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	<title>Chuck Daly Archives - BasketSession.com - Le meilleur de la NBA : news, rumeurs, vidéos, analyses</title>
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	<description>Le meilleur de la NBA et du basket. Plus complet que LeBron James, plus tranchant que Stephen Curry, plus rapide que Kyrie Irving et presque aussi culte que Michael Jordan !</description>
	<lastBuildDate>Tue, 13 Aug 2024 12:01:05 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Dream Team : comment la meilleure équipe de l&#8217;histoire a été construite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Sébastien Blondel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Aug 2024 12:00:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[G.O.D.]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Barkley]]></category>
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					<description><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2023/09/Dream-Team-USA-1992.jpg" alt="Dream Team : comment la meilleure équipe de l&rsquo;histoire a été construite" /></div><p>Retour sur la manière dont s'est construite la plus incroyable armada à avoir foulé un terrain de basket.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2023/09/Dream-Team-USA-1992.jpg" alt="Dream Team : comment la meilleure équipe de l&rsquo;histoire a été construite" /></div><p><em>Alors que l'équipe de 2024, un temps considérée comme une possible réincarnation, vient de remporter l'or olympique, faisons un petit retour sur la façon dont USA Basketball (et les joueurs) ont constitué la Dream Team, <a href="https://www.basketball-reference.com/olympics/teams/USA/1992/">la plus incroyable équipe</a> de tous les temps, des choix évidents de Magic Johnson, Larry Bird ou encore Michael Jordan à l'éviction du paria Isiah Thomas. Cet article est paru dans </em><a href="https://www.basketsession.com/boutique/reverse-58-lebron-james-team-usa/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">REVERSE #58</a><em>.</em></p>
<p>Le roster de la Dream Team est tellement parfait qu’on a tendance à penser que sa composition était évidente. <strong>Magic Johnson</strong> et <strong>Larry Bird</strong>, les deux idoles de l’Amérique, toutes deux en fin de carrière, enfin réunies sous le même maillot (si l’on excepte une série de matches amicaux obscurs dans leur prime jeunesse).</p>
<p><strong>Michael Jordan</strong>, LA star incontestée du sport-spectacle mondial. Huit superstars NBA qui ont marqué les années 80 et/ou 90. Et un universitaire contesté <em>a posteriori</em>, certes, mais qui a le mérite de fournir une punchline facile à tous ceux qu’un effectif aussi magnifique ennuie.</p>
<p>Mais les trois premiers auraient très bien pu, pour des raisons différentes, décliner l’invitation et priver la planète du trio le plus glorieux imaginable à l’époque, et les huit autres étaient loin d’être des choix évidents et unanimes.</p>
<h2><strong>La fin de l’hypocrisie olympique (enfin presque)</strong></h2>
<p>Mais commençons par le commencement. Parce que si l’on parle autant de la Dream Team, si elle a été vécue à l’époque comme une véritable révolution, c’est grâce à un heureux concours de circonstances.</p>
<p>Si les États-Unis n’avaient jusque-là jamais assemblé une équipe aussi forte, ça n’est pas parce qu’ils n’avaient jamais eu un tel réservoir de talents, c’est tout simplement parce que les joueurs NBA avaient toujours été exclus des compétitions internationales par la FIBA au nom du sacro-saint (et formidablement hypocrite) amateurisme des Jeux Olympiques.</p>
<p>On ne traitera pas ici des travers de cette « institution » experte dans l’art de cacher corruption et cupidité derrière un voile de « valeurs olympiques » qui partent en fumée dès qu’on les examine d’un peu trop près. La liste est trop longue.</p>
<p>Mais c’est cette exigence d’amateurisme qui a obligé pendant des décennies les États-Unis à envoyer des sélections de joueurs NCAA (où l’amateurisme est aussi une belle excuse pour s’en mettre plein les poches, curieux hasard) affronter les mercenaires européens.</p>
<p>Russes et Yougoslaves, notamment, pouvaient donc utiliser leurs meilleurs éléments, rompus aux joutes du plus haut niveau européen, tandis que le pays d’origine du basket en était « réduit » à choisir parmi ceux qui n’avaient justement pas encore pu prouver s’ils appartenaient bien à l’élite nationale.</p>
<p>Et les JO ayant lieu tous les quatre ans, nombre de prodiges sont passés à côté, trop jeunes une année, fraîchement pros quatre ans plus tard. Comme Magic. Comme Bird. Et comme tant d’autres.</p>
<p><a class="read-too" href="https://www.basketsession.com/actu/dream-team-defiate-chris-webber-544564/" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-title="A lire aussi">Le jour où la Dream Team est tombée</a></p>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-large wp-image-396902" src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-300x206.png" alt="" width="300" height="206" srcset="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-300x206.png 300w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-200x137.png 200w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-290x199.png 290w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-760x521.png 760w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan-313x215.png 313w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-Chuck-Daly-Marry-Bird-Michael-Jordan.png 1226w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />Si cette inégalité des chances n’a pas empêché les Américains de rafler l’or systématiquement (sauf en 1972 à la suite d’une fin de match grotesque et en 1980 à cause de leur boycott des Jeux de Moscou), les lents progrès des autres nations ont fini par montrer les limites d’équipes de jeunes universitaires face à des hommes au sommet de leur art.</p>
