Pourquoi Michael Jordan déteste le « tanking » et le « load management »

Pourquoi Michael Jordan déteste le « tanking » et le « load management »

Cette anecdote de la saison 1985-1986, détaillée dans la série 'The Last Dance', fait clairement comprendre la haine de Michael Jordan envers le tanking et le load management.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

Michael Jordan est le G.O.A.T. Avec un tel statut, sa carrière prend parfois une dimension parfaite. L’homme qui n’a jamais perdu une finale NBA. Six bagues. Des moments de légende à la pelle. Des performances plus cultes les unes que les autres. Même les contretemps, comme son premier départ à la retraite par exemple, sont essentiellement vus au travers du prisme de ses glorieux succès – comme son retour victorieux à la compétition avec un deuxième ‘Three Peat’ en 96, 97 et 98. Les échecs, les doutes, les difficultés, restent moins mis en avant. Ils sont pourtant peut-être encore plus intéressants. Car ce sont eux qui définissent MJ et l’athlète incroyable qu’il est devenu.

Flashback en 1985. Jordan sort d’une première saison phénoménale en NBA. Troisième choix de la draft 1984 et déjà élu ROY un an après avec plus de 28 points, 6 rebonds et 6 passes par match. Une star est née. De quoi ramener les Chicago Bulls, rongés par la drogue comme le reste de la ligue et en perte de popularité pendant des années, sur le devant de la scène. Le coup d’arrêt fut brutal.

Le sophomore, brillant lors de ses deux premières sorties, se blesse sévèrement au pied en retombant après un dunk lors du troisième match de la saison. Les tests confirment les craintes du moment : une fracture. Le jeune homme se retrouve alors avec une attelle. Et il ne peut pas le supporter. Regarder les rencontres depuis le banc, rester inactif avec toutes les défaites qui s’enchaînent sous ses yeux… c’est trop pour lui. Il demande alors à ses dirigeants l’autorisation de retourner à la fac. Direction North Carolina. Là-bas, loin de la surveillance de sa franchise, Michael Jordan brave les interdictions des médecins. Il se remet à jouer. Progressivement.

Ce qui fait qu’à son retour aux Bulls, le voilà encore plus musclé de sa jambe blessée… le staff sent l’entourloupe. Il confesse alors avoir repris la compétition depuis un moment. Et il veut retrouver les parquets NBA après 64 matches manqués ! Les taureaux finissent par céder devant la ténacité du garnement. Il peut revenir, mais à une condition. Pas plus de sept minutes par mi-temps.

« C’était Stan Albeck le coach à l’époque », se remémore Jojo dans le documentaire ‘The Last Dance’. « J’ai dit à Stan, ‘qu’ils aillent se faire foutre, donne moi les sept minutes les plus importantes à chaque fois’. »

L’entraîneur s’exécute. Et voilà que Chicago, mal en point, se remet à rêver des playoffs sous l’impulsion de son arrière de 22 ans. Jusqu’à une rencontre cruciale. Un choc avec les Indiana Pacers. La défaite est interdite, sous peine de voir la qualification s’éloigner. Jordan claque 26 points. Mais les Bulls sont menés d’un point à 13 secondes de la fin du match et son temps de jeu est arrivé à expiration. Et Jerry Krause, le GM, avait prévenu Albeck : « Si Jordan joue une seconde de plus que prévue, je te vire. »

« J’ai supplié Stan de me faire entrer sur le terrain. Ce ne sont que 13 secondes. 13 putains de secondes. Il m’a dit qu’il ne pouvait pas parce que sinon il allait perdre son boulot. Et ça a renforcé ma théorie que les dirigeants ne voulaient pas faire les playoffs pour avoir un meilleur choix de draft », poursuit MJ.

Heureusement, John Paxson est venu à la rescousse. L’actuel Président des Bulls a inscrit le panier pour la gagne et Chicago s’est qualifié pour les playoffs avec… 30 victoires au compteur. Sauf que la relation entre Michael Jordan et ses dirigeants en prend un coup. Cette anecdote montre néanmoins le compétiteur féroce qu’il était dès ses débuts en NBA, ainsi que sa haine du « tanking » ou du « load management. »

Michael Jordan, The Last Dance : récap des deux premiers épisodes

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