Quand LeBron, KD et Kobe ont marché sur les Bleus

Quand LeBron, KD et Kobe ont marché sur les Bleus

Il y a 8 ans, l'équipe de France prenait de plein fouet la force de frappe d'une Team USA ahurissante où figuraient quelques légendes. Souvenirs.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

Il y a 8 mois, l'équipe de France réussissait l'un des plus immenses exploits de son histoire en battant les Etats-Unis en quart de finale de la Coupe du monde 2019. Même si Team USA n'avait aucune de ses superstars, le groupe était suffisamment solide pour être favori du tournoi. Si on parle d'exploit, c'est aussi parce que les Bleus ont quelques souvenirs douloureux face aux Américains. On a choisi de vous reparler de ce match des Jeux Olympiques 2012 à Londres.

La date : Le 29 juillet 2012, à la Basketball Arena de Londres.

Le score final : Team USA 98 - 71 France

Les effectifs : Tyson Chandler, Kevin Durant, LeBron James, Anthony Davis, Russell Westbrook, Deron Williams, Andre Iguodala, Kobe Bryant, Kevin Love, James Harden, Chris Paul, Carmelo Anthony (Team USA).

Tony Parker, Mickael Gelabale, Nicolas Batum, Boris Diaw, Ali Traoré, Florent Piétrus, Ali Traoré, Kevin Séraphin, Yannick Bokolo, Fabien Causeur, Nando de Colo, Yakhouba Diawara, Ronny Turiaf (France).

Le contexte : Finaliste de l’Eurobasket 2011 et revenue argentée de Lituanie, l’équipe de France attaquait les Jeux Olympiques de Londres avec beaucoup d’ambition. Une compétition à laquelle les tricolores n’avaient pas participé depuis la médaille d’Argent ramenée de Sidney en 2000 (après avoir justement perdu contre les Etats-Unis en finale). Une longue attente et un basket français relancé vers les sommets par Tony Parker, Boris Diaw et consorts.

C’est donc avec l’objectif de décrocher une médaille que les joueurs de Vincent Collet ont abordé les Jeux. La préparation a été tronquée par forfaits (Joakim Noah...) et des blessures dont celle de Parker, touché à l’oeil à la suite d’une altercation entre Drake et Chris Brown dans une boîte de nuit new-yorkaise. Il a donc été contraint de porter un masque de protection pendant le tournoi.

Champion Olympique à Pékin en 2008, Team USA avait la ferme intention de récidiver, d’où le déplacement des machines de guerre que sont LeBron James, Kevin Durant, Kobe Bryant, Chris Paul et compagnie.

Le déroulé du match : Un grand classique de Team USA, à savoir un premier quart temps brouillon pour se mettre en route, une première accélération franchise pour prendre les devants dans le second, un deuxième run dévastateur dans le troisième pour gonfler l’écart et le reste du match en roue libre pour profiter.

Le moment clé : La pilule du deuxième quart. Peut-être un peu naïvement, le staff tricolore a décidé d’attaquer la période avec un cinq bis mené par Nando de Colo mais aussi Bokolo, Diawara, Turiaf et Florent Piétrus. Face à eux ? Le cinq majeur U.S. avec James, Kobe, Durant. Ce fut un massacre. Rapide. Meurtrier. Un premier trois-points de LeBron, tout seul après un nouveau rebond offensif de Tyson Chandler, deux lancers de Bryant suivi d’un nouveau tir primé de la superstar des Los Angeles Lakers et les champions Olympiques en titre prenaient déjà 9 points d’avance. Un autre shoot extérieur, cette fois-ci déclenché des mains de Chris Paul. 11-0, le tout en 2 minutes 30. Les Français ne s’en remettront pas.

La statistique : 2/22 à trois-points pour l’équipe de France. L’un des deux paniers étant un shoot de Yannick Bokolo au buzzer du premier quart. Les Bleus ont raté une quantité de tirs ouverts derrière la ligne. Impossible de mettre la pression sur la défense américaine avec une telle maladresse.

La déclaration : « Il y a de la frustration parce que l’on ne pensait pas perdre de 27 points. C’était un jour sans. » Florent Piétrus.

Perdre contre une équipe aussi talentueuse n’est pas dégradant. Encore moins quand la sélection est peuplée de futurs Hall Of Famers. Même quand la défaite est lourde (-27 donc). Beaucoup de joueurs ont tendance à minimiser l’écart au tableau d’affichage après avoir joué les terreurs de Team USA. Certains joueurs français ont d’ailleurs tenu des discours de ce type, soulignant la puissance de frappe de leurs adversaires. Pas Piétrus. Cette déclaration, cette déception après une défaite contre l’une des meilleures formations américaines de l’histoire, témoigne de l’état d’esprit du vétéran et du groupe France.

Les Bleus ont pris le revers comme une claque. Et ils se sont remis sur pied en remportant les quatre matches suivants afin de terminer deuxièmes de leur poule derrière les States.

Cette équipe de France collection été 2012 était moins forte que celle qui a disputé les Jeux au Brésil par exemple. Il suffit de regarder le match pour sentir la progression du collectif de Vincent Collet depuis quatre ans. Tony Parker était plus jeune et sacrément tranchant mais les Bleus étaient justement trop dépendants de ses coups de chaud. Pas seulement dans la finition mais même à la création. Le jeu était articulé principalement autour d’un homme ce qui rendait les phases offensives trop prévisibles et condamnaient les Français à défendre comme des morts de faim pour prendre le dessus sur leurs adversaires.

Une recette gagnante quelques années plus tard... avec la montée en puissance des joueurs autour de « TP ». La confiance des uns envers les autres n’était pas encore assez forte pour ramener quelque chose de Londres. Nando De Colo n’était pas encore MVP Nando. Batum était moins expérimenté. Les lieutenants - et même les joueurs de devoir - de l’équipe actuelle tentent beaucoup plus de choses que ceux de l’époque. C’est aussi en revoyant ce match que l’on prend conscience (encore un peu plus) de l’apport des garçons comme Thomas Heurtel ou Joffrey Lauvergne. Collet a plus de cadres que par le passé et il a des munitions en sortie de banc.

Team USA version Rio est aussi bien moins impressionnant que sa copie précédente. Le style est toujours le même : présence athlétique unique au monde, pression défensive permanente et individualités capables de faire la différence seules. Qui dit individualités dit forcément ego. Et, même si cette équipe de Londres était sacrément plus fournie en (très) grands joueurs, on sentait tout de même plus d’envie de jouer ensemble, de créer des décalages pour les autres... bref de jouer ensemble. Peut-être qu’elle possédait des joueurs plus intelligents. Après tout, le QI basket est l’un des éléments clés des meilleurs basketteurs de la planète.

Team USA - France en intégralité

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