Houston, un contender crédible ?

Avec Dwight Howard et James Harden au top de leur forme, Houston a le profil de l'outsider capable de rafler la mise à l'Ouest.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Houston, un contender crédible ?
Lorsque l'on demande à n'importe quel fan de basket ses favoris pour le titre NBA cette saison, les réponses divergent rarement. Quatre "contenders" reviennent en permanence pour des raisons diverses. Le Heat grâce à sa dynamique de victoires, les Pacers pour leur défense à toute épreuve, le Thunder parce qu'il possède Kevin Durant et les Spurs pour leur expérience sans égal dans la ligue. Mais si on jette un petit coup d'oeil au classement de la Conférence Ouest (zappons volontairement l'Est où le niveau est trop moyen derrière les deux cadors), on s'aperçoit que les Clippers et les Rockets sont dans la danse. Puisqu'on a déjà suffisamment parlé des Californiens et de l'association Paul-Griffin, autant s'attarder un peu sur les Texans. Houston est clairement l'une des équipes les plus en forme du moment dans la ligue. Avec 10 victoires sur leurs 12 derniers matches, les Rockets sont de plus en plus convaincants et n'ont chuté qu'à l'extérieur et de justesse face à Golden State et aux Clippers. Réduits aux exploits de James Harden et à la capacité de Dwight Howard à dominer en début de saison, les voilà devenus plus cohérents et disciplinés dans tous les aspects du jeu. Doit-on pour autant considérer que Kevin McHale et sa bande ont une chance d'inquiéter les poids lourds ? Sur les armes à leur disposition et leur progression constante, oui. Sur la chance qu'ils ont d'évoluer en dehors des radars ? Encore plus.
"Personne ne s’intéresse aux Rockets et personne ne parle de nous cette année. Ca nous va bien", explique Dwight Howard, qui jouit d'un peu plus de tranquillité après deux saisons pourries par l'attention médiatique autour de ses choix de carrière.
Pour commencer, les deux All-Stars de l'équipe affichent une forme assez exceptionnelle. En février, Harden tourne à 27.9 pts par match à 47.7% d'adresse, soit bien plus que ses standards cette saison et en carrière. En dehors du match face aux Clippers où il a péché en cherchant des shoots trop compliqués, "The Bearded One" a une approche nettement moins brouillonne depuis plusieurs semaines. L'ancien arrière d'OKC comprend petit à petit qu'il doit s'appuyer sur ses points forts, notamment sa capacité à scorer en pénétration et à obtenir plus de fautes que quiconque dans la ligue. Il profite également de plus en plus de l'attention qu'il suscite de la part des défenses adverses pour améliorer la circulation du ballon et trouver ses partenaires démarqués. En impliquant davantage des joueurs comme Chandler Parsons, Terrence Jones, dont la progression est impressionnante, Donatas Motiejunas ou le nouvel arrivant Jordan Hamilton (16 pts pour son 1er match), Harden commence à se comporter en vrai leader offensif.

