Rendons hommage aux San Antonio Spurs

Les San Antonio Spurs flirtent avec l'excellence depuis 15 saisons. Le jeu développé par Gregg Popovich et ses hommes est tout simplement un hommage au basket.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Lorsque Gregg Popovich et Tim Duncan auront pris leur retraite, on sera dans l’obligation de revenir sur le niveau d’excellence affiché par les Spurs depuis plus d’une décennie. Les cadres (Tony Parker, Manu Ginobili, « TD ») ont beau vieillir, le jeu des Texans est de plus en plus léché, le collectif de plus en plus huilé, les résultats de plus en plus impressionnants. Certes, la franchise court après un titre depuis 2007. Mais regarder les Spurs est un plaisir. C’est une leçon de basket. Le contraste avec les Cleveland Cavaliers était saisissant cette nuit. Et ce constat peut s’appliquer à bon nombre d’équipes. Alors que le jeu NBA repose souvent (de moins en moins quand même) sur l’isolation, les hommes de Gregg Popovich font tourner la gonfle, ils bougent, ils sont en symbiose… Peu importe qui prend le tir, les joueurs cherchent toujours la solution la plus efficace. [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=OVY15CHD6FQ[/youtube] Sur cette action, Tony Parker aurait pu marquer le layup égalisateur. Mais il a vu Kawhi Leonard seul dans le corner à trois-points, un shoot très efficace car plus près du cercle (par rapport aux autres spots derrière l’arc). Un shoot pour la gagne. Bingo. Revenons au match de cette nuit. Les San Antonio Spurs ont fait 39 passes décisives. 39. Et ils ont marqué 43 paniers. Un must.
« Ce n’est pas toujours comme ça. On joue comme ça toute l’année mais là c’est un ratio complètement absurde », s’étonnait Gregg Popovich.
Pas si absurde que ça. Complètement fou, certes, mais pas absurde. Les San Antonio Spurs font en moyenne 24,9 passes décisives par match (seul les… Atlanta Hawks dirigés par Mike Budenholzer, un ancien assistant de Pop, font mieux avec 25,2 passes). 61,9% des paniers marqués par les Texans sont le fruit d’un caviar d’un coéquipier.
« On essaye toujours de faire tourner le ballon. On pénètre la raquette pour trouver un coéquipier et pas nécessairement pour marquer soi-même (Cf. Vidéo ci-dessus). On a vraiment fait du bon boulot cette nuit », ajoute Gregg Popovich.
Sur le terrain, les joueurs se font confiance les uns les autres. Une star n’hésitera donc pas à passer la gonfle à un homme de l’ombre comme Danny Green ou Matt Bonner si ce dernier est démarqué à trois-points. Il y a toujours la recherche de cette « extra-pass » qui démarquera un coéquipier. Résultat, Boris Diaw claque des 7/7 aux tirs. What else ?
« C’est vraiment amusant car tout le monde est impliqué dans le match. Tout le monde prend du plaisir et c’est génial de prendre part à cette aventure », explique Manu Ginobili.
Avec 107,4 points marqués sur 100 possessions, les San Antonio Spurs ont l’une des meilleures attaques de la ligue. Et pourtant, aucun joueur de l’effectif ne tourne à plus de 18 points par match. En revanche, ils sont six au-dessus des 10 points (Parker, Duncan, Gino, Leonard, Belinelli, Mills et on peut ajouter Diaw à 9,8 points). Le beau jeu n’est pas une garantie de titre. Mais les San Antonio Spurs font honneur à leur sport. Ils définissent actuellement la notion de collectif. Et rien que pour ça, Duncan, Popovich et leurs ouailles méritent un nouveau titre. Ou alors un choix de draft dans les trois premières places, en récompense pour avoir rendu hommage au basketball total…
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