Malcolm Brogdon, qu’est-ce que c’est propre

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Sans faire de bruit, Malcolm Brogdon s’est affirmé comme un joueur essentiel pour les Milwaukee Bucks. Zoom sur un joueur sans fioritures.

Malcolm Brogdon est évidemment moins populaire que Giannis Antetokounmpo, MVP en puissance et superstar des Milwaukee Bucks. Il n’a pas non plus le même statut qu’un Khris Middleton. Ni le statut d’un Brook Lopez, ancien All-Star, ou d’un Eric Bledsoe. Et pourtant, il est lui aussi très important au succès de son équipe. Il est le liant entre ces quatre joueurs, le ciment de ce cinq majeur vraiment performant depuis le début de la saison.

ROY par défaut en 2017 (Joel Embiid n’avait joué que 31 matches et ne pouvait pas être élu malgré plus de 20 pions de moyenne), l’arrière ne sera jamais une star en NBA. Ça peut sembler catégorique comme opinion, surtout que c’est seulement sa troisième année dans la grande ligue. Mais il a déjà 26 printemps ! Il est arrivé tard, après un cursus solide à Virginia. Il est promis à un rôle de l’ombre. Sauf que, justement, ce rôle, il le tient mieux que personne ou presque cette saison.

Un vrai « Mr Propre » qui évolue loin de la lumière. Propre, parce que son jeu est sans déchets ou presque. Il prend les tirs qu’il faut. Les tirs qu’il peut mettre. Et il les met, justement. Malcolm Brogdon, s’il continue sur sa lancée, va intégrer le club très fermé du « 50-40-90 ». Ces joueurs qui ont affiché un pourcentage de réussite supérieur ou égal à 50% aux tirs, 40% à trois-points et 90% aux lancers. Il est pour l’instant à 52-42-95. Avec aussi 15,5 points, 4,5 rebonds et 3,4 passes par rencontre !

Seuls sept joueurs ont réussi un exercice complet avec plus de 15 points par match tout en étant à 50-40-90. Et que des légendes ! Il rejoindrait ainsi Steve Nash (qui l’a fait quatre fois), Mark Price, Reggie Miller, Larry Bird, Stephen Curry, Dirk Nowitzki et Kevin Durant. Ça vous classe un homme. Alors évidemment, contrairement à ces gars-là qui étaient les stars de leur équipe, Brogdon profite des décalages crées par ses coéquipiers. Mais ils leur donne aussi plus d’espaces en représentant une menace permanente de loin.

Il a aussi déjà prouvé qu’il était plus qu’un shooteur – confère son énorme dunk sur LeBron James à ses débuts en NBA. Cette nuit, par exemple, c’est lui a dicté le tempo dans les dernières minutes du match contre Dallas. Et ce sont ses shoots, ses lancers, son petit touché à mi-distance après pick-and-roll, qui ont empêché les Mavericks de revenir dans la partie.

Malcolm Brogdon a aussi le mérite de défendre. En résumé, un joueur complet qui mérite de ne pas être oublié parce qu’il est clairement l’un des artisans de la superbe saison de Milwaukee jusqu’à présent.