Avec Serge Ibaka, Les Raptors veulent mettre la pression sur les Cavaliers

Les Toronto Raptors sont - sur le papier - les principaux rivaux des Cleveland Cavaliers après l'arrivée de Serge Ibaka dans l'Ontario.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Avec Serge Ibaka, Les Raptors veulent mettre la pression sur les Cavaliers
Les Denver Nuggets et les Portland Trail Blazers ont lancé les hostilités, le Orlando Magic et les Toronto Raptors ont balancé la première bombe. Serge Ibaka, un temps considéré comme un potentiel All-Star, a été envoyé dans l’Ontario en échange de Terrence Ross et d’un choix de Draft (2017). Un deal qui fait déjà beaucoup plus de bruit que l’échange de pivots entre Portland et Denver. Car avec Ibaka, Toronto a une opportunité de passer un nouveau cap. Les derniers finalistes de la Conférence Est récupèrent là un intérieur qui pèse près de 15 points et 7 rebonds de moyenne.
« Nous sommes heureux d’acquérir un joueur de ce calibre », se félicite le GM Masai Ujiri. « Cela faisait un moment que l’on cherchait un joueur comme ça. Il nous donne un nouvel élan. Je pense que notre équipe avait besoin d’un coup de boost. Tout le monde savait que nous avions besoin de nous renforcer sur le poste quatre. C’est l’un des meilleurs ailiers-forts de la ligue. »

Les Raptors mettent le paquet pour jouer les finales NBA

[superquote pos="d"]"Je pense que notre équipe avait besoin d’un coup de boost. Tout le monde savait que nous avions besoin de nous renforcer sur le poste quatre." Masai Ujiri[/superquote]Contrairement à beaucoup d’autres franchises, les Raptors ont eu le mérite de faire une analyse honnête de leur effectif et de ses capacités. L’équipe de Dwane Casey a beau avoir accroché deux matches aux Cleveland Cavaliers lors des derniers playoffs, elle semblait encore un ou deux crans en-dessous des champions en titre. Sauf blessure ou coup de chance, Toronto ne pouvait pas battre LeBron James (et donc les Cavs) en l’état. Le transfert d’hier change – légèrement – la donne. Les Dinos ont maintenant un cinq bien pimpant et complémentaire sur le papier avec les deux All-Stars Kyle Lowry et DeMar DeRozan, les joueurs de complément de qualité comme DeMarre Carroll et Jonas Valanciunas et donc Ibaka. Poste pour poste, Toronto n’a pas à baisser la tête en cas de nouveau duel avec Cleveland en playoffs. Lowry et Kyrie Irving sont deux des meilleurs meneurs à l’Est. DeRozan est un meilleur joueur que J.R. Smith (mais un moins bon shooteur). Carroll a l’habitude de se faire maltraiter par LeBron mais il a les atouts physiques pour au moins gêner le King (bon en fait, non...). Ibaka a une panoplie offensive moins développée que celle de Kevin Love, mais c’est un défenseur bien plus solide. Valanciunas et Tristan Thompson excellent tous les deux dans leur style caractéristique. Notons aussi que le banc des Raptors est l’un des plus efficaces de la NBA depuis deux ans. Les Washington Wizards et les Boston Celtics ont toujours leur mot à dire mais la franchise canadienne a pris le costume de l’outsider numéro un à l’Est depuis hier. Parce que Serge Ibaka est un joueur idéal à l’ère du space-and-pace. Il est long et protège le cercle. Il est l’un des joueurs – tous postes confondus – les plus adroits de la ligue à mi-distance. Il est suffisamment robuste pour contenir des intérieurs lourds et suffisamment mobile pour ne pas se laisser déborder par des « faux ailiers-forts » plus mobiles. Il tourne aussi à 38% de réussite derrière l’arc. [caption id="attachment_322378" align="alignleft" width="318"] Serge Ibaka a le profil pour compléter le jeu des deux stars de Toronto.[/caption] L’international espagnol a déjà joué avec deux superstars – Russell Westbrook et Kevin Durant au Oklahoma City Thunder – ce qui devrait faciliter son intégration à Toronto. Ici, ce sont Lowry et DeRozan qui monopolisent la balle et dirigent le jeu. Les autres s’adaptent. Une situation qu’il connait donc déjà. Avec sa capacité à créer des espaces et à évoluer sans la balle, le nouvel arrivant sembler avoir le profil type pour briller des deux arrières. Il lui faudra retrouver l’énergie qui était la sienne au Thunder, quand il a été nommé plusieurs fois dans l’un des meilleurs cinq défensifs de la saison. Mais les Raptors se sont sans doute renforcés des deux côtés du parquet avec Ibaka. L’équipe de Casey gagne en flexibilité. Le coach peut notamment aligner son nouveau joueur en pivot sur des séquences small ball. Notamment en fin de match. Notamment contre les Cavaliers… encore une fois. Cleveland a tendance à élargir le terrain au maximum en jouant avec Channing Frye dans les moments importants. De quoi terrasser Valanciunas. Pas Ibaka. Ce transfert a évidemment été mis en place dans l’optique de gagner maintenant. Quel qu’en soit le prix. Le natif de Brazzaville sera free agent en juillet prochain. Il est promis à une belle paie (déjà 12 millions cette saison, sans doute le double ou presque d’ici quelques mois). Et le propriétaire des Raptors peut déjà se préparer à faire un chèque d’un montant record. [superquote pos="d"]Toronto fait 'All In'[/superquote]Masai Ujiri convoitait Serge Ibaka depuis plusieurs années. Leur partenariat est voué à durer plus de six mois. Ce deal, c’est aussi sur du long terme. Ce qui signifie déjà que la franchise va devoir trouver un moyen de libérer suffisamment d’espace sous le Cap pour filer un gros contrat à leur recrue… et à Kyle Lowry. Toronto peut potentiellement se retrouver avec 130 millions de masse salariale (soit 30 millions au-dessus du Cap estimé). A moins que les Raptors se décident à transférer Valanciunas et/ou Carroll pendant l’été. La franchise était tout aussi performante en playoffs quand son Lituanien s’est blessé l’an dernier, remplacé par un Bismack Biyombo moins technique mais meilleur défenseur et plus efficace sur pick-and-roll. Les dirigeants peuvent sacrifier JV et miser sur un pivot au profil plus limité – Dewayne Dedmon par exemple – mais moins cher. Surtout si Ibaka reste pour donner des coups de main au poste cinq. Toronto a lâché un pick dans l’échange mais la franchise en conserve un (elle possède celui des Los Angeles Clippers) en 2017. Elle donnera d’ailleurs le moins bien placé des deux au Magic.

