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Terry Rozier, la révélation des Boston Celtics

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Bombardé chef de meute des Boston Celtics en l'absence de Kyrie Irving, Terry Rozier a haussé son niveau de jeu, entraînant toute son équipe vers le haut.

Du « swagg ». Trop même. Terry Rozier a du style. Que ce soit avec un t-shirt à son effigie, « Scary Terry », ou en portant un maillot du quarterback NFL Drew Bledsoe, ultime pique envers un rival (Eric Bledsoe) qu’il a dominé de la tête aux (larges) épaules au premier tour des playoffs. Voilà la nouvelle sensation du moment. La belle histoire. Celle de ce fils d’ancien taulard au caractère bien trempé qui brille sur la plus grande scène NBA, au meilleur timing possible. Rozier n’était pas un inconnu il y a trois semaines. Mais il tapissait dans l’ombre de Kyrie Irving – ou Isaiah Thomas auparavant. Le chouchou des nerds de la balle orange. Il a conquis un plus large public depuis.

Un fan des Atlanta Hawks avouait même récemment qu’il était enfin prêt à admettre que Terry Rozier est finalement un joueur plus accompli que Dennis Schroder, le meneur titulaire de sa franchise favorite. L’Allemand compilait pourtant plus de 19 points et 6 passes cette saison. Mais ce passionné a sans doute raison. En poussant un peu plus loin, on peut carrément se demander combien de joueurs sont plus forts que le jeune pitbull des Boston Celtics à son poste au sein de sa Conférence ? Kyrie, bien sûr. Kyle Lowry, John Wall, Kemba Walker. Peut-être Goran Dragic. Ben Simmons si les licornes sont prises en compte. Autrement dit, pas grand monde.

Le joueur de 24 ans était déjà très bon dans son rôle en cours de saison régulière. Il a contribué à faire de Boston la deuxième meilleure équipe à l’Est malgré les blessures de Gordon Hayward et Irving. Il a essentiellement débuté sur le banc – 16 titularisations en 80 matches – pour terminer avec 11,3 points, 38% à trois-points mais 39% aux tirs et 4,7 rebonds en 26 minutes. Solide. Mais rien d’emballant. Pas de quoi se pavaner parmi les basketteurs les plus redoutables de la ligue à son poste. Sauf que le garçon a haussé son niveau de jeu quand la situation l’exigeait. Il ne recule devant aucun challenge. Au contraire.

« Mettez le au défi et il s’élèvera encore plus haut », assure Danny Young, son coach au lycée.

La barre a donc été placée très haute. Privée de Kyrie Irving, sa seule superstar, la franchise du Massachusetts abordait les playoffs dans une position d’outsider malgré les superbes résultats en saison régulière (55 victoires). Les Milwaukee Bucks pouvaient limite faire figures de favoris en raison d’un plus grand regroupement d’individualités : Giannis Antetokounmpo, Jabari Parker, Khris Middleton ou encore Eric Bledsoe. Ah, Bledsoe. Justement. Il a été baladé par son vis-à-vis. Au moins lors des deux premiers matches. 23 points à chaque fois pour Rozier. Il a ensuite baissé le pied avant de dominer son monde lors du Game 7 décisif. 26 points, 6 rebonds, 9 passes. La victoire.

Le guerrier des parquets a embrassé le combat avec Bledsoe. Il l’a chambré sur le terrain. En dehors. Il ne s’est pas laissé bousculer et les deux ont failli en venir aux mains dans le Game 5 remporté par les Celtics. Sorti vainqueur, il a gagné le respect de son adversaire mais ça ne l’a pas empêché de le vanner une fois de plus en se pointant au premier match des demi-finales de Conférence avec le jersey de Drew Bledsoe. La taquinerie qui plaît toujours au public. Celle que les stars évitent d’adopter pour se placer au-dessus de la mêlée. Mais même s’il a gardé ses attitudes de joueur de devoir habitué aux sales corvées, Terry Rozier a aussi assumé le rôle de patron à Boston.

« Nous avons des jeunes gars qui jouent comme des vétérans », témoigne Irving.

Terry Rozier, condamné à briller ailleurs qu'à Boston ?

Drew n’a pas cité Rozier mais comment ne pas y voir une belle dédicace à son back-up (mais aussi à Jaylen Brown et Jayson Tatum). C’est tout en assurance que le jeune homme a surfé sur ses performances du premier tour. Il a assommé les Philadelphia Sixers avec 29 points – son nouveau record en playoffs – dès le Game 1. Il pointe d’ailleurs à 19 points, 44% aux tirs, 43% à trois-points, presque 5 rebonds et plus de 6 passes par match depuis le début des playoffs. Seul Al Horford marque (à peine) plus de points (19,1). Il ne joue donc pas seulement comme un vétéran. Il joue comme une star !

Une star en devenir. Comme Reggie Jackson ou… Eric Bledsoe, ancien back-up coincés derrière un All-Star (respectivement Russell Westbrook et Chris Paul) avant d’aller s’épanouir dans un autre cinq majeur. Ces gars-là se sont révélés dès qu’ils ont eu l’opportunité d’avoir du temps de jeu et de montrer l’étendue de leurs talents. Comme Terry Rozier actuellement. Sauf qu’il est probablement déjà plus fort que ces deux joueurs. Alors combien de temps avant que lui aussi réclame son propre job de titulaire ? Drafté en 2015, il sera éligible à une extension dès cet été.

Les Celtics oseront-ils raquer pour le conserver ? Faudra-t-il sacrifier Marcus Smart ? Attendre 2019 ? Autant de questions, de choix potentiels mais peu de réponse pour l’instant. En tout cas, cette campagne de playoffs marque peut-être la naissance d’un futur point guard en puissance. Peut-être que nous avions sous-estimé son talent individuel. Peut-être que si Boston est en bonne position pour aller en finales de Conférence, c’est justement parce qu’il est plus fort que ce que nous avions tous imaginé.