Les Clippers ont perdu le match qu’il ne fallait pas perdre

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Clippers sont dos au mur après cette défaite concédée au Staples Center face au Utah Jazz d'un excellent Gordon Hayward.

Chris Paul ne sera peut-être jamais apprécié à sa juste valeur. C’est le goût amer qui reste en bouche après la belle victoire du Jazz sur le parquet des Clippers. Encore une fois, l’équipe de Los Angeles est au bord d’une nouvelle désillusion en playoffs. Les Californiens ont perdu le match qu’il ne fallait pas perdre. Un Game 5 traditionnellement décisif, qui plus est à domicile. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé.

CP3 a tout donné. Dans la création, au scoring, en défense. Comme tous les soirs. Comme à chaque campagne de playoffs. Il a terminé avec 28 pts à 10/19 aux tirs, 4/6 à trois-points, 4 rebonds, 9 passes et à peine 2 balles perdues en 37 minutes. Il a joué juste. Et il a planté des paniers primés importants pour ramener les siens à égalité (69-69 dans le troisième QT alors que le Jazz menaient de six points quelques secondes auparavant) puis pour entretenir l’espoir (94-92 à cinq secondes de la fin). C’était insuffisant.

Le Jazz et les Clippers nous ont offert 24 minutes de money time cette nuit. Aucune des deux équipes n’a vraiment eu le temps de respirer à son retour des vestiaires. Le Jazz a contrôlé la partie mais sans jamais prendre un écart conséquent. Les coéquipiers de Paul se sont eux battus sans jamais reprendre l’avantage. Il faut dire que les systèmes de Doc Rivers étaient assez stéréotypés en l’absence de Blake Griffin. Los Angeles s’est beaucoup appuyé sur l’axe meneur-pivot pour faire la différence en pick-and-roll. Un art maîtrisé à la perfection par DeAndre Jordan et son leader. D’où le match serré.

Les Clips avaient besoin d’un autre soutien offensif. J.J. Redick l’a apporté en fin de rencontre (26 pts au total) mais la victoire est difficilement envisageable quand Luc Mbah A Moute (1/5), Austin Rivers (0/4) et Raymond Felton (0/3) sont censés faire la différence.

La force de frappe du jazz était plus étendue. Gordon Hayward a encore une fois prouvé qu’il fallait le compter parmi les meilleurs joueurs de la ligue, et pas seulement en saison régulière. Il a inscrit quelques paniers décisifs (27 pts à 9/16, 8 rbds et 4 pds). Il était surtout épaulé par un Joe Johnson décidément terriblement important sur cette série. Le vétéran redéfinit la notion de joueur « clutch » match après match. Son petit shoot en fadeaway après un step back à 19 secondes de la fin du match a donné 5 points d’avance à son équipe. Plus tôt déjà, il avait marqué quelques shoots cruciaux pour empêcher les Clippers de rester au contact. Ils sont à chaque fois revenus sous l’impulsion de Chris Paul. Mais ce qui reste, c’est le score final. C’est bien le problème pour CP3 et ses coéquipiers cette nuit.