Yogi Ferrell à l’heure de la confirmation

Alexis RabutéPar Alexis Rabuté Publié

Surprise de la saison dernière, Yogi Ferrell va devoir passer un nouveau palier. Il doit désormais cohabiter avec Dennis Smith Jr.

Yogi Ferrell était la vraie bonne surprise du côté des Dallas Mavericks la saison dernière. Non drafté, il était parvenu à se faire une place de titulaire à la mène. Cette saison, il va partager ce poste avec Dennis Smith Jr.

Dallas a activé l’option pour conserver Ferrell. Le joueur doit désormais rendre cette confiance sur le terrain. Il désire passer un cap à plusieurs niveaux et notamment dans la gestion du jeu. En 36 matchs aux Mavs, il ne tournait qu’à 4,3 assists par match en 29 minutes de moyenne.

« Il doit encore apprendre à jouer meneur de jeu. À Indiana (son université), c’était un scoreur », souligne Mark Cuban. « Maintenant, il va apprendre quand la garder, quand passer, comment créer et trouver des gars. Mais vous verrez qu’il va devenir bien meilleur. Il compte marquer moins et rendre tous les autres meilleurs. »

Un travailleur de l’ombre

Pour cela, Ferrell ne laisse rien au hasard. Si on peut compter sur Rick Carlisle pour le faire progresser, le joueur de 24 ans prend lui aussi des initiatives personnelles.

« J’ai toujours travaillé dur et essayé de passer au niveau au-dessus en regardant des vidéos des meilleurs meneurs de jeu », confie Ferrell. « L’autre soir, j’étais en train de regarder les passes de Steve Nash : sa vitesse, comment il joue, comment il trouve les différents gars. Comment est-ce aussi simple pour lui ? Tu essayes d’entrer dans sa tête car le succès se répète toujours. »

C’est ce qui a fait le succès du meneur de jeu des Mavericks. Non drafté, enchaînant les contrats de 10 dix jours, il s’est toujours réfugié dans le travail pour se faire sa place en NBA.

« J’ai entendu un super truc une fois. Quelqu’un a dit « tu sais, ils ne peuvent pas t’empêcher de t’entraîner ». N’étant pas drafté, sans avoir aucune attention, ce n’était pas grave. J’allais toujours travailler au gymnase. C’est tout ce que je sais faire. »

Un duo prometteur avec Dennis Smith Jr

Des qualités d’organisateurs en développement mais qui semblent nécessaires s’il veut coexister aux côtés de Dennis Smith Jr. Le jeune rookie est un meneur avec un vrai potentiel. Cependant, il est lui aussi davantage scoreur que passeur.

« Vous parlez d’un gars qui est à 100% professionnel », rappelle Jamahl Mosley, le coach des Mavericks en Summer League. « Beaucoup de gars le prendraient personnellement quand un gars arrive et c’est un arrière qui aime avoir la balle en main. Mais Yogi aide Dennis à devenir meilleur. Il lui apprend des choses, lui dit « Si tu vois ça, fais ceci ». Je ne peux pas plus saluer sa progression et ses qualités de leader. »

Les deux meneurs de jeu ont effectivement évolué ensemble durant la summer league avec un certain succès. Ils arrivent pour le moment à cohabiter et cela semble même leur plaire.

« Parfois, je n’ai plus à tout faire donc j’aime vraiment ça », déclare Ferrell. « Je peux jouer un peu plus sans ballon et rentrer des tirs ouverts. Je n’ai plus à me tuer à la tâche sur chaque possession, à remonter la balle alors qu’on me met la pression. Donc c’est vraiment bien de jouer avec Dennis. »

Un duo d’avenir pour Dallas ? J.J Barea et Devin Harris arrivent vers la fin. Wesley Matthews peut jouer 3 et reste malheureusement incertain physiquement. Seth Curry apporte certaines bonnes choses mais le duo Ferrell-Smith pourrait vraiment s’imposer sur de longues séquences. En tout cas, il travaille pour.

« Il est très rapide, tout comme moi. Mais il n’a pas besoin de jouer tout le temps rapidement », souligne Ferrell concernant son nouveau coéquipier. « Il peut changer de rythme, savoir quand aller vite et quand ralentir. Donc j’ai juste essayé de l’aider pour l’instant. »

Même si Dennis Smith Jr ne manque pas de culot, en cas de période de doute, il va pouvoir se reposer sur Yogi Ferrell. Ce dernier a impressionné la saison dernière par son énorme confiance en soi.

Alors qu’il commençait peu à peu à jouer, l’ancien de Brooklyn a tout simplement flambé face à Portland. Il a inscrit 32 points avec un total de neuf paniers à trois points ! Le tout avec une énorme maturité en fin de match.

« Il a rentré neuf trois points et le panier de la gagne avec Dirk juste à côté de lui », se souvient Mark Cuban. « Yogi a ce côté tueur en lui. »

Après une première saison pleine de bonnes surprises, le plus dur est à venir pour Ferrell. Il doit désormais confirmer toutes les bonnes choses qu’il a laissé entrevoir la saison dernière. La confirmation, c’est maintenant.