<p>Et pour la première fois de l’histoire des Jeux, en 1988, à Séoul, les États-Unis, pourtant emmenés par <strong>David Robinson</strong>, ne réussissent pas à accéder à la finale du tournoi, sortis par les Russes en demi.</p>
<p>Dès l’année suivante, <strong>Boris Stankovic</strong>, le secrétaire général de la FIBA, réussit enfin à faire voter l’autorisation pour les joueurs NBA de participer aux compétitions internationales, au cours d’un vote dans lequel les États-Unis sont l’une des rares nations à voter non.</p>
<p>Ironie de l’Histoire, c’est à Munich que se déroule cet événement capital pour la suite de notre récit, là même où, 27 ans plus tôt, la sélection US avait perdu l’or dans des circonstances si suspectes que ses membres n’ont jamais accepté leur médaille d’argent…</p>
<blockquote><p>« C’est l’hypocrisie qui est venue me chercher », explique Stankovic à Jack McCallum dans son livre Dream Team.</p></blockquote>
<blockquote><p>« Et il y avait un côté pratique. Mon souci était de rendre le basket fort, de le faire grandir et, malgré ça, il y avait cette séparation. C’est devenu impossible à tolérer. »</p></blockquote>
<p>Mais ouvrir les portes des Jeux aux « professionnels » ne suffisait pas. La NBA allait maintenant devoir convaincre la secte de pro-amateurs de USA Basketball (alors appelé ABAUSA) qu’inclure ses stars dans l’équipe nationale ne constituerait pas le sacrifice de toutes les belles valeurs qui animent <span style="text-decoration: line-through;">l’exploitation d’athlètes noirs non-payés par des riches blancs profitant grassement du système</span> l’univers amateur américain.</p>
<p>Principalement contrôlé par des gens issus du milieu NCAA, USA Basketball voyait à juste titre dans ce changement de règles la fin (ou presque) de la participation des universitaires aux grandes compétitions seniors, et donc celle probable de son contrôle sur le processus de sélection.</p>
<p>C’est Dave Gavitt, président de l’institution « amatrice », créateur de la fameuse Big East et l’un des personnages les plus respectés du basket universitaire, qui réussit à consolider le compromis qui laisse aux pontes de USA Basketball le contrôle de l’organisation et ouvre à la NBA de nouvelles possibilités en matière de marketing.</p>
<h2><strong>MJ + MJ = 10 stars pour la Dream Team</strong></h2>
<p>C’est d’ailleurs lui, devenu en 1990 vice-président des Celtics, qui est l’année suivante en charge de convaincre les stars de participer.</p>
<blockquote><p>«Dave était malin », raconte Larry Bird dans sa deuxième autobiographie, Bird Watching.</p></blockquote>
<blockquote><p>« Il s’est d’abord attaqué à Magic, parce qu’à ce moment-là il était ‘‘à la retraite’’ parce qu’il était séropositif, mais jouer le démangeait toujours. Magic a dit oui immédiatement. Ensuite, Dave est venu me voir et m’a dit qu’il allait jouer et qu’ils me voulaient dans l’équipe.</p>
<p>Ma première réaction a été de dire ‘‘Pas moyen !’’. Je lui ai dit ‘‘Écoute, je suis trop vieux pour ça. Ça devrait être une chance pour des gars plus jeunes’’. (…)</p>
<p>Je voulais être sûr qu’ils me voulaient parce qu’ils pensaient que j’étais toujours assez bon, pas pour une espèce de rôle honoraire. »</p></blockquote>
<p>Pour Magic, mis en retraite forcée et qui n’a jamais eu la chance de participer aux Jeux, la question ne se pose même pas. Il en sera.</p>
<blockquote class="sq"><p>« Jordan a l’impression que d’avoir autant de stars NBA, c’est un peu comme vouloir régler un conflit mineur avec des ogives nucléaires. » David Falk</p></blockquote>
<p>Jordan, par contre, est plus difficile à convaincre, d’autant qu’il a déjà eu la chance de remporter l’or olympique à Los Angeles en 1984.</p>
<blockquote><p>« Michael craint que l’on ne soit en train de réagir de façon disproportionnée au fait que le reste du monde nous aurait rattrapés au basket », explique alors son agent David Falk dans des propos relayés par Cameron Stauth dans son livre The Golden Boys.</p></blockquote>
<blockquote><p>« Il a l’impression que d’avoir autant de stars NBA, c’est un peu comme vouloir régler un conflit mineur avec des ogives nucléaires. »</p></blockquote>
<p>L’adhésion de Jordan au projet est importante pour le comité de sélection, puisqu’elle l’assurerait virtuellement de l’accord de toutes les autres stars qu’il souhaiterait ajouter à l’effectif.</p>
<p><iframe title="Best of Michael Jordan 🇺🇸 at the Olympics | Athlete Highlights" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/1V5TXXQ_bhM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Qui pourrait réellement refuser de jouer avec Magic, Michael et Larry  dans une Dream Team pour le festival que promet d’être cette première compétition internationale ? Le choix de <strong>Rod Thorn</strong> pour tenter de convaincre Jordan est loin d’être anodin, puisque c’est lui, lorsqu’il était GM des Bulls, qui l’a drafté en 1984.</p>
<p>Officiellement, les excuses pleuvent pour expliquer pourquoi le meilleur joueur de la ligue n’a pas encore donné sa réponse. Officieusement, Thorn en connaît la raison, que Jordan lui a exprimée de la façon la plus claire possible : il ne jouera qu’à condition qu’<strong>Isiah Thomas</strong> soit banni de l’équipe.21</p>
<h2><strong>Paria Thomas</strong></h2>
<p>Les langues ont mis longtemps à se délier et à admettre publiquement ce qui n’était déjà à l’époque qu’un secret de polichinelle. Bird, par exemple, dans <em>Bird Watching</em>, sorti en 1999, fait preuve d’une langue de bois d’école au moment d’aborder le sujet.</p>
<blockquote><p>« C’était inévitable qu’il y ait polémique autour des joueurs qui n’allaient pas être sélectionnés dans cette Dream Team», explique-t-il, « et le gars dont les gens ont le plus parlé, c’est Isiah Thomas. J’imagine que ça a dû le blesser. Merde, Isiah était l’un des meilleurs joueurs de la ligue.</p></blockquote>
