EDF : Parker, Diaw et les « anciens » reprennent le pouvoir

Un peu moins tranchants que par le passé depuis le début du tournoi, Tony Parker et les autres "anciens" de l'équipe de France ont guidé les Bleus vers la victoire hier soir.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
EDF : Parker, Diaw et les « anciens » reprennent le pouvoir
Les sentiments sont des composantes de l'émotion. Ils sont abstraits. Et pourtant, il arrive qu'ils soient palpables. Que leur présence soit si forte que l'on pourrait presque les toucher. Comme s'ils flottaient. Le stade Pierre Mauroy est passé d'une sentiment à l'autre, d'une impression à l'autre, lors du quart de finale de l'Eurobasket entre la Lettonie et la France disputé hier soir à Villeneuve-d'Ascq. D'abord le doute. Toutes ces interrogations liées au manque de réussite de Tony Parker, emblème du basket français depuis plus de dix ans. Auteur d'un 0 pointé, le premier en compétition officielle depuis 2001, lors du dernier match de poule, le meneur des Bleus n'a inscrit que cinq petits points en huitièmes de finale. Mais au-delà des chiffres, ce sont ces errements en défense et son manque de tranchant en attaque - temporaires, évidemment - qui ont pu nous interroger. Une impression renforcée par les quatre premiers tirs ratés, dont trois, quasi-identiques, qui ont flirté avec le cercle avant de ressortir, de Parker hier soir. Il était petit bras. La salle l'a senti. La foule l'a senti. Elle a poussé, acclamant son icône lorsqu'il s'est rendu sur la ligne des lancers-francs.

Tony Parker retrouve son costume de super héros

Puis le soulagement, la joie, l'espoir. Un premier tir à mi-distance offert par la défense lettonne. Un autre panier dans la foulée et un tir extérieur ramenant une équipe de France malmenée jusqu'alors aux commandes de la partie (38-36). Sept puis neuf points consécutifs pour lancer les Bleus. Un coup de chaud pour refroidir les velléités des Lettons. Une série de points digne des plus jeunes années du meilleur marqueur de l'histoire de l'Euro. http://www.dailymotion.com/video/x370mzs_9-in-a-row-by-tony-parker-eurobasket-2015_sport
[superquote pos="d"]"C'est vrai que ça fait du bien." Tony Parker[/superquote]"Je n’étais pas inquiet, mais c’est vrai que ça fait du bien", concevait le héros du soir. "J’attendais mon heure avec impatience et là, on en a eu besoin. On a eu un début de match très difficile, on n’a pas été très adroit. On était bien en place mais on jouait sur un faux rythme, ils nous ont fait une défense spéciale pour essayer de nous ralentir donc j’ai essayé d’être un peu plus agressif pour mettre un peu de folie dans le match, et qu’on revienne devant avant la pause."
[caption id="attachment_293771" align="alignleft" width="318"] Plus agressif, Tony Parker a terminé meilleur marqueur de la partie hier soir.[/caption] Une libération pour Tony Parker, hurlant le poing serré après son panier à trois-points amenant un temps mort du coach Ainars Bagatskis. Les Bleus ne menaient que de deux points à ce moment-là mais c'est bien ces trois ou quatre actions successives de TP qui ont assommé la Lettonie. Le tournant du match.
[superquote pos="d"]"Ce match va lui servir pour la suite." Vincent Collet[/superquote]«Tony était beaucoup plus agressif que le match précédent", remarquait Vincent Collet, interrogé par l'Equipe en conférence de presse. "Il a bien maîtrisé le jeu et nous a permis de repasser devant lors de sa bonne séquence. Il n'a pas été beaucoup récompensé en seconde mi-temps mais cela va dans le bon sens. C'est un match qui va lui servir pour celui de jeudi."
Les plus grands champions restent des êtres humains. Ils perçoivent eux aussi toutes ces émotions. Et même un joueur de la trempe de Tony Parker, quatre fois sacré en NBA, est susceptible de traverser une période de moins bien. Les hommes de cette espèce finissent toujours par retrouver leur chemin vers la gloire.
"Vous vous êtes inquiétés pour rien", rappelait Nicolas Batum. "Je suis content pour Tony. Il a montré qu'il répond toujours présent quand on a besoin de lui. C'est le patron."

Les cadres en patrons

[caption id="attachment_292657" align="alignleft" width="318"] Décisif en attaque, Boris Diaw était l'un des hommes forts de la rencontre contre la Lettonie.[/caption] Si Parker est le général en chef, il est assisté par ses fidèles amis Boris Diaw et Florent Piétrus en équipe de France. Une génération en Or - celui décroché en Slovénie en 2013 - qui rêve d'un sacre à la maison. Ces trentenaires qui resteront dans l'histoire du basket français ont quelque peu accusé le coup depuis le début de la compétition. On les a souvent vu sur le banc durant le premier tour, mis au repos en prévision des joutes plus intenses qui se profilaient à l'horizon. Si souvent acteurs des exploits tricolores, ils ont été spectateurs des performances de Nando De Colo, Rudy Gobert et Joffrey Lauvergne. Une manière de rappeler que le passage de témoin est de plus en plus proche.
"Je me sens beaucoup plus vieux que l'an passé", plaisantait Boris Diaw.
[superquote pos="d"]"Les jeunes nous permettent de nous sentir encore jeunes." Boris Diaw[/superquote]Vieux à l'échelle d'une carrière de sportif professionnel, à la rigueur. Fatigués par le rythme de la compétition, sans doute. Mais certainement pas usés. Les "anciens" ont fait le boulot au moment où les jeunes générations, mises en avant depuis le début de l'Euro, ont manqué de solution. C'est d'abord ce même Diaw qui, tout en touché, a fait parler sa panoplie offensive près du cercle pour maintenir son équipe au contact d'une Lettonie bien organisée en défense. 14 points au total pour Babac. La ligne de statistiques de Florent Piétrus est moins flatteuse : 14 minutes, 2 petits rebonds et 0 tir tenté. Pourtant, il a terminé la partie avec le deuxième meilleur différentiel (derrière Tony Parker), +15. Quelques coups de coude en douce, de la défense, de la hargne, de l'expérience. Tout ce dont l'EDF avait besoin lors de son run à cheval sur les deuxièmes et troisièmes quarts. Entourés de jeunes joueurs talentueux, les cadres ont su reprendre la main au moment opportun. Comme à la belle époque.
"Les jeunes joueurs nous permettent de rester jeunes. Ils font des blagues que l'on ne comprend pas toujours mais c'est amusant", ajoutait Boris Diaw.
Relancés, les anciens vont désormais retrouver au prochain tour leurs "meilleurs ennemis" espagnols en demi-finale de leur dernier Eurobasket. Voilà qui nous promet encore beaucoup d'émotions.
Afficher les commentaires (0)
Atlantic
Central
Southeast
Pacific
Southwest
Northwest