D12, comme au bon vieux temps

Malgré des statistiques toujours au-dessus de la moyenne, Dwight Howard n'était que l'ombre de lui-même la saison passée. Tous ceux qui ont suivi la carrière de D12 ont bien remarqué que sa mobilité, sa puissance et sa confiance en lui n'ont plus été les mêmes lorsque la question de son avenir a commencé à peser sur ses épaules en 2012. Enfin rasséréné, celui qu'on n'osait plus appeler Superman a sorti sa cape du placard. Au-delà des chiffres, qui sont néanmoins excellents (18.9 pts et 12.5 rbds, plus une hausse de 5% de réussite sur la ligne), c'est la sensation d'avoir retrouvé un Howard sans complexe et archi-dominateur dans la peinture qui prédomine.[superquote pos="d"]D12 a compris qu'il n'était ni Shaq, ni Kareem, mais bien un joueur à part quand même capable de dominer.[/superquote] Les fans des Lakers avaient à juste titre pointé du doigt le très mauvais placement du All-Star en phase offensive et son peu d'entrain défensif en dehors des contres façon volley-ball. D12 fuyait presque la raquette, de peur de voir ses moves comparés à ceux de Shaq ou de Kareem. A Houston, il s'est souvenu qu'il n'était ni l'un ni l'autre, mais qu'il avait quand même un talent surnaturel pour inspirer la terreur aux intérieurs adverses. Au fur et à mesure, le voilà qui ressemble de plus en plus au joueur qui avait porté presque à lui seul une équipe moyenne jusqu'aux Finales NBA en 2009, se moquant pas mal de croiser un extraterrestre comme LeBron James sur son chemin. S'il continue de briller par ses gamineries sympathiques en dehors du terrain, Dwight Howard paraît aujourd'hui plus mûr et ambitieux que jamais.
"James Harden et moi avons déjà connu les Finales. Je suis dans cette ligue depuis 10 ans et je comprends l’importance de gagner. Surtout quand ça compte, c’est-à-dire en playoffs. J’ai une foi totale en cette équipe. Tout le monde sait que ce ne sera pas facile vu la qualité des adversaires, mais on a une chance. On ne veut pas attendre un an pour être prêts. On veut gagner immédiatement".

Beverley et Parsons, les joueurs-clé

En playoffs, ce n'est pas uniquement la présence d'une ou plusieurs stars qui permet d'avancer. Les besogneux et les role players sont au moins aussi importants. Si qualitativement les Rockets n'ont pas forcément le meilleur effectif à l'Ouest, les armes sont là. A la mène, Kevin McHale peut compter sur un meneur exclusivement défensif capable de rendre fou n'importe quel adversaire avec Patrick Beverley, mais aussi sur un remplaçant dont on connait la capacité à prendre feu offensivement, un certain Jeremy Lin. Lorsque Beverley est sur le parquet, le visage défensif des Texans est complètement différent. Fini les errements au niveau du replacement, de la pression sur le porteur ou des contestations de shoots. En bon général, l'ancien joueur de l'Olympiakos traque, hurle et entraîne tout le monde dans son sillage pour faire de Houston une équipe tout à fait compétente en la matière. Et lorsque l'on connait l'importance d'être crédible défensivement en post-saison... [superquote pos="g"]Peu d'équipes disposent d'une 3e option offensive aux qualités aussi variées que Chandler Parsons.[/superquote]Derrière Dwight Howard, Omer Asik s'est fait une raison et a accepté de jouer 15-20 minutes par match. Un apport inestimable quand on sait ce qu'a été capable de proposer le Turc à Chicago en back-up de Joakim Noah. Une fois la saison régulière bouclée, on devrait également voir réapparaître des éléments capables de faire face à des menaces spécifiques comme Omri Casspi ou Francisco Garcia. Dans le 5, on attend également de voir ce qu'est capable de faire Chandler Parsons dans des matches sous haute tension. L'éphémère joueur de Cholet pourrait bien être le facteur X qui fera passer les Rockets d'un premier tour de playoffs à une finale de Conférence. Sur ce qu'il a montré durant la saison régulière, là encore au-delà des simples statistiques, Parsons n'est plus très loin du niveau requis pour être All-Star. Peu d'équipes disposent d'une 3e option offensive aux qualités aussi variées. L'ailier de 25 ans peut aussi bien endosser le costume de knockdown shooter que celui d'attaquant agressif vers le cercle. En clair, aucune équipe à l'Ouest ne peut être certaine de se défaire sans mal des Rockets. OKC souffrirait à l'intérieur, Portland a moins d'expérience, San Antonio a moins de jus. Seuls les Clippers, qui ont battu Houston à 3 reprises cette saison, semble pouvoir faire figure de bête noire et contrer les atouts texans. Voilà qui ferait un 1er tour intéressant à suivre. Si le classement restait inchangé, on y aurait droit...
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