<blockquote><p>Pour être franc, je me demandais moi-même pourquoi il n’était pas dans l’équipe. Le problème d’un processus de sélection comme celui-ci, c’est que beaucoup de joueurs vont être laissés de côté. »</p></blockquote>
<p>Dix ans après, dans <em>When The Game Was Ours</em>, sa co-autobiographie avec Magic écrite avec Jackie McMullan, le discours de Magic est infiniment plus franc et tellement clair qu’il mérite d’être cité abondamment.</p>
<blockquote class="sq"><p>« Qui disait ‘‘On a besoin d'Isiah’’ ? Personne. » Magic</p></blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">« Isiah s’est tiré une balle dans le pied », avoue-t-il.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">« Personne ne voulait jouer avec lui. Le problème d’Isiah, c’est qu’il avait toujours le sentiment qu’il devait se battre pour tout. Même une fois arrivé parmi l’élite, il ne pouvait pas s’empêcher de se battre. Ses commentaires disant que Larry était surcoté, c’était de la pure frustration. Il était jaloux.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">Il avait le sentiment que Larry recevait trop d’attention et que lui ne recevait pas celle qu’il méritait. Isiah a toujours voulu faire partie de la conversation quand les gens parlent des meilleurs joueurs. Il aurait pu en être s’il avait géré les choses différemment.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">Mais à cause des décisions mesquines qu’il a prises, personne ne lui donne le respect qu’il mérite. Je suis triste pour lui. Il s’est mis tellement de personnes à dos dans sa vie et il ne comprend toujours pas. Il ne comprend pas pourquoi il n’a pas été choisi dans cette équipe olympique et c’est vraiment dommage. Tu devrais en être conscient quand tu as énervé plus de la moitié de la NBA.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">Si on parle strictement en termes de capacités, alors il aurait dû être choisi dans la Dream Team. Mais Michael ne voulait pas jouer avec lui. Scottie ne voulait pas en entendre parler. Bird n’insistait pas non plus. Karl Malone ne voulait pas de lui. Qui disait ‘‘On a besoin de lui’’ ? Personne. »</p>
</blockquote>
<p><a class="read-too" href="https://www.basketsession.com/actu/isiah-thomas-dream-team-david-robinson-546211/" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-title="A lire aussi">Même le plus peace des membres de la Dream Team ne voulait pas d’Isiah Thomas…</a></p>
<p>Jordan lui-même a mis 20 ans à avouer (à Jack McCallum, en 2011) qu’il avait explicitement dit à Rod Thorn que sa présence au sein de la Dream Team serait liée à l’absence de son ennemi juré.</p>
<p>Une condition à laquelle USA Basketball s’est évidemment plié sans y réfléchir un seul instant, d’autant que le seul qui aurait pu prendre la défense d’Isiah (qui sur l’ensemble de son œuvre jusque-là méritait incontestablement sa place) avait déjà choisi de s’en abstenir.</p>
<p>Nommé coach au terme d’un processus lui aussi délicat, puisque USA Basketball voulait continuer la tradition olympique américaine en nommant un entraîneur NCAA (en l’occurrence <strong>Mike Krzyzewski</strong>, qui a été amplement compensé depuis), mais que les membres du comité craignaient qu’un coach universitaire ait du mal à gérer l'ego de mégastars millionnaires,<strong> Chuck Daly</strong> aurait pu faire passer sa loyauté envers les Pistons avant les évidentes considérations diplomatiques. Il a choisi de ne pas le faire, probablement parce qu’il savait Isiah déjà trop ostracisé pour être sauvé.</p>
<p>Chargé de fournir une liste des joueurs à considérer poste par poste, il y avait évidemment inclus son meneur, ainsi que trois autres de ses joueurs (<strong>Joe Dumars</strong>, <strong>Dennis Rodman</strong> et <strong>Bill Laimbeer</strong>). Seul Dumars aurait eu une vraie chance d’être sélectionné tant les trois autres étaient l’objet d’une haine coriace (et méritée) de l’ensemble de la ligue.</p>
<p>Et pourtant, une fois cette liste de 25 noms réduite à 16, seul Laimbeer en avait été écarté. Daly aurait pu pousser pour qu’Isiah Thomas figure sur le roster définitif, mais le risque de perdre Jordan, clairement l’élément central du plan marketing de toute l’opération (puisqu’avec l’explosion de l’URSS et celle de la Yougoslavie la médaille d’or tendait les bras aux États-Unis quel que soit leur effectif), pour un joueur méprisé par la plupart de ses futurs coéquipiers ne valait pas la peine d’être pris.</p>
<h2><strong>Il ne peut en rester qu’un (ou deux)</strong></h2>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-large wp-image-396900" src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-300x364.png" alt="" width="300" height="364" srcset="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-300x364.png 300w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-200x242.png 200w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-290x351.png 290w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team-313x380.png 313w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2017/07/Dream-Team.png 760w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />Isiah écarté, sans grand regret pour le comité et au grand soulagement, d’après Magic, de tous les joueurs, restait à établir un noyau ferme et définitif (à l’exception notable de Bird, à qui Gavitt avait promis que personne n’essaierait de le retenir s’il finissait par réaliser à l’approche des Jeux que son corps ne lui permettrait pas de jouer à un niveau décent) de dix joueurs autour desquels la campagne de promotion orchestrée par la NBA pourrait commencer, un peu moins d’un an avant le début des Jeux.</p>
<p>Rodman n’a pas survécu ; trop défensif pour les orgies offensives attendues, trop Bad Boy, aussi. Dumars non plus n’a pas réussi à s’imposer malgré son jeu sans faille et le respect dont il jouissait auprès des membres du comité. Kevin Johnson, l’insaisissable meneur des Suns ? Encore jeune et pas assez adroit de loin pour les zones du basket FIBA.</p>