Le Orlando Magic répare plus ou moins une grosse erreur

[caption id="attachment_368529" align="alignleft" width="318"] Terrence Ross était convoité par Orlando depuis 2013.[/caption] La franchise floridienne a donc gagné un choix de plus dans une Draft chargée. Mais un pick attendu en fin de premier tour. Techniquement, les dirigeants ont donc lâché Victor Oladipo, Ersan Ilyasova et un onzième choix de draft (Domantas Sabonis) pour Terrence Ross et un pick autour du vingtième ou vingt-cinquième choix. C’est moche. C’est moche mais c’est mieux que rien. La vraie erreur, finalement, c’était de faire venir Ibaka à un an de l’expiration de son contrat alors que la franchise comptait déjà le prometteur Aaron Gordon au poste quatre. Les dirigeants ont voulu mettre en place une nouvelle expérience – une de plus – en faisant jouer l’un de leurs jeunes hors de position. Une mauvaise idée supplémentaire pour un management qui a enchaîné les gaffes depuis trois ans. [superquote pos="d"]Le Magic rééquilibre enfin son effectif[/superquote]Mais Orlando pouvait difficilement espérer mieux pour Serge Ibaka à ce stade de la saison. Les Boston Celtics n’ont même pas voulu céder Terry Rozier. Sa cote était basse, du fait de sa situation contractuelle. Avec Ross, un shooteur (37% derrière l’arc), le Magic récupère un joueur suivi par l’organisation depuis 2013. Les dirigeants ont rééquilibré l’effectif avec un vrai ailier de formation encore jeune – 26 ans – et déjà auteur d’un match à plus de 50 pions. S’il gagne en constance, le huitième choix de la draft 2012 a une belle opportunité pour s’imposer en Floride. Ses 10 millions annuels jusqu’en 2019 pourraient même être une belle affaire s’il flirte avec les 15 points par match. Surtout, son arrivée permet à Aaron Gordon de retrouver son poste de prédilection. Le cinq majeur gagne clairement en cohérence en attendant les autres moves effectués par la franchise. C’est un pas en arrière pour une franchise qui s’était elle-même tirée une balle dans le pied en ambitionnant de jouer les playoffs sans vraie garantie sur son effectif. Pour Toronto, c’est l’inverse. C’est une envie claire de franchir un cap pour de bon et de ne pas seulement jouer les figurants. Ils ont fait tapis en attendant les réactions des Wizards, Celtics et Cavaliers.
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