Klay Thompson, le « Midnight Shooter »

Klay Thompson met K.O. ses adversaires à coups de shoots aussi élégants que (up)percutants. Après Stephen Curry, il est le deuxième gant du "one-two punch" des Warriors. Un futur poids-lourds comme son acolyte ? Il a encore du chemin à parcourir.

FX RougeotPar FX Rougeot | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Klay Thompson, le « Midnight Shooter »
Il avait débuté sa saison par un récital face aux Lakers le 30 octobre (38 pts à 15/19), prouvant, après une année sophomore encourageante (211 3-pts marqués, notamment), qu'il avait la carrure pour s'installer dans le top 10 - voire top 5 - des "shooting guards" de la ligue (aux côtés des Wade, Bryant, Harden, Joe Johnson, DeRozan, Kevin MartinMonta Ellis, entre autres). Depuis, Klay Thompson (23 ans) a confirmé qu'il symbolisait bien la relève des trentenaires au poste 2, en alliant adresse, fluidité et élégance. Prototype de l'arrière-shooteur, le 11e pick 2011 (juste derrière… Jimmer Fredette) est aussi discret - de caractère - qu'il est efficace, et son ascension sereine constitue l'une des raisons majeures du parcours probant des Warriors (25-14, 5e à l'Ouest).

"Thom" & Curry, le chat et la souris

Ces derniers mois, le débat revient sur le tapis, inlassablement. La paire Curry - Thompson constitue-t-elle le meilleur duo de shooteurs de l'histoire ? Mark Jackson est formel, la réponse est oui. Même s'il apparaît compliqué de comparer les époques, au regard de l'évolution du jeu, nul doute que les "Splash Brothers" figurent tout en haut de la hiérarchie des artilleurs, en compagnie, notamment, des paires Stockton - Hornacek, Glen Rice - Dell CURRY (Charlotte), Nash - Nowitzki, Bird - Ainge, Pierce - Allen, Mark Price - Terrell Brandon (Cavs), Earl Monroe - Walt Frazier (Knicks) ou encore Billups - RIP Hamilton. Pendant qu'Iguodala se charge de les approvisionner en tickets shoots, "Thom" et Curry jouent au chat et à la souris avec leurs adversaires, et leurs 483 3-pts marqués de la saison dernière - donc mieux que le duo Dennis Scott - Nick Anderson - demeurera historique un bon moment (sauf… s'ils battent eux-mêmes ce record). A ce rythme-là, leur rendement s'apparentera vite à du jamais-vu, si ce n'est pas déjà le cas. S'ils semblent parfois abuser du shoot (cf. les 5/17 de Klay & 7/18 de Curry contre Boston avant-hier), leur mitraillage longue distance est l'essence du jeu des Warriors, qui restent sur 11 victoires en 12 matches. Un vrai casse-tête pour les défenses, puisque leur verve offensive rend les prises à deux très risquées (qui plus est avec les menaces Lee voire Iguodala, capables de scorer "fortement"). Leurs jeux sont complémentaires, mais actuellement, c'est Thompson (dont le shoot est moins "à risque") qui se distingue le plus derrière l'arc (118 marqués, 41,4%, contre 113 à 38,8% pour Curry). Dans la ligue, seul Damian Lillard (natif... d'Oakland) affole ainsi les compteurs. Quelles sont les limites de ce récital ? Si les chevilles de Curry tiennent le coup, les filets de l'Oracle Arena n'ont pas fini de chauffer (dire qu'ils n'ont que 23 et 25 ans…). Les deux shootent de façon spontanée, les deux ont des jeux élégants, les deux disposent d'un bon QI basket, les deux ont des têtes d'enfants (Klay a des airs de Jason Biggs, dans American Pie - pardon pour la référence !), les deux semblent d'un naturel humble, et les deux sont les fils de deux joueurs de renom. Même dans Matrix, l'oracle n'aurait pas pu le prédire. Parce que tout ça, ça ne s'invente pas.