<p><strong>Reggie Miller</strong>, le sniper des Pacers ? Parfait, justement, pour exploser une bonne vieille zone, mais condamné par son unidimensionnalité. <strong>Clyde Drexler</strong>, le « Jordan de l’Ouest » ? Trop Jordan de l’Ouest, paradoxalement, même si l’argument lui déplaît :</p>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">« Ça n’aurait pas dû être Jordan OU moi », confie-t-il ainsi à Cameron Stauth après l’annonce des dix premiers noms.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="padding-left: 40px;">« Je pense qu’on mérite tous les deux d’être dans l’équipe. Beaucoup de gens vous diraient que nous sommes les deux joueurs les plus talentueux de la ligue ; ce n’est pas MOI qui dis ça, mais beaucoup de gens le disent.</p>
<p style="padding-left: 40px;">Si tel est le cas, alors le bon sens voudrait que nous y soyons tous les deux. Après ça, prenez tous ces autres gars. »</p>
</blockquote>
<p>La liste des Dream Teamers originels est annoncée le 21 septembre 1991 dans une émission spéciale sur NBC, produite dans les studios flambant neufs de NBA Entertainment, un autre signe s’il en fallait un de la croissance médiatique et financière spectaculaire de la ligue au début des années 90.</p>
<p>Magic et Larry sont de la partie. L’annonce de la participation de Jordan met enfin officiellement fin au suspense.</p>
<p><strong>John Stockton</strong> a pris la place d’Isiah Thomas, <strong>Charles Barkley</strong> n’a pas été pénalisé par sa grande gueule et son comportement sulfureux, <strong>Karl Malone</strong>, <strong>Patrick Ewing</strong> et <strong>David Robinson</strong> sont des choix évidents à l’intérieur, <strong>Chris Mullin</strong> sera le shooteur attitré que Reggie Miller et Joe Dumars auraient aimé être, et <strong>Scottie Pippen</strong> aura finalement l’occasion de régler ses comptes avec <strong>Toni Kukoc</strong>.</p>
<p>Dix joueurs fabuleux, mais pas tous incontestables.</p>
<p><a class="read-too" href="https://www.basketsession.com/actu/toni-kukoc-the-last-dance-drama-nba-bulls-544633/" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-title="A lire aussi">Toni Kukoc soulé par les 2 premiers épisodes de The Last Dance</a></p>
<p>Ceux qui avaient tenu jusqu’à la liste des seize, bien sûr, auraient parfaitement pu faire partie de l’équipe sans qu’il y ait scandale. Tout comme certains noms rayés de la première liste de Chuck Daly, comme <strong>Dominique Wilkins</strong>, l’une des grandes stars des années 80, ou <strong>Tim Hardaway</strong>, l’étoile montante au poste 1, ou encore des vétérans couverts de succès comme <strong>James Worthy</strong> et<strong> Kevin McHale</strong>.</p>
<blockquote><p>« J’espère sincèrement que le comité de sélection accordera l’une des deux dernières places dans l’effectif à Isiah », déclare Magic dans un communiqué de presse avec une hypocrisie qui fleure bon l’esprit olympique. Jordan a dû en rire pendant longtemps.</p></blockquote>
<h2>Laettner plutôt que Shaq</h2>
<p>Les deux dernières places au sein de la Dream Team promettent d’être chères. Entre les nombreux joueurs laissés sur le carreau en première instance et la volonté de faire plaisir aux cadres de USA Basketball en laissant au moins une place pour un joueur NCAA (« amateur », donc), et même idéalement deux, la saison s’annonce longue.</p>
<p>Les pros non retenus savent que de leurs performances va dépendre leur place dans cette équipe dont tout le monde parle déjà comme s’apprêtant à écrire l’Histoire, et les petites tensions entre NCAA et NBA autour de la sélection risquent de refaire surface. Les noms sont annoncés en mai 1992.</p>
<p>Contrairement à ce que l’on a pu croire depuis, l’identité de l’heureux « amateur » n’a jamais fait de doute après sa fabuleuse carrière universitaire : ce sera <strong>Christian Laettner</strong>, double champion en titre et habitué des équipes nationales de jeune, et non <strong>Shaq</strong>. Quant au dernier pro, c’est finalement Drexler, qui a le bon goût de hisser ses Blazers à leur deuxième finale en trois ans pour confirmer le choix du comité.</p>
<p>L’Histoire a finalement bien voulu de Clyde et a décidé d’épargner Isiah. Invité à faire partie de la « Dream Team II » par USA Basketball qui voulait manifestement se donner bonne conscience, Thomas n’aura finalement jamais eu l’occasion de porter le maillot de la sélection.</p>
<p>La blessure au tendon d’Achille qui a mis un terme à sa carrière pro a du même coup enterré définitivement ses espoirs internationaux… et c’est sans doute mieux ainsi. Lui qui n’a pas eu la chance de jouer pour l’équipe la plus folle de tous les temps ne méritait tout de même pas de se retrouver dans la plus détestable.</p>
<p><iframe title="Croatia vs. USA ft Michael Jordan &amp; The Dream Team - Basketball Replays | Throwback Thursday" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/hiK1Pzq7v3M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><em>Crédit photos : NBAE</em></p>
<p><a class="read-too" href="https://www.basketsession.com/NBA/larry-bird-dream-team-trashtalk-rodney-rogers-601376/" target="_blank" rel="noopener" data-title="A lire aussi">Le trashtalk génial et méconnu de Larry Bird avec la Dream Team</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fou, hors du commun, sensible&#8230; mais qui est vraiment Dennis Rodman ?</title>
		<link>https://www.basketsession.com/NBA/fou-hors-du-commun-sensible-mais-qui-est-vraiment-dennis-rodman-544976/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Pimmel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2020 12:18:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Chicago Bulls]]></category>
		<category><![CDATA[Chuck Daly]]></category>
		<category><![CDATA[Dennis Rodman]]></category>
		<category><![CDATA[Detroit Pistons]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Jordan]]></category>
