Le quintuple-double en NBA : mythe ou réalité ?

Le quintuple-double en NBA : mythe ou réalité ?

En 1968, Wilt Chamberlain aurait réussi un quintuple-double en NBA. Est-ce vraiment arrivé et quelqu'un d'autre s'en est-il approché depuis ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

Certains record ancestraux semblent impossibles à battre pour les joueurs NBA d'aujourd'hui. Remporter 11 bagues comme Bill Russell, inscrire 100 points dans un match ou boucler une saison avec 50 points de moyenne comme Wilt Chamberlain, paraît complètement irréalisable au vu de l'évolution du jeu. Mais imaginez un peu si les moyens mis à la disposition des statisticiens aujourd'hui étaient déjà là à l'époque. D'autres records dont on ignore l'existence et qui ont été mis aux oubliettes faute d'une technologie suffisante sont passés aux oubliettes.

Il se pourrait, par exemple, que Wilt Chamberlain ait réalisé un invraisemblable QUINTUPLE-DOUBLE ! C'est l'un des mystères les plus compliqués à élucider dans l'histoire de la NBA, mais le simple fait que l'on puisse imaginer cela possible montre bien la domination et le caractère exceptionnel de Chamberlain.

En mars 1968, Wilt Chamberlain porte le maillot des Philadelphie Sixers. La franchise de Pennsylvanie et son phénomène, titré pour la première fois de sa carrière la saison passée, affrontent les Los Angeles Lakers. Chamberlain rejoindra d'ailleurs les Purple and Gold la saison suivante... Dans le camp d'en face, se trouvent des monstres sacrés comme Jerry West et Elgin Baylor, mais aussi l'excellent meneur, futur membre du Hall of Fame, Gail Goodrich. Impuissants, les trois hommes et leurs camarades assistent à un récital, 6 ans après ses 100 points marqués avec San Francisco.

Sur la feuille de match officielle, on peut lire que Chamberlain a signé 53 points, 32 rebonds et 14 passes. Ça, c'est pour ce qui est sûr. A l'époque, la table de marque se focalisait sur ces trois aspects. Mais en vérité, de nombreuses personnes présentes ce jour-là ont fait l'estimation globale des autres catégories sur lesquelles Wilt Chamberlain a pesé ce jour-là.

En plus de son 53-32-14 déjà vertigineux, "The Stilt" aurait compilé 24 contres (!) et 11 interceptions. Une ligne de stats qui ferait de cette performance le premier et l'unique quintuple-double de l'histoire de la NBA.

Il n'a finalement manqué que trois années à Wilt Chamberlain pour que cette performance complètement folle soit prise en compte si elle a bien eu lieu. En 1971, le système a évolué pour permettre de mieux rendre compte des copies rendues par les joueurs.

Infaisable aujourd'hui ?

Il ne faut jamais dire jamais. Mais il semble complètement inimaginable aujourd'hui qu'un joueur, même une superstar avec la même aura que Chamberlain, puisse ne serait-ce que s'approcher de cette anomalie statistique. Aux Etats-Unis, cinq quintuple-doubles ont été enregistrés dans l'histoire, tous dans des matches de high school féminins, avec la légende Tamika Catchings comme pionnière.

Réaliser ne serait-ce qu'un quadruple-double est miraculeux. En NBA, le dernier remonte à février 1994 et il est l'oeuvre de David Robinson, l'Amiral des San Antonio Spurs, avec 34 points, 10 rebonds, 10 passes et 10 contres. Avant lui, Hakeem Olajuwon, en 1990, Alvin Robertson en 1986 et Nate Thurmond, en 1974, avaient réussi le même exploit. On notera que Robertson est le seul à ne pas avoir eu besoin des contres pour réussir son quadruple-double et qu'il l'a fait avec les interceptions.

Larry Bird est lui l'acteur principal d'un "presque quadruple-double" devenu culte. En 1985, lors d'un match entre les Boston Celtics et le Utah Jazz, "Larry Legend" avait déjà compilé 30 points, 12 rebonds, 10 passes et 9 interceptions. Lorsque KC Jones, son coach, a voulu le faire jouer dans le 4e quart-temps, Bird a refusé et lui a répondu :

"J'ai déjà fait suffisamment de dégâts".

Il arrive parfois que des joueurs réussissent des 'five by five' avec au moins 5 unités dans 5 catégories. On est encore assez loin du quintuple-double, mais c'est déjà un bon indicateur de polyvalence et ce qui se rapproche le plus de la ligne de l'accomplissement mythique de Wilt Chamberlain. Depuis le début des années 2010, quatre joueurs ont signé un five by five :

  • Nicolas Batum en 2013 avec Portland : 11 points, 5 rebonds, 10 passes, 5 contres et 5 interceptions
  • Draymond Green en 2017 avec Golden State : 24 points, 11 rebonds, 8 passes, 5 contres et 5 interceptions
  • Anthony Davis en 2018 avec New Orleans : 12 points, 16 rebonds, 6 passes, 5 contres et 5 interceptions
  • Jusuf Nurkic en 2019 avec Portland : 24 points, 23 rebonds, 7 passes, 5 contres et 5 interceptions

Bien malin qui pourra dire quand on reverra - ou même si on reverra tout court - ne serait-ce qu'un quadruple-double dans la ligue.

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