Family affair

Alors que certains "fils de" dérapent, Curry et Thompson ont les pieds sur terre (à part quand ils shootent), et la tête sur les épaules. Le fruit d'une éducation sérieuse et équilibrée. On connaît l'histoire des Curry par coeur, mais celle des Thompson est moins médiatisée. Mychal Thompson a pourtant signé une belle carrière (13,7 pts &  7,4 rbds), remportant deux titres NBA avec les Lakers de Magic Johson, James Worthy, Byron Scott et Kareem Abdul-Jabbar, en 1987 et 1988 (aujourd'hui, c'est Klay qui vit son époque "showtime" à Oakland). Natif de Nassau, dans les Bahamas, le 1er pick de la draft 1978 (donc devant Michael Ray Richardson, n°4, et Larry Bird, n°6) évoluait au poste d'intérieur. Rien à voir, donc, avec Klay, l'un de ses trois rejetons (l'aîné Mychel a joué une saison à Cleveland en 2011-2012, avant d'être testé sans suite par les Knicks, tandis que Trayce, le petit dernier, joue dans ligues mineures de baseball après avoir été drafté par les Chicago White Sox en 2009). Notons, au passage, que "Thompson senior" est l'un des trois seuls joueurs NBA à avoir mis au monde plus d'un joueur NBA (ils seront quatre si Seth Curry joue), avec Rick Barry (père de Jon, Brent et Drew) et Jim Paxson Sr. (Jim Jr. et John). Comme le raconte Chris Ballard, de Sports Illustrated, Klay n'a jamais vu son père jouer, puisqu'il avait un an quand celui-ci a pris sa retraite. Pour l'anecdote, le père de Klay et Mychel (lui aussi adroit derrière l'arc) a planté… un 3-pts en 12 saisons dans la ligue, parce que l'horloge réclamait qu'il tire ! Aujourd'hui commentateur radio des matches des Lakers, Mychal Thompson n'a jamais coaché Klay, dont l'aptitude au shoot serait venue "naturellement" selon lui (le jeu de Klay se rapproche d'ailleurs aujourd'hui de celui de… papa Curry). Mais il a transmis à son fils son éthique de travail, et ce dernier, par ailleurs plutôt réservé face aux médias, applique ses conseils à la lettre. Si le père moquait parfois les lay-ups hasardeux de son fils (qu'il surnommait "Klayups"), il lui a aussi récemment demandé, selon l'article de Chris Ballard, de remplir un objectif 2-2-1 cette saison : deux LF marqués, deux rebonds et une faute ou moins par quart-temps, soit trois secteurs de jeu à améliorer pour Klay. Klay Thompson n'est pas le fils de l'actrice british Emma (Julie, sa maman à lui, était une puissante volleyeuse), mais alors que celle-ci apparaissait à l'affiche de l'excellent "Good Morning England" ("Pirate Radio" en VO), Klay est actuellement en lice pour le prix du meilleur second rôle dans "Good Morning Oakland !". Sa trajectoire annonce des matins qui chantent pour les fans de la Dubnation.

"Tommy Gun", the "catch-and-shoot" master

Thompson porte le nom d'un pistolet-mitrailleur bien connu (surnommé "Tommy Gun", "Chicago Typewriter", "Chicago Piano", "Chicago Style"…), cher à la mafia de Chitown et à Al Capone durant les années de la prohibition. En l'occurrence, Klay dégaine vite et il est capable lui aussi de faire feu à outrance, à l'instar de Curry. Surtout, il le fait avec une précision d'orfèvre : actuellement, seuls 11 joueurs prennent plus de 6 tirs à 3-pts par match, et Klay est l'un des quatre seuls à franchir la barre des 40% d'adresse, avec les snipers de Portland, Damian Lillard et Wesley Matthews, ainsi que Ryan Anderson (New Orleans). Ce n'est pas nouveau, puisque Thompson a achevé son cursus à Washington State (2008-2011) à 39% derrière l'arc.
"Je savais en venant ici que Steph pouvait shooter, tout le monde sait que Steph Curry est un très grand shooteur. L'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur au monde… et puis j'ai vu Klay", témoignait récemment Jermaine O'Neal dans SLAM.
La précision de Klay le "sharpshooter" (tireur d'élite en VF) favorise le "spacing" de son équipe, en plus d'offrir davantage d'opportunités de pénétrations à Curry. En ce sens, le départ de Monta Ellis, joueur ayant davantage besoin du ballon que Thompson, a aidé le franchise player de GS à progresser, lui aussi. A l'inverse de Curry, cependant, Thompson ne crée pas son shoot. Curry ou Iguodala le font pour lui (via le système d'attaque "horns", notamment). Car Thompson perpétue la tradition des experts du "catch-and-shoot", dans la lignée de ses aînés et/ou contemporains (pêle-mêle Reggie Miller, Ray Allen, Anthony Morrow, RIP Hamilton, JJ Redick, Kyle Korver, John Paxson, Robert Horry, Larry Bird, Glen Rice, Mark Price, Steve Kerr ou encore… Dell Curry). Thompson existe avant tout par sa capacité à sortir des écrans et à dégainer dans la foulée, droit comme un "i", et il est d'ailleurs jusque-là celui qui a marqué le plus de points sur "catch-and-shoot" cette saison (341 de ses 749 pts, à 45,3 % de réussite), devant Dirk Nowitzki et Kyle Korver. Comme Blake Griffin, Thompson est d'ailleurs l'un des scoreurs les plus "assistés" de la ligue (environ 70% de ses shoots le sont), et il a très peu le ballon dans les mains (1 minute par match en cumulé, l'avant-dernier total des joueurs disputant au moins 36 minutes), quand Curry, en toute logique, figure dans le top 5 des joueurs qui portent le plus le ballon. Dans une ligue où le 3-pts prend de plus en plus d'importance (cf. les rendements du Heat, des Spurs, de Portland, ou des Knicks l'an dernier), Thompson constitue une arme enviable et capable, par exemple, de planter 19 de ses 30 points dans le 4e QT contre Minnesota le 6 novembre, sur le parquet du bien nommé Target Center. Ajoutez-y une technique élégante, et vous obtenez un cocktail savoureux pour Mark Jackson et pour les fans. Appelez-le "The Midnight Shooter". (Ce spot publicitaire a d'ailleurs reçu un prix en 2013, récompensant la meilleure vidéo d'une franchise NBA.) [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=TyTmMPuZWm0[/youtube]