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		<category><![CDATA[San Antonio Spurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/DENNIS-RODMAN-MAG.jpg" alt="Fou, hors du commun, sensible&#8230; mais qui est vraiment Dennis Rodman ?" /></div><p>Réputé aussi bien pour ses frasques et son extravagance que ses rebonds, Dennis Rodman est un personnage à part dans le paysage NBA. </p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/DENNIS-RODMAN-MAG.jpg" alt="Fou, hors du commun, sensible&#8230; mais qui est vraiment Dennis Rodman ?" /></div><p>Les cheveux teints en jaune. Ou en vert. Voire même en rouge. Les tatouages. Ou les piercings. C’est ce qui distingue <strong>Dennis Rodman</strong>. Mais aussi les trois titres avec les Chicago Bulls, les deux trophées de DPOY et, bien sûr, les rebonds. L’homme, déjanté, et l’athlète, incroyable. Mais qui est-il vraiment ? Et si tout ceci n’était qu’une façade ? Un personnage créé pour masquer un être humain au parcours touchant, déroutant et finalement glorieux. Essayons de partir à la découverte d’un Hall Of Famer vraiment pas comme les autres.</p>
<p>S’il est si différent, c’est aussi parce qu’il a eu une vie difficile. Natif du New Jersey, il a grandi dans l’un des quartiers les plus pauvres de Dallas. Sans figure paternelle. Ce dernier ayant quitté le foyer alors que Dennis était encore tout jeune.</p>
<p style="padding-left: 40px;"><span style="color: #808080;">« <em>Je n’ai pas vu mon père depuis trente ans, donc ce n’est pas comme s’il pouvait me manquer… Mais je vois ça comme ça : un homme m’a mis au monde. Ça ne veut pas dire que c’est nécessairement mon père</em> », écrivait le joueur en 1997.</span></p>
<p>Il a donc été élevé par sa mère, seule, et ses deux sœurs. Très vite exposé à la drogue et à la violence, sans pour autant basculer dedans. Une histoire comme celle de nombreux jeunes Américains dans le ghetto.</p>
<h2>Dennis Rodman, un parcours unique</h2>
<p>Sauf que ça a vite pris une tournure dramatique. Sa mère était bien plus intéressée par les deux filles que par son garçon, dont elle a même voulu se séparer quand il avait quatre ans. Debra et Kim, les deux sœurs, étaient meilleures au basket (et elles ont d’ailleurs été distinguées dans le championnat universitaire). Rodman, lui, pouvait à peine « <em>mettre un layup</em> » selon ses propres mots. Elles gagnaient des titres au lycée tandis que l’aîné se faisait recaler de l’équipe. Un avenir en NBA n’était pas improbable mais plutôt carrément impossible.</p>
<p>Voire même un avenir tout court. Parce que le jeune homme s’est retrouvé à la rue à sa sortie du secondaire. <a href="https://www.reddit.com/r/nba/comments/g5tpl2/dennis_rodman_didnt_play_high_school_basketball/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Brièvement sans domicile fixe et obligé de bosser comme gardien de nuit à l’aéroport international de Dallas</a>. Puis l’adolescent gringalet a connu une poussée de croissance. Plusieurs centimètres en plus qui l’ont motivé à se remettre à son sport de prédilection. Mais comment attirer l'attention des facultés sans même avoir joué au lycée ? C’est par piston qu’il a pu intégrer l’université de Cooke County, au Texas. Il n’y est resté qu’un semestre. Pour 17,6 points et 13,3 rebonds de moyenne.</p>
<p>Mais en l’absence de bons résultats scolaires, Dennis Rodman a dû une nouvelle fois prendre un autre chemin. Peu conventionnel. Ça l’a mené dans l’Oklahoma, et plus précisément à Southeastern Oklahoma State. Un programme qui évoluait en NAIA – comme <strong>Scottie Pippen</strong> avec Arkansas State – un échelon évidemment inférieur à la NCAA. Hébergé par une famille blanche qui ne voulait pas de lui parce qu’il était noir, mais qui l’a finalement accepté parce qu’il était très proche de leur fils, il s’est mué en cowboy capable de gérer une ferme et de conduire un tracteur. Tout en s’illustrant sur les terrains de basket grâce à ses qualités athlétiques : presque 26 points et 16 rebonds en trois saisons. Il a fini par se faire remarquer par les Detroit Pistons, qui l’ont récupéré à la fin du second tour de la draft 1986, à 25 ans. Waouh.</p>
<h2>DPOY et champion NBA</h2>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-544424" src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-detroit-pistons.jpg" alt="dennis rodman detroit pistons" width="1400" height="851" srcset="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-detroit-pistons.jpg 1400w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-detroit-pistons-313x190.jpg 313w" sizes="(max-width: 1400px) 100vw, 1400px" /></p>
<p>Le signe d’un homme qui a souffert pour en arriver là. Ou peut-être celui d’un homme qui souffre toujours. Tout a dérapé en février 1993. Traumatisé par son divorce avec Annie Bakes, attristé par le départ de <strong>Chuck Daly</strong>, un père spirituel pour lui, du banc des Pistons, il finit par craquer. Enfin presque. Il a décidé de mettre un terme à ses jours. Il s'est donc rendu à la salle, armé… pour finir par s’endormir dans la voiture, pistolet à la main. La police l’a retrouvé le lendemain. C’est le début des gros titres. Et ça ne s’est pas arrêté là. Quelques mois plus tard, Dennis Rodman a demandé son transfert. Direction les San Antonio Spurs.</p>
<ul>
<li>
<h3><strong>Dennis Rodman, <a href="https://www.basketsession.com/actu/dennis-rodman-suicide-pearl-jam-460591/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sauvé du suicide par Pearl Jam en 1993</a></strong></h3>
</li>
</ul>
<p>C’est un homme nouveau qui fait son retour dans le Texas. Il avait promis de « <em>tuer l’imposteur</em> » qui vivait dans son corps. Il a tenu parole. Place maintenant à un individu libéré. Qui exhibe des teintures de cheveux loufoques, affiche sa bisexualité et vit même une relation passionnée avec Madonna – leurs ébats étant même très documentés sur internet. L’icône de la pop a d’ailleurs eu une influence importante sur lui et sur son développement. Elle l’a encouragé à « <em>être lui-même.</em> » Sans avoir peur du regard des autres. Une philosophie embrassée à 100% par Rodman. Ça ne collait pas spécialement avec les Spurs. Leur intérieur multiplie les rebonds mais aussi les sauts d’humeur. Au point d’être chassé, cette fois-ci du côté de l’Illinois.</p>
