Analyse : Tyson Chandler déjà essentiel aux Mavericks ?

Tyson Chandler a montré des choses intéressantes pour son premier match depuis son retour à Dallas. Le pivot des Mavericks a eu un apport des deux côtés du parquet.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Analyse : Tyson Chandler déjà essentiel aux Mavericks ?
-8. Les Dallas Mavericks ont encaissé huit points de plus que les San Antonio Spurs avec Tyson Chandler sur le parquet cette nuit. Le pivot débarqué cet été des New York Knicks affichaient le différentiel le moins flatteur de son équipe cette nuit (à égalité avec Jae Crowder, qui n’a joué que dix minutes). Et pourtant, on a le sentiment que s’il était resté une ou deux minutes supplémentaires sur le parquet – il a joué 27 minutes – les Mavericks auraient pris le dessus sur les champions en titre en ouverture de la saison. Le match s’est joué sur une série de détails et ce sont finalement les Spurs qui en sont sortis vainqueurs grâce à un tir à trois-points décisif de Tony Parker en fin de rencontre. Malgré cet écart de huit points en défaveur de son équipe lorsqu’il était sur le parquet, l’apport de Chandler des deux côtés du parquet sautait aux yeux cette nuit.

Tyson Chandler, un mur en défense

Dallas était l’une des dix plus mauvaises défenses de la NBA la saison dernière (21e de la ligue, 105,9 pts encaissés sur 100 possessions) et cette tendance à prendre l’eau s’est accentuée en playoffs (110,2 pts encaissés, toujours sur 100 possessions, 12e défense des playoffs). Les Mavericks souffraient aux rebonds et dans la peinture. Afin de palier à ses lacunes sous les panneaux, les dirigeants ont sacrifié le meneur José Calderon, recruté l’été précédent, afin de faire revenir Tyson Chandler dans le Texas. L’intérieur de 32 ans était le pilier de la défense des Mavericks lors du sacre face au Miami Heat en 2011. Quatre années se sont écoulées depuis mais le géant demeure une valeur sûre près du cercle. [caption id="attachment_204995" align="alignnone" width="640"] Tim Duncan n'est pas parvenu à contourner l'obstacle Tyson Chandler et il a le plus souvent été contraint de ressortir la balle.[/caption] Sa taille et sa mobilité ont gêné les joueurs des San Antonio Spurs hier soir. Tyson Chandler était posté près du panneau telle une arme de dissuasion pour lutter face aux pick&roll et aux pénétrations des éperons. Sa présence a eu pour conséquence de tempérer les velléités des arrières de Gregg Popovich. On a vu Tony Parker et Manu Ginobili tourner autour de la peinture en dribble sans parvenir à trouver la faille. Face aux 216 centimètres de Chandler, ils ont préféré ressortir la balle afin de reconstruire une action, cassant ainsi la circulation de balle pourtant d’ordinaire très rapide des Spurs. Tim Duncan a lui aussi été mis à mal face à la défense du pivot des Mavericks. [superquote pos="d"]"Ma quatrième faute était un moment clé. Les Spurs ont commencé à attaquer la raquette." Tyson Chandler[/superquote]A l’inverse, les Spurs s’en sont donnés à cœur joie lorsque ce dernier était scotché sur le banc, notamment suite à des problèmes de fautes. Ils ont agressé le cercle à outrance dans la deuxième moitié du premier QT et surtout durant une bonne partie du second avec Brandan Wright sur le parquet pour Dallas. San Antonio a inscrit 20 de ses 32 points dans la peinture dans les deuxièmes et troisièmes QT, période durant laquelle Tyson Chandler n’a joué que six petites minutes. Sa quatrième faute, suivie d’une faute technique pour contestation, a assommé les Mavericks dans le troisième QT. Les hommes de Rick Carlisle menaient alors 57-48 et ils ont subi les foudres des Texans. Tim Duncan a immédiatement inscrit deux paniers consécutifs depuis le poste bas en prenant le dessus sur Wright. Les champions en titre ont profité de l’absence de Chandler pour attaquer le cercle, marquer des paniers et ainsi revenir au score avant de reprendre l’avantage.
« Ma quatrième faute était un moment clé. Le momentum a changé de camps et ils ont commencé à attaquer le cercle », confiait le pivot des Mavericks au Star Telegram.