Dangereux partout

L'ancien leader des Cougars n'est pas qu'un shooteur à 3-pts, puisqu'il est capable de faire mouche de partout, et de driver avec de plus en plus de précision (sa shot chart montre qu'il est dans son jardin sur le flanc droit, et il tournait d'ailleurs à 46% longue distance à 45 degrés lors de sa saison rookie).
"Je veux être un meilleur joueur sur pick-and-roll, ainsi qu'à la finition près du cercle. Je veux être connu comme un bon défenseur, un bon passeur, et j'espère que je pourrai ajouter un nouvel élément à mon jeu chaque année. Cette saison, j'espère aussi devenir un meilleur "play-maker" que la saison passée", confiait-il en juin dernier à Karan Madhok, dans SLAM China.
[superquote pos="d"]"J'espère que je pourrai ajouter un nouvel élément à mon jeu chaque année."[/superquote]A l'aise dans un collectif stable, Thompson a étoffé son jeu depuis sa nomination dans la "All-rookie 1st team" à l'issue de la saison 2011-2012. Avant le début du présent exercice, mi-septembre, Sports Illustrated l'avait classé 89e de son top 100 de l'année 2014, entre Goran Dragic et Jimmy Butler. Ses stats reportées sur 36 minutes :
  • 2011-2012 : 18,5 pts à 44,3% (41,4% à 3-pts), 3,6 rbds, 3 assists, 1,1 steal et 2,3 TO.
  • 2012-2013 : 16,7 pts à 42,2% (40,1% à 3-pts), 3,8 rbds, 2,2 assists, 1,1 steal et 1,9 TO.
  • 2013-2014 : 18,3 pts à 44,8% (41,4% à 3-pts), 3,1 rbds, 2,4 assists, 1 steal et 2 TO.
Ces statistiques ne font pas étalage d'une progression sidérante (l'absence dans l'équipe d'un défenseur comme Bogut l'an passé se ressent aussi ici), mais elles disent la régularité globale de Thompson, par ailleurs de plus en plus responsabilisé par Mark Jackson depuis le départ de Monta Ellis en mars 2012. Et puis… son investissement personnel n'est pas qu'offensif, loin de là.