<h2>Le rebelle des Bulls</h2>
<figure id="attachment_544685" aria-describedby="caption-attachment-544685" style="width: 1155px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-full wp-image-544685" src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-Bulls.jpg" alt="dennis rodman Bulls" width="1155" height="600" srcset="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-Bulls.jpg 1155w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-Bulls-234x121.jpg 234w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-Bulls-640x332.jpg 640w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/dennis-rodman-Bulls-313x163.jpg 313w" sizes="(max-width: 1155px) 100vw, 1155px" /><figcaption id="caption-attachment-544685" class="wp-caption-text">dennis rodman Bulls</figcaption></figure>
<p>« The Worm » menait une vie décalée. Des fêtes, de la drogue, de l’alcool, des femmes… « <em>Un rebelle</em> », comme le dépeint <strong>Phil Jackson</strong> dans « The Last Dance ». Mais un rebelle avec une condition physique impeccable malgré une routine hors du commun. Pour preuve cette anecdote racontée dans le documentaire diffusé sur ESPN et Netflix. Alors qu’il venait de plus ou moins imposer un « break » à Las Vegas au milieu de la saison, Rodman se pointe à l’entraînement après 72 heures de club, d’ivresse et de sexe. Pour le remettre en forme, le coach des Bulls décide de faire un exercice de course en file indienne où le dernier doit rattraper le premier à chaque coup de sifflet. <strong>Michael Jordan</strong> et ses partenaires ont mis quatre tours avant de le doubler ! Et que dire du jour où, en pleine finales NBA 97, il a décidé de se faire un autre trip à Vegas (encore) pendant deux jours de suite, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=hqrlVeP6puQ" target="_blank" rel="noopener noreferrer">tout en prenant juste le temps de faire la navette à Salt Lake City pour le shootaround</a> ?</p>
<ul>
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<h3><a href="https://www.basketsession.com/actu/the-last-dance-episodes-3-4-michael-jordan-dennis-rodman-544905/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">RECAP THE LAST DANCE, épisodes 3 et 4</a></h3>
</li>
</ul>
<p>Un sacré animal. Mais loin d’être un cas social. Ou même un cancer dans une équipe. Au contraire. Il voulait faire partie d’un groupe. Ce sentiment d’appartenance, très important à ses yeux, tout en gardant sa liberté. Et surtout, il se donnait à fond pour les autres. Un vrai altruiste. Un régal pour les coaches, parce qu’il va au combat, ne baisse pas les bras et laisse ses tripes sur le parquet. Le grand Chuck Daly l’avait pris sous son aile. Le légendaire Phil Jackson l’a fait venir à Chicago. Tout sauf un hasard.</p>
<p>Les épreuves de la vie lui ont donné la rage de vaincre. Une détermination presque à toute épreuve. C’est ce qui le qualifie. Mais en tant que basketteur, il était bien plus que ça. « <em>Le meilleur défenseur sur l’homme </em>», selon le journaliste David Aldridge. <a href="https://www.basketsession.com/actu/nba-dennis-rodman-stats-defense-544727/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Pourtant, il n’a jamais compilé ne serait-ce qu’une interception ou un contre de moyenne tout au long de sa carrière</a> ! Et bien ça ne l’a pas empêché d’être nommé sept fois dans le meilleur cinq défensif de la ligue. Alors, bien sûr, il y avait ses rebonds. Sans doute le meilleur joueur de l’histoire dans ce domaine. Sept saisons de suite en tête de la ligue. Un record. Des pointes au-dessus des 18 prises de moyenne sur un exercice. Et plus de 13 sur l’ensemble de sa carrière.</p>
<p>Des performances dingues qui témoignent de son agilité, de sa capacité à sauter plus vite et plus souvent que les autres, mais aussi un sacré sens du placement.</p>
<p style="padding-left: 40px;"><span style="color: #808080;">« <em>Je m’entraînais à 3 ou 4 heures du matin avec mes amis. Je les faisais shooter et j’étudiais toutes les trajectoires du ballon selon l’emplacement du shooteur</em> », confiait l’intéressé dans « The Last Dance. »</span></p>
<p>C’était aussi un joueur très intelligent. Capable de défendre sur plusieurs profils en anticipant les mouvements offensifs. Dur sur l’homme. Solide. Vif. Endurant. Ce qui le rapproche d’un <strong>Draymond Green</strong>. Ou plutôt l’inverse d’ailleurs.</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-544925" src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/Dennis-Rodman-dingue.jpg" alt="Dennis Rodman dingue" width="1155" height="600" srcset="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/Dennis-Rodman-dingue.jpg 1155w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/Dennis-Rodman-dingue-234x121.jpg 234w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/Dennis-Rodman-dingue-640x332.jpg 640w, https://www.basketsession.com/statics/uploads/2020/04/Dennis-Rodman-dingue-313x163.jpg 313w" sizes="(max-width: 1155px) 100vw, 1155px" /></p>
<ul>
<li>
<h3><strong><a href="https://www.basketsession.com/actu/nba-dennis-rodman-rules-chicago-bulls-544904/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">A LIRE AUSSI</a> : "Rodman Rules" expliquées, pourquoi il était le meilleur</strong></h3>
</li>
</ul>
<p>Comme quoi on peut être perçu comme un marginal et tout de même contribuer au succès de ses équipes. Il a cinq bagues. C’est un gagnant. Ça fait partie de son ADN. Au final, c’est un type qui était content de pouvoir faire un job qui le passionne. Content de pouvoir s’intégrer à un groupe. Content de pouvoir contribuer au succès des siens chaque jour. Un homme sensible derrière la carapace. Un homme qui voulait de l’attention, comme le jour où il a finalement mal vécu le retour de Scottie Pippen de blessure en 1997. Pendant des semaines, il était le lieutenant de Jordan. Un rôle qu’il appréciait. Parce qu’il voulait être reconnu pour son boulot. Comme tout le monde.</p>
