Les Sacramento Kings enfin sur la bonne voie ?

Mike Malone débarque à la tête des Kings avec des projets et objectifs bien précis. Parviendra-t-il à changer la culture de la lose made in Sacramento ?

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Les Sacramento Kings enfin sur la bonne voie ?
Il faut bien se rendre à l’évidence, même si les plus nostalgiques des amoureux de la NBA du début des années 2000 refusent de l’admettre, la période où les Sacramento Kings ont été autre chose qu’une punchline ambulante n’a été qu’un bref intermède dans une histoire marquée avant tout par la lose la plus indigne. Si l’on excepte donc la période C-Webb-Bibby-Peja-Divac-Christie, il fallait être franchement masochiste pour se dire supporteur de cette équipe. Pire même, après quelques années d’anonymat quasi complet, les Californiens sont revenus sur le devant de la scène, mais uniquement pour de mauvaises raisons : défense putride, jeunes talentueux mais à la tête vide, défaites embarrassantes et suspensions en pagaille. Pour paraphraser Akhenaton, ces Kings-là étaient devenus des « rois fous désuets, souverains d’un peuple de statues ». Oui, mais tout ça, c’était avant… du moins c’est ce qu’espère fortement le nouveau management de la franchise. [caption id="attachment_120608" align="alignright" width="300"] Mike Malone veut transformer la "culture" des Kings[/caption] Depuis que les frangins Maloof ont vendus leurs parts et que l’avenir du club semble assuré de se passer à Sacramento, un nouveau vent d’espoir souffle dans la capitale de Californie et un homme espère bien changer complètement l’atmosphère pesante de la région : Mike Malone. Le nouveau headcoach arrive avec des objectifs précis et, semble-t-il, une méthode bien définie pour aborder ce problème. Pour lui, il ne s’agit pas simplement d’un souci de personnel, mais de révolutionner les habitudes.
« Il faut qu’on change la culture du club, qu’on se créé une identité et, même si on va essayer de gagner chaque soir, nous ne voulons pas brûler les étapes », a-t-il expliqué récemment à Aliene Voisin, du Sacramento Bee.
L’idée n’est donc pas d’essayer de gagner quelques matches de plus en bricolant, mais de procéder à des changements de fond.
« Je ne sais pas précisément quand nous sommes censés déménager pour notre nouvelle salle mais, à ce moment-là, nous voulons être une équipe de playoffs et pas simplement une team qui se bat pour y participer. On a beaucoup parlé de tout ça et nous savons qu’il faut que nous soyons patients pour faire les choses comme il se doit. Est-ce que nos jeunes vont progresser ? Est-ce que nous allons défendre et aller au rebond en groupe ? Est-ce que nous allons jouer de façon disciplinée ? La seule chose que j’ai promise au propriétaire, c’est que nous ne serions plus la pire défense de la ligue. Si nous faisons ça et que nous changeons notre culture, ça se transformera en victoire et en un meilleur jeu. »
[superquote pos="d"]"Je veux que nos joueurs incarnent l’unité, la confiance en l’autre et la générosité." Malone[/superquote]Le truc, c’est que Mike Malone n’est pas le premier entraîneur à vouloir redresser l’équipe et essayer de faire entrer un peu de plomb dans la cervelle de DeMarcus Cousins autrement qu’en lui tirant dessus à bout portant. Paul Westphal et Keith Smart peuvent d’ailleurs en témoigner…
« Quand je dis ‘changer la culture’, ce que j’entends par là c’est que lorsque tu arrives à changer ça, tu changes les gens. Quand les joueurs vont revenir, ils se rendront compte au contact de notre staff que les choses ont changé. Ils verront à quel point nous travaillons dur et à quel point nous sommes déterminés. La semaine dernière, je suis allé faire des sprints avec DeMarcus Cousins et Travis Outlaw et ils m’ont dit ‘Coach, c’est la première fois qu’un mec du staff fait ça avec nous’.[…]   Le gros défi pour moi, c’est que je veux que nos joueurs incarnent l’unité, la confiance en l’autre et la générosité. »
Et là, bon courage, parce que ce n’est franchement pas gagné d’avance.
« L’an dernier, tout le monde parlait du manque de défense des Kings, mais une des choses les plus flagrantes pour moi, c’était à quel point c’était une équipe égoïste en attaque. La balle ne bougeait pas, tout le monde jouait pour sa tronche. Ce n’est pas comme ça qu’on gagne des matches et ça se répercutait sur la défense. On avait cinq joueurs qui jouaient individuellement et, dans les bonnes équipes avec lesquelles j’ai été, on avait cinq joueurs qui ne faisaient qu’un.   Le truc, c’est de changer les habitudes. Qui donne chaque jour de bonnes habitudes de travail ? Je parlais avec John Salmons l’autre jour et il me disait ‘Coach, on a eu beaucoup de matches très serrés. On a du talent’. Et je lui ai répondu ‘Tu sais ce que c’est le problème ? C’est qu’à la fin d’un match serré, qu’est-ce qui se passe ? Toutes les mauvaises habitudes ressortent si tu as une équipe faignante, si tu n’es pas discipliné et que tu ne joues pas collectif’. »
Mais là où tout cela risque d’être compliqué pour Mike Malone, c’est que même s’il parvient à faire évoluer la mentalité de ses joueurs, il faudra malgré tout qu’il s’assure qu’ils continuent de progresser suffisamment pour que tout ceci se concrétise par quelques victoires supplémentaires, ne serait-ce que pour les pousser à continuer dans cette voie. Et il y a du travail vu les déficiences de certains joueurs. Greivis Vaquez est un meneur altruiste, mais est-il capable de défendre ? Jimmer Fredette peut-il être autre chose qu’un spécialiste du catch-and-shoot ? Ben McLemore a du talent plein les mains, mais saura-t-il développer le mental de killer qui lui faisait défaut à la fac ? Et plus, important que tout, qu’en est-il de DeMarcus Cousins ? Le nouveau président de la franchise l’adore et Mike Malone a expliqué qu’il comptait sur lui et qu’il voulait le responsabiliser d’avantage.
« J’ai beaucoup parlé avec DeMarcus. Il a tellement de talent ! C’est un big man qui peut jouer en s’écartant, mais je vais lui demander de jouer beaucoup plus à l’intérieur cette année. Je voudrais qu’on puisse parfois faire passer le jeu par lui parce que c’est un excellent passeur. Le défi pour lui, c’est réduire ses balles perdues. »
[superquote pos="d"]"Est-ce que nous avons autant de talent que le Miami Heat ? Non, mais nous avons du talent."[/superquote]Encore une fois, le talent de DMC n’a jamais été remis en question, en revanche, c’est son étique de travail et sa volonté de se faire mal et de rendre les autres meilleurs qui pèche lamentablement depuis son arrivée dans la ligue. Si Mike Malone parvient à le faire murir suffisamment pour que le jeu puisse effectivement passer par lui, il pourrait figurer sur la liste des prétendants au titre de coach de l’année. En attendant, il reste surtout énormément de travail. Vu l’optimisme dont il fait preuve, il semble prêt à relever ce challenge.
« Est-ce que nous avons autant de talent que le Miami Heat ? Non, mais nous avons du talent. Les gars peuvent soit se donner à fond dans ce qu’on leur propose soit refuser totalement. Il n’y aura pas zone floue. Relancer une équipe nécessite énormément de boulot et les belles paroles ne servent à rien si elles ne sont pas suivies d’actes. »
Au travail, donc…
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