Avec Tony Snell, les Chicago Bulls s’étaient bien plantés

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Avec le recul, et c'est toujours beaucoup plus facile avec le recul, les Chicago Bulls auraient pu faire une meilleure affaire en sélectionnant un autre joueur que Tony Snell à la draft 2013.

Tony Snell et les Chicago Bulls, c'est fini. Le jeune ailier de 24 ans a été transféré aux Milwaukee Bucks - le transfert sera officialisé après les visites médicales - et il va avoir dans le Wisconsin une occasion de relancer une carrière qui peine à décoller.

A sa sortie de New Mexico, le joueur longiligne était comparé à Kawhi Leonard. Peut-être autant en raison de sa coupe de cheveux - les fameuses cornrows - que son jeu. Plus sérieusement, avec son profil de "3 and D" capable de défendre sur plusieurs positions, Snell avait effectivement quelques points communs avec la star des San Antonio Spurs arrivée en NBA deux ans plus tôt. Mais les comparaisons se sont finalement arrêtées au niveau capillaire, et encore, ils ne partagent même plus la même coupe maintenant que le néo-joueur des Bucks s'est rasé les tifs.

Il ne s'est jamais imposé à Chicago malgré un déficit à son poste ! C'est assez énigmatique. Ce n'est pas comme s'il avait été barré par des joueurs plus expérimentés. Il a eu sa chance, il ne l'a simplement pas saisi, la faute à une adresse en berne et à une incapacité d'évoluer balle en main. Il n'est pas un assez bon dribbleur pour jouer trois - les ailiers actuels ne sont plus des plots, ils doivent savoir attaquer les espace - et n'est pas assez puissant pour évoluer en quatre. Il est plutôt efficace derrière l'arc (35% en carrière) mais son arsenal reste limité.

Les Bulls devaient drafter Allen Crabbe, pas Tony Snell

Allen-CrabbeEt c'est là qu'on réalise - et bien sûr que c'est facile après coup - que les Bulls se sont plantés lors de la draft 2013 qui, à défaut d'être riche en stars, a fourni des joueurs de rotation crédibles. C'est exactement ce que les taureaux visaient avec leur vingtième choix. Ils ont donc opté pour Tony Snell mais jetons un œil aux joueurs draftés après lui.

Gorgui Dieng, Mason Plumlee, Solomon Hill, Tim Hardaway Jr, Reggie Bullock, Andre Roberson, Rudy Gobert, Livio Jean-Charles, Archie Goodwin et Nemanja Nedovic ont complété le premier tour.

Dieng, Plumlee et Roberson sont titulaires au sein de leur équipe aujourd'hui. Gobert est même plus que ça. Goodwin a un potentiel encore inexploité. D'autres joueurs de rotation ont été choisis au second tour :

Allen Crabbe, Alex Abrines, James Ennis et Joffrey Lauvergne.

Crabbe est peut-être exactement le joueur qu'il faut à Chicago. Il peut jouer avec ou sans le ballon, shooter de loin ou attaquer le cercle. Il était l'un des hommes forts du banc des Portland Trail Blazers l'an passé et il a signé pour 72 millions sur quatre ans cet été. Une sacrée somme. Un salaire conséquent qui s'explique par l'explosion du Cap (évidemment) mais aussi par les performances intéressantes de l'ancien sniper de California. Il était attendu en fin de premier tour. Il était présenté comme un "steal" potentiel. Il a été drafté au second.

Si on part du principe que Chicago cherchait un extérieur polyvalent et non un intérieur - ce qui élimine Gobert, Dieng, Plumlee et compagnie - Crabbe, élu meilleur joueur de la Pac-12 juste avant la draft, était clairement le meilleur choix. Il défend moins bien qu'un Roberson mais il est beaucoup plus efficace en attaque. Il était aussi plus exposé médiatiquement qu'un James Ennis et il était déjà prêt à débouler en NBA à l'inverse d'Abrines. Les Bulls ont manqué le coche.