<p style="padding-left: 40px;"><span style="color: #808080;">« <em>Il a une personnalité différente de celle qu’il montre. Les cheveux, les tatouages, les tenues, c’est venu après. Quand on me parle de lui, je repense à qui il était quand je l’ai rencontré : un gars sensible, émotif. Un vrai bon gars</em> », notait <strong>Chris Mullin</strong>.</span></p>
<p style="padding-left: 40px;"><span style="color: #808080;">« <em>J'aurais voulu que les gens connaissent le vrai Dennis Rodman. L'un des mecs les plus gentils. Un vrai introverti</em> », ajoutait <strong>Alex English</strong>.</span></p>
<p>Finalement, peut-être que Dennis Rodman est juste un mec… normal ? Le plus bizarre des hommes normaux de cette planète. Mais un type normal quand même.</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>The Jordan Rules</title>
		<link>https://www.basketsession.com/NBA/the-jordan-rules-294998/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Gauchot]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2015 11:33:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Bill Laimbeer]]></category>
		<category><![CDATA[Chicago Bulls]]></category>
		<category><![CDATA[Chuck Daly]]></category>
		<category><![CDATA[Dennis Rodman]]></category>
		<category><![CDATA[Detroit Pistons]]></category>
		<category><![CDATA[Isiah Thomas]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Dumars]]></category>
		<category><![CDATA[Jordan Rules]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Jordan]]></category>
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					<description><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2015/09/michael-jordan-detroit-pistons-jordan-rules-1200-ars-1100x673.jpg" alt="The Jordan Rules" /></div><p>Avant de devenir l’un des plus grands winners de l’histoire du sport, Michael Jordan a été stoppé par les Detroit Pistons et leurs Jordan Rules. On vous raconte comment.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin:10px auto"><img src="https://www.basketsession.com/statics/uploads/2015/09/michael-jordan-detroit-pistons-jordan-rules-1200-ars-1100x673.jpg" alt="The Jordan Rules" /></div><p>Il est, encore aujourd’hui, le plus Grand. Il a tout gagné, élevé son sport à un niveau de performance que même LeBron n’a pas encore atteint. On vous épargnera ses chiffres et son CV, tout le monde les connaît. Pour le Grand Public, c’est le gagneur ultime, celui qui n’a jamais failli. Un type qui réussit à faire passer ses 63 points face aux Celtics 86 comme une performance supérieure au sweep méthodique infligé par Larry et ses Leprechauns mécaniques a clairement réussi son coup : laver le cerveau des observateurs, et ne focaliser que sur ses réussites. Ce soir d’avril 1986, les 62 tirs et lancers cumulés tentés par Jordan éclipsent le jeu d’équipe victorieux des Celtics et met la lumière sur la perf individuelle pure, au point d’en faire oublier le score final. Même ritournelle un an plus tard. Le loustic finit la saison avec 37.1 de moyenne, des stats d’une autre époque. Là encore, Chicago ne fait pas long feu, ne gagne toujours rien en playoffs, mais la saison pac-manienne établie par sa Majesté des Airs et la prise de conscience qu’absolument personne ne peut l’arrêter semblent suffisantes et acceptables pour le déresponsabiliser d’un nouveau sweep. Enfin presque : tout semble enfin bouger lors de l’intersaison 87. Au vu du relevé de notes de son dernier exercice, les Bulls savent désormais qu’ils détiennent le meilleur joueur de basket pour les 10 ans à venir. Il faut donc bâtir avec lui. Et la construction est fiable et rapide : Pippen arrive via un montage à la draft, Cartwright ne tarde pas ; Horace Grant, son gros cul et ses lunettes de soudeur suivent. Pour quiconque aujourd’hui, tous ces noms riment avec « threepeat ». Et pourtant, de 1988 à 1990, période où ses Bulls commençaient enfin à ressembler à quelque chose collectivement, Michael Jordan a enchaîné les désillusions. On ne sait pas si tout le monde réalise bien la chose : Michael Jordan a échoué dans l’atteinte d’un objectif réaliste pour lui. Trois années de suite. Une sorte d’anomalie de l’histoire, méconnue de manière parfois injuste, autant pour ceux qui souhaitent comprendre comment MJ est arrivé tout en haut, que pour ceux qui sont parvenus à contenir la bête. La faute à Chuck Daly.</p>
<blockquote class="exergue exergue-right"><p>Quand soudain, sur un vulgaire rebond défensif mal protégé, Rick Mahorn chope Jordan et l’envoie à terre. Baston générale. La première d’une longue série. </p></blockquote>
<p>Et aussi à Rick. Rick Mahorn, sa bouille d’hyper-sensible et son physique de botaniste. Nous sommes le 17 janvier 1988, le basket de David Stern pétille, sort de près de 10 ans d’une rivalité Bird – Celtics / Magic – Lakers d’un niveau qui n’avait plus été atteint depuis les retraites de Russell et Chamberlain. La NBA est sauvée, remobilise les foules et les marchés, déploie un basket ultra offensif, et plane déjà sur la domination à venir du numéro 23. Quand soudain, au détour d’une banale rencontre de plus entre Detroit et Chicago, sur un vulgaire rebond défensif mal protégé, Rick le Bouddhiste chope Jordan par le buste, la gorge, les épaules et le menton, avant de l’envoyer à terre. Baston générale. Ce sera la première d’une longue série. Charles Oakley veut tuer Mahorn. Mahorn n’a pas l’intention de décéder. Quasiment tout le monde s’en mêle. Même Doug Collins. Tel un bébé dinosaure, le coach des Bulls, qui passe habituellement l’intégralité des matches un genou fier à terre avec une serpillère à portée de main, perd son flegme naturel de stagiaire au Crédit Mutuel et saute maladroitement sur l’intérieur des Pistons. Une rivalité mesurée aux montées de testostérone et à la multiplication des poches de glace est née. Pour David Stern, ça sent mauvais : le basket sale et méchant pointe le bout amoché de son nez.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><strong><em>« Ca veut dire que même quand il ira aux chiottes, on sera là. »</em></strong></h2>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-universe wp-image-295012" src="https://www.basketsession.com/wp-content/uploads/2015/09/si-cover-michael-jordan-joe-dumars-298x384.jpg" alt="si cover-michael jordan joe dumars ars" width="298" height="384" />Il est évident que le Jordan des années 90 n’auraient jamais atteint ce niveau sans s’être frotté aussi agressivement à cette bande de tarés et à son coach adepte de la fausse piste et de la modestie tactique.</p>