L’optimisation de ses qualités en attaque

C’est essentiellement en défense que l’absence de Tyson Chandler s’est fait ressentir dans le troisième QT. Mais il livrait jusqu’alors une prestation très intéressante en attaque. Les Mavericks constituaient l’une des meilleures attaques de la ligue (la meilleure après le break du All-Star Game) et ce malgré la titularisation de Samuel Dalembert en pivot. La recrue estivale de Dallas est nettement plus efficace dans ce domaine même si son bagage technique est limité. On peut toujours compter sur Rick Carlisle pour exploiter au mieux les caractéristiques de ses joueurs. Le coach des Mavericks est un génie et ses systèmes offensifs sont tenus en haute estime par les différents entraîneurs, dirigeants et joueurs NBA. Ainsi, le stratège n’a pas tardé à trouver des combinaisons au sein desquelles Tyson Chandler peut inscrire des paniers faciles ou libérer des espaces pour ses coéquipiers. L’ancien All-Star des New York Knicks excelle sur le pick&roll et il se classe chaque saison parmi les joueurs les plus adroits de la NBA (il shoote essentiellement près du panier). On a vu les Mavericks mettre en place le système « horns » à plusieurs reprises. Dans ce schéma, Dirk Nowitzki et Tyson Chandler posent un écran au porteur de balle en tête de raquette. [caption id="attachment_204999" align="alignnone" width="640"] Sur l'une des premières actions du match, Tyson Chandler et Dirk Nowitzki posent un écran au porteur de balle.[/caption] Ce système, employé à outrance par les Los Angeles Clippers, offre plusieurs solutions aux Mavericks. Le porteur de balle – idéalement Monta Ellis – peut attaquer le cercle. Chandler, efficace sur pick&roll, roule lui vers le panier, prêt à réceptionner la gonfle et à conclure de près. Quant à Dirk Nowitzki, il peut reculer d’un pas après l’écran afin de se démarquer derrière la ligne à trois-points. Trois joueurs efficaces dans trois zones différentes. De quoi donner des sueurs froides à la défense adverse. On a vu le pivot des Mavericks poser des écrans à tout va pendant la première période. Il a ainsi crée des espaces pour ses shooteurs. Ce sont des détails et des actes qui ne se lisent pas dans les statistiques. Ces corvées sont pourtant essentielles au bon fonctionnement d’une équipe et Chandler s’y est attelé sans relâche. Illustration avec ce démarquage depuis le cercle vers la ligne des lancers-francs de Monta Ellis. [caption id="attachment_205001" align="alignnone" width="640"] Monta Ellis remonte en tête de raquette, Tyson Chandler se prépare à poser l'écran.[/caption] [caption id="attachment_205003" align="alignnone" width="640"] Tyson Chandler empêche Danny Green de revenir à temps. Monta Ellis n'a plus qu'à prendre un tir ouvert en tête de raquette.[/caption] Lorsqu'il n'était pas chargé de poser l'écran, Tyson Chandler s'écartait légèrement de la raquette à la manière de Chris Andersen afin de surgir au dernier moment pour offrir une nouvelle solution au joueur ayant attaqué le cercle. [caption id="attachment_205011" align="alignnone" width="640"] Dirk Nowitzki pose un écran pour Monta Ellis. Tyson Chandler est loin de l'action.[/caption] [caption id="attachment_205015" align="alignnone" width="640"] Tyson Chandler coupe au moment où la défense se resserre sur son coéquipier. Il n'a plus qu'à conclure en alley-oop.[/caption] Tyson Chandler a également offert une quantité de secondes chances (trois rebonds offensifs, dix au total) à ses coéquipiers en captant des rebonds offensifs ou en déviant des ballons avec ses longs bras après que un tir manqué. Les Mavericks ont ainsi tenté onze tirs de plus que les Spurs en première mi-temps, une conséquence directe du travail de sape de leur intérieur. Ce dernier apporte une nouvelle dimension défensive et - à un degré moindre - offensive à la franchise texane. Malheureusement, il est encore trop sujet aux fautes à répétition. Même s'il ne s'agissait que du premier match de la saison, la rencontre face aux Spurs nous a donné un aperçu de ce que pourrait donner le géant aux Mavericks. De quoi nourrir les ambitions de Dirk Nowitzki et ses coéquipiers, déterminés à jouer les trouble-fêtes au sein de la Conférence Ouest cette saison.
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