Serge Ibaka et Pascal Siakam, la puissance africaine

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Serge Ibaka et Pascal Siakam, un Congolais et un Camerounais, sont champions NBA après avoir fortement contribué pour les Toronto Raptors.

Serge Ibaka et Pascal Siakam. De Brazzaville et Douala à champions NBA. Une raquette 100% africaine exilée dans le grand froid canadien, aux Toronto Raptors. La connexion du Congo et du Cameroun la plus alléchante depuis le featuring attendu entre Fally Ipupa et le rappeur Stanley Enow. Deux joueurs fiers de leur culture et de leurs origines. Siakam portait d’ailleurs le drapeau camerounais autour du cou en montant sur le podium pour soulever le trophée. Interrogé par Doris Burke, il a eu une pensée pour l’Afrique. Oui, ils sont fiers de leurs pays. Et leurs pays peuvent être fiers d’eux. Parce qu’ils ont fortement contribué au premier sacre de leur franchise.

Serge Ibaka, diable en maillot rouge

Cela fait déjà trois matches que l’ancien joueur du Thunder et du Magic a un rôle prépondérant pour son équipe. Marc Gasol, son coéquipier en sélection… espagnole a montré quelques limites contre les Golden State Warriors, trop mobiles pour lui à ce stade de sa carrière. Alors Nick Nurse n’a pas hésité à lancer Ibaka sur des séquences un peu plus longues. Une confiance du coach récompensée par les efforts de l’intérieur hyperactif. Il avait déjà été l’un des facteurs X du Game 3 en claquant 6 blocks en sortie de banc. Il a fait encore mieux dans le Game 4 avec 20 points. Deux belles performances et deux victoires pour Toronto.

Les Raptors se sont inclinés sur le fil dans le Game 5 mais il avait fait sa part du boulot : 17 minutes, 15 points, 6 rebonds. Peut-être même qu’il aurait dû jouer plus longtemps pour permettre aux siens de l’emporter. Cette nuit, il a encore une fois été bon. Avec 15 points en sortie de banc, souvent marqués dans des moments clés. En première période quand Toronto peinait à scorer autrement qu’à trois-points. Puis dans le money time.

Serge Ibaka a retrouvé toutes les caractéristiques qui faisaient de lui un joueur quasiment All-Star par le passé. Il a du touché de près et à mi-distance. Il peut faire mouche à trois-points. Sa puissance et sa vivacité en font un défenseur de qualité, et aussi un expert du contre en deuxième rideau. Un atout très important pour la franchise de l’Ontario.

Pascal Siakam, lion indomptable

« Spicy P » évolue dans un autre registre. Il est capable de bien défendre mais plutôt en chassant des attaquants loin du cercle. Il a les cannes pour ça. C’était censé devenir son rôle en NBA. Mais il a largement dépassé les attentes. Il ne s’est pas contenté d’une case. Le jeune homme a connu une évolution fulgurante. Lui qui progressait saison après saison depuis son arrivée dans la ligue en 2016 a passé un sérieux cap. Il n’est pas officiellement un All-Star mais il en a le niveau. Il était même plus que ça sur ces finales.

Pascal Siakam a été le parfait lieutenant de Kawhi Leonard offensivement. 19 points et 7 rebonds de moyenne sur les playoffs, à 47% aux tirs. Même presque 20 points à 50% sur ces finales NBA 2019. 26 points et 10 rebonds sur ce Game 6 triomphal avec 3 paniers primés. C’est d’ailleurs lui qui a marqué le « game winner » en prenant le dessus sur Draymond Green en un-contre-un sur la dernière action.

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Le MIP de la saison est promis à un bel avenir. Il n’a pas encore l’étoffe d’une première option. Il profite beaucoup de la présence de Kawhi Leonard et de l’attention que la défense porte à la superstar des Raptors. C’est ainsi qu’il a pu faire son carton lors du premier match des finales (32 pts). Mais tant mieux. Il est justement la seconde lame et ça lui convient parfaitement à ce moment de sa carrière.

Masai Ujiri, l’œil du Super Eagle

Pascal Siakam et Serge Ibaka ont aussi le mérite de très bien combiner ensemble. Leur association dans la peinture a fait des dégâts tout au long de la saison – surtout avant l’arrivée de Gasol. Ça a aussi été le cas cette nuit. Le pivot All-Star n’était pas dedans alors Nurse a relancé Ibaka. Ils ont fait payer aux Warriors leur « small ball » en deuxième mi-temps. Avec plusieurs paniers du Congolais sous le cercle. Et de la défense.

Cette doublette, les Raptors la doivent à Masai Ujiri. Le Nigérian à la tête de l’organisation. Considéré comme l’un des meilleurs dirigeants NBA – à juste titre – il a fait venir Ibaka via un transfert l’an dernier. Et c’est aussi lui qui avait déniché Siakam. En plus du fameux transfert de Kawhi Leonard que l’on connait. Toronto est l’une des villes les plus cosmopolites du monde. Son équipe fait la part belle à l’international. Cette victoire, elle a donc aussi une saveur africaine.