<p>Immense entraîneur, incontestable meneur de bonhommes - il a simultanément dompté Rodman, cru en Laimbeer, durcit Dumars et libéré Thomas - et surtout as de la com’, Chuck Daly était probablement le meilleur coach de son époque, et le meilleur coach possible pour cette équipe-là. Pendant un peu plus de 3 ans, lui et ses joueurs ont pris un malin plaisir à noyer le poisson quant à l’existence avérée d’un traitement de faveur plus ou moins appliqué sur l’Elu. Les Jordan Rules existent-elles vraiment ou bien s’agit-il d’une simple défense agressive sur la plus grande menace adverse ? Etait-ce une expression toute faite pour vendre les séries de playoffs à venir ou bien y avait-il clairement un carnet de jeu déclinant différentes options tactiques visant à stopper superman ? Réponses : A) puis B) mon Général.</p>
<p>Jordan à part, les jeunes Bulls ont alors très peu de talent. Sans lui, ils joueraient pour la 12 ou 13<sup>ème</sup> place à l’Est. Guère plus. Dans l’euphorie d’une domination écrasante d’un soir de Premier League, Patrice Evra avait comparé les Gunners d’Arsenal – ses victimes du jour - à une équipe d’enfants. Les Bulls de 88 ? C’était à peu près la même chose. Du cinq de départ au coach lui-même, il y avait trop d’innocence et d’insouciance dans ce groupe pour faire le poids face à un gang aussi burné. Même leurs rares élans de colère prêtaient à confusion tant ils manquaient de charisme et de conviction. Malaise. Mais au milieu scorait un Arrière. Esseulé dans cette équipe trop tendre pour lui, Jordan a très vite décidé de ne jamais abdiquer. </p>
<blockquote class="exergue exergue-right"><p>Chuck Daly était convaincu que Michael Jordan pouvait être ralenti et usé par le biais d’un effort collectif. Physiquement, tactiquement, et psychologiquement.</p></blockquote>
<p>Et ça, Chuck l’a très bien compris. Il était suffisamment lucide pour savoir qu’un tel phénomène ne pourrait pas être arrêté. En revanche, Daly était convaincu qu’il pouvait être ralenti et usé par le biais d’un effort collectif. Physiquement, tactiquement, et psychologiquement. Physiquement, car ce Detroit-là était costaud, et avait soif de souffrances. No pain, no gain. Tactiquement, en déployant méthodiquement et durablement 70 à 80 % de ses troupes sur la menace Jordan et en le coupant du reste de son équipe. Et psychologiquement : en ignorant tactiquement la présence des autres Bulls sur le parquet, Daly et les Pistons murmurent grosso modo à l’oreille des taureaux les délicatesses suivantes : « Vous ne valez rien. Sans lui, vous seriez déjà en vacances, et vous le savez très bien. Vous n’avez rien à faire en demi-finale ou finale de conférence. Et pour vous le prouver, on va vous laisser shooter en toute liberté, et, assis sur ce qu’il reste du corps de votre arrière fétiche, on finira nos fonds de bouteilles de champions en vous regardant tout rater. »</p>
<p>Si le diagnostic de Daly est simple, son plan d’action semble l’être encore plus. Un soir de playoffs au défunt Chicago Stadium, un journaliste un peu trop curieux et malicieusement attiré par l’odeur du sang demande à Coach Daly en quoi consiste les Jordan Rules. C’est l’un des premiers à s’y risquer. Réponse habile de Monsieur Daly : « <em>Ca veut dire que même quand il ira aux chiottes, on sera là.</em> » Sujet désamorcé. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, les rieurs suivent. As de la com’, on vous disait.</p>
<h2><strong><em>C’est comment qu’on le freine ?</em></strong></h2>
<p>En 88, le jeune Jordan a trois rampes de lancement à partir desquelles il est létal. La tête de raquette, qu’il contourne légèrement par la droite (sa main préférentielle). Le positionnement à 45°du panier, qui lui permet de partir ligne de fond et de monter au cercle. Et le jeu en post-up. Son tir à 3-points qui en est alors à ses balbutiements, est totalement inoffensif, ce qui facilitera l’occupation de l’espace défensif pour les Pistons.</p>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-universe wp-image-295013" src="https://www.basketsession.com/wp-content/uploads/2015/09/michael-jordan-isiah-thomas-jordan-rules-ars-298x384.jpg" alt="Michael Jordan Isiah Thomas Jordan Rules ars" width="298" height="384" />Selon Daly et son staff, pour contrarier l’évolution de la nature, il fallait donc bâtir une gigantesque structure sur des fondations que l'on pourrait résumer ainsi :</p>
<h4><strong><em>1 : l’orienter sur sa mauvaise main</em></strong>.</h4>
<p>Vous nous direz qu’on enfonce ici une porte grande ouverte, mais forcer son vis-à-vis à porter le ballon là où il l’aime le moins, c’est le b.a.-ba du métier. Et Daly n’est pas du genre à négliger les détails fondamentaux de la défense. C’est du classique, mais le taux de réussite aux tirs décline, la confiance du shooteur en prend un coup, et c’est bien ça l’objectif.</p>
<h4><strong><em>2 : l’orienter dans ses zones d’inconfort</em></strong>.</h4>
<p>Partir ligne de fond pour exploiter ses appuis et sa vitesse naturelle lui permettaient de déposer tous ses défenseurs avant d’aller inscrire 2 points faciles. Il a donc fallu que les Pistons apprennent à verrouiller collectivement ce chemin pour l’obliger à emprunter