Steve Kerr, small ball mais big balls

Steve Kerr a tenté (et réussi) un sacré coup durant la prolongation du game 1 contre les Cavs. Avec son small ball impromptu, le coach des Warriors a vu juste.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Steve Kerr, small ball mais big balls
C'est un peu comme si Steve Kerr avait voulu rappeler à LeBron James quelques-uns de ses meilleurs moments à Miami. En optant pour un small ball à outrance lors de la prolongation du game 1 des Finales NBA, le coach des Warriors a fait preuve d'ingéniosité et, surtout, d'un goût du risque payant. A l'image de ce que pouvait faire Erik Spoelstra lorsqu'il avait le "Chosen One" sous ses ordres en Floride, Kerr a redistribué ses cartes sans véritable big man, pour changer la donne d'un match poussif de la part de ses joueurs. Voyant ses hommes en difficulté face au duo Timofey Mozgov-Tristan Thompson, dominateur dans la raquette, le coach rookie a sorti Andrew Bogut et lancé le 5 suivant en prolongation : Stephen Curry et Klay Thompson au sein du backcourt (jusque-là, rien d’anormal), Andre Iguodala et Harrison Barnes sur les ailes et Draymond Green au poste 5 (après un bref passage de Festus Ezeli). Cette option aurait pu tourner au fiasco si les Cavs avaient continué sur le même tempo et Kerr aurait probablement dû essuyer quelques critiques pour justifier ce choix surprenant. Au final, sans jouer parfaitement bien, Golden State était dans le coup avec son line-up de base et le match aurait peut-être penché en faveur des locaux quand même, que l’ancien joueur des Bulls et des Spurs ait campé sur ses positions ou non. [superquote pos="d"]Kerr a offert à Iguodala un match référence.[/superquote]Sauf que comme par magie, ce changement a complètement boosté les Warriors (qui sont allés 8 fois sur la ligne grâce à une agressivité décuplée et de positions plus avantageuses) sans pour autant les mettre en péril défensivement. Mieux, le cinq californien a dominé son sujet au rebond (7 prises consécutives) malgré le déficit de taille par rapport aux Cavs. Sur les ailes, Andre Iguodala et Harrison Barnes ont fait la différence. Le panier à 3 points du plus jeune des deux dans le corner a tué le match, et le premier a constamment mis LeBron sous pression et dans les pires conditions possibles pour armer. En laissant « Iggy » 21 minutes de suite entre le 3e quart-temps et la fin de la prolongation, Steve Kerr aurait pu cramer l’un de ses vétérans. Finalement, il lui a offert un match référence pour pouvoir faire partie du club très restreint des « LeBron stoppers », comme le prouve le graphique ci-dessous, qui montre tous les shoots pris par James lorsque "l'autre AI", comme il était surnommé à Philadelphie, était sur le terrain.   [superquote pos="g"]"Lorsque LeBron joue comme ça, il faut bien tenter des choses. Il est trop talentueux..."[/superquote]C’est justement parce que James était à 42 points à la fin du temps réglementaire que Steve Kerr s’est senti obligé de tenter un coup et de revoir sa copie.
"Lorsque LeBron James arrive à faire ce qu’il veut comme ça, il faut bien essayer des choses différentes, sinon on ne s’en sort pas. Je me suis dit qu’il fallait qu’on change un peu de visage. Ce type est trop talentueux...", a reconnu Kerr après la partie.
David Blatt est prévenu et ne pourra plus plaider la surprise si son homologue lui propose ce schéma dimanche soir, peut-être même plus tôt dans la rencontre. Un poil « outcoaché » dans cette dernière partie du match, l’ancien boss de la Russie et du Maccabi Tel Aviv est attendu au tournant et devra montrer qu’il est bien le tacticien hors-pair que l’Europe a appris à connaître. Le possible forfait de Kyrie Irving devrait lui offrir, à contre-cœur, ce loisir…
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