’Oregon : pour preuve, j’ai misé sur une victoire du Oklahoma City en sept manches au premier tour des playoffs (l’affectif me disait de mettre Portland en sept mais j’ai pronostiqué en début de saison que le Thunder irait en finales de Conférence et j’ai bien l’intention de faire le malin sur Twitter si c’est le cas, vous comprenez). Malgré ça, j’ai quand même été un peu agacé en lisant partout que Russell Westbrook et sa bande allait tranquillement passer le premier tour.

Où est le respect ? Sans doute disparu depuis le sweep infligé par les New Orleans Pelicans l’an dernier. D’ailleurs, ceci étant dit, j’aimerai que l’on prenne une minute. Une minute pour réaliser tout ce que cette équipe de Portland est en train de réussir depuis cette défaite traumatisante. En fait, non. J’aimerai que l’on réalise tout ce qui a été entrepris depuis le départ de ce traître sans âme et sans c******* LaMarcus Aldridge en 2015. Quatre titulaires se sont barrés cette année-là. Il ne restait plus que Lillard. Tout le monde ou presque promettait aux Blazers une reconstruction et un choix dans le top trois à la prochaine draft.

Le résultat ? 44 victoires et un deuxième tour de playoffs. OUI, UN DEUXIÈME TOUR ! Il y a eu deux autres campagnes depuis, avec à chaque fois une sortie prématurée au premier round. Dont ce fameux sweep. Imaginez dans quel état s’est retrouvée l’organisation après le 0-4 contre les Pelicans. Neil Olshey a failli être viré. Terry Stotts encore plus. Mais le GM a défendu son coach, qui a aussi été soutenu becs et ongles par Lillard. Même groupe. Quasiment le même effectif, avec quelques changements sur le banc. Un seul All-Star. Des joueurs de devoir assez méconnus du grand public : Zach Collins (fantasque), Meyers Leonard (connu pour sa meuf), Seth Curry (connu pour son frère), Rodney Hood (oublié), Evan Turner (surpayé), Mo Harkless (c’est qui déjà le mec de Portland avec le bandeau ?), etc.

Ce groupe a gagné 53 matches et a pris la troisième place de la Conférence Ouest. Et ça, ça montre à quel point Damian Lillard est fort. Et donc à quel point il est sous-estimé. Hormis Stephen Curry, il n’y a pas un meneur plus fort que lui en NBA (non, James Harden n’est pas un meneur, merci et au-revoir).

Tout ceci étant dit, je vous invite vraiment à regarder les Blazers jouer. C’est du plaisir permanent ! Je sais que les matches de Portland sont compliqués à regarder (ma méthode : se lever tôt et capter la deuxième mi-temps) en Europe. Mais ça vaut le coup. Ça joue bien. Du beau basket par moment. Plus haché par d’autres mais avec un McCollum létal et un Lillard spectaculaire. Il n’y a de l’énergie dans la salle. Même quand ce n’est pas serré, c’est intense. Cette équipe est capable du meilleur comme du pire et ça la rend imprévisible. C’est ce qui rend les matches si intéressants. D’ailleurs, même à 2-0, je ne suis pas encore complètement serein. Putain, même moi je sous-estime cette équipe.