Solide en homme-à-homme

Joueur au gros volume, Thompson dispose d'un physique fiable (2m, 93 kg), qui témoigne aussi de son hygiène de vie (© Ray Allen). La saison passée, le n°11 des Warriors aura été le seul du roster à disputer (et débuter) les 94 matches de son équipe. Aussi l'un de deux seuls représentants de la draft 2011 à participer à tous les matches de saison régulière depuis ses débuts dans la ligue (148 au total, comme Kemba Walker). Ironie du sort, Thompson évolue aux côtés d'un joueur aussi génial que fragile (Curry), dont les chevilles en chamallow symbolisent l'épée de Damoclès qui pèse au-dessus de toute une franchise. [superquote pos="g"]"Iron-Klay" est le joueur qui a disputé le plus de minutes cette saison.[/superquote]Elément le plus utilisé au total de minutes cette saison (1473), devant Blake Griffin et Monta Ellis, l'arrière de GS est un "iron-man", à l'image de son nouveau coéquipier Andre Iguodala (récemment revenu de blessure, fait inédit). Déjà 9e au nombre de minutes l'an passé (2936), Thompson ne se contente pas d'être affûté : il se sert de ses prédispositions physiques pour défendre solidement en homme-à-homme (un autre point commun avec le "bodyguard" en chef, Iguodala), et il est suffisamment mobile pour pouvoir se rattraper après avoir été battu sur un dribble.
"Je dois continuer à travailler ma défense - les gens oublient que ça représente 50% de ce sport. Je pense pouvoir devenir un joueur All-Defensive. Ca me demandera beaucoup de travail, mais je pense que je peux y parvenir. J'ai beaucoup progressé dans ce domaine l'été dernier. Je ne veux pas être seulement connu pour mon shoot", expliquait-il dans SLAM China.
Agressif en périphérie, Thompson peut défendre sur les postes 1, 2 voire 3, ce qui permet à Curry de souffler (ou éviter les fautes) face à des meneurs d'impact, type Chris Paul. [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=5YxF6kNb5X0[/youtube]   Ce même Chris Paul a d'ailleurs vu sa tentative contrée (un block très contestable) par Thompson, dans les dernières secondes du Clippers@Warriors de Noël. [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=Ql6y4zlsg7s[/youtube]   Thompson, dont la défense loin du ballon est encore perfectible (tout comme sa défense "collective"), était même l'un des joueurs les plus sanctionnés l'an passé (120 fautes, 7e total), ce qui prouve aussi qu'il est grandement concerné par les tâches défensives. On en parle évidemment moins que son shoot, sa marque de fabrique, mais l'arrière-scoreur de GS se forge progressivement une réputation de défenseur solide, donc de "two-way player", selon l'expression US consacrée. Moralité : "Thompson toujours deux fois".

Bye-bye Barnes ?

Comme d'autres joueurs promis à un superbe avenir et encore sous contrat rookie (Kawhi Leonard, Damian Lillard, Anthony Davis…), Klay Thompson est un talent pur, devenu en seulement deux saisons et demi une pièce maîtresse de l'effectif de Mark Jackson. Son contrat s'achève en 2014-2015 (il sera restricted free agent), et nul doute que le front-office va rapidement lui proposer une extension (dès juillet 2014 ?). Selon Ken Berger, de CBS Sports, Thompson plaît énormément à Pete D'Alessandro, le GM des Kings, qui serait prêt à lui proposer un joli pactole. D'autres franchises, comme les Lakers (son père est commentateur radio pour la franchise, rappelons-le), qui devront bien un jour se résoudre à préparer l'après-Kobe Bryant, tenteront forcément de se positionner (si bien sûr Bob Myers, le GM des Warriors, ne dégaine pas avant). En ce qui concerne Los Angeles, sa ville natale, et les Lakers, son club de coeur étant petit, Thompson a déjà déclaré qu'il n'aurait aucun scrupule à repousser à un appel du pied de Kobe (nul n'est prophète en son pays, et remplacer l'icône Kobe aurait tout du cadeau empoisonné, ndlr…).
[superquote pos="g"]'Je lui dirais "Kobe, je suis désolé mec, mais on a les "Splash Brothers" ici dans la baie.""[/superquote]"J'essaye de ne pas trop regarder dans le futur. Je suis heureux où je suis, quelque chose de beau se mijote à Golden State. Jouer pour les Lakers serait super. (…) Je ne peux pas présager du futur, arrivera ce qui arrivera, mais je suis très heureux où je suis, parce qu'on a une très bonne équipe", confiait-il avec franchise à Lakersnation.com, en marge de la dernière Drew League, à LA. "(Dire non à Kobe?) Oui, je pourrais… Je lui dirais "Kobe, je suis désolé mec, mais on a les "Splash Brothers" ici dans la baie." Les Lakers sont une des meilleures organisations tous sports confondus, mais je suis heureux où je suis, de belles choses s'annoncent durant la prochaine décennie."
Evidemment, ce discours peut évoluer avec le temps (notamment si les chevilles de Curry s'en mêlent…) sans que la loyauté de Thompson envers la Dubnation soit remise en question. Mais le contexte laisse à penser que Klay serait avisé de rester un Warrior. D'abord, parce que Thompson dispose avec Curry d'un meneur de gros calibre, capable de le servir dans le bon tempo. Les deux se trouvent les yeux fermés, et les récents mouvements réalisés par le front-office de la franchise (départ judicieux de Monta Ellis, qui a libéré… Thompson, arrivée d'Iggy) tendent à prouver que Golden State, marché attirant pour les joueurs (San Francisco), pourra s'installer dans les prochaines années avec brio sur l'échiquier de la conférence Ouest. Les "Splash Brothers" constituent l'identité (re)naissante de la franchise, et ce spectaculaire duo colle parfaitement avec l'image dynamique du club, y compris en vue du projet de changement de salle (il faudra remplir celle du Pier 30-32 de San Francisco en 2017, si le projet aboutit bien sûr). [superquote pos="d"]Thompson a le profil "machine" d'un Ray Allen, capable de scorer 20 points saison après saison.[/superquote]Comme l'explique Tom Ziller, de SB Nation, signer une extension à Thompson (23 ans, joueur sérieux, scoreur, bon défenseur, physique solide) relève du bon sens. Soucieux de s'améliorer constamment, il a le profil "machine" d'un Ray Allen, capable de scorer 20 points, saison après saison. Le casse-tête s'annonce rude pour les dirigeants des Warriors : offrir un contrat de l'ordre de 12M par saison à Thompson signifierait quasiment faire une croix sur le travailleur Harrison Barnes (qui peut signer une extension dès juillet 2015),  jeu des vases communicants oblige. A moins de miser aussi sur ce dernier, auquel cas Mark Jackson devra sans doute se séparer de David Lee (son contrat expire en 2016, il aura 32 ans). Mais pas sûr que l'idée séduise le coach de GS, qui connaît l'importance d'un pivot offensif comme Lee, lui qui servait les caviars à la louche à Pat Ewing. Sans compter que les dirigeants de GS devront probablement (les chevilles, on y revient toujours...) bientôt se pencher sur le contrat "bon marché" de Stephen Curry, "anti-Joe Johnson" qui représente le meilleur rapport qualité-prix de la ligue (9,8M cette saison, 10,6M l'an prochain). Affaire(s) à suivre, donc.

Attendu en playoffs

On juge souvent le talent d'un shooteur à sa capacité à briller en playoffs, à l'image de Ray Allen (pour son shoot dans le match 6 mais surtout pour l'ensemble de son oeuvre) ou de Danny Green (55/114 à 3-pts lors des derniers playoffs, soit 48,2% de réussite, même si ce dernier a fini par plonger lors des Finales 2013). Voilà la prochaine marche à gravir de Klay Thompson : réaliser des playoffs convaincants. Pour sa première participation en postseason au printemps dernier, l'arrière des Warriors a d'abord rempli son rôle au premier tour face aux Nuggets (22 puis 21 pts pour débuter la série), avant de signer une performance mitigée contre San Antonio. Evidemment, son carton à l'AT&T Center lors du match 2 (34 pts, 14 rbds), record de la franchise en playoffs à la clef (8/9 à 3-pts), a marqué les esprits, d'autant que parmi les arrières, seuls Michael Jordan, Kobe Bryant et Vince Carter avaient signé avant lui un double-double de cet accabit ces 25 dernières années. Mais le Californien s'est ensuite éteint (8 pts de moyenne à 11/33 sur les trois derniers matches), sans doute aussi parce que Curry était parallèlement contenu par la défense des Spurs (mais justement, on attend de Klay qu'il prenne si besoin le relais du boss). Peut-on vraiment reprocher à un sophomore une baisse de régime pour ses premiers playoffs, qui plus est face à une équipe du calibre des Spurs ? Pas sûr. Sur ses 12 matches, Klay aura tourné à 15,2 pts, 4,6 rbds, 1,8 assists, 1 steal et 2 TO en 41,3 minutes, affichant le meilleur pourcentage longue distance de son équipe (25/59, 42,4%). Après l'épopée 2013 des Warriors, l'explosion de Curry (ciblé comme jamais) et le renfort d'un "couteau suisse" redouté comme Iguodala, il y a fort à parier que Thompson aura une carte à jouer lors des prochains playoffs, s'il continue à tirer profit de son jeu sans ballon et des écrans de Bogut and co. Non pas que le salut de Golden State dépende de lui, mais il sera assurément l'un des atouts déterminants de la Dubnation.
"Je vivrai ça comme une déception si l'on ne va pas au-delà du deuxième tour la saison prochaine", disait-il dans SLAM China avant d'attaquer la présente saison. "Nous sommes promis à un brillant avenir. Tant que nous conserverons notre noyau dur et que nous continuerons à travailler sérieusement, je pense que nous pouvons gagner des championnats dans un avenir proche."
Les duels qui s'annoncent, contre Denver (mercredi), OKC (le 17), Indiana (le 20) et Portland (le 26), en diront plus sur la capacité des Warriors a franchir un palier supplémentaire. Attention, Klay le " Midnight Shooter" rôde... Son récital face aux Spurs. [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=WLZmxOujh7g[/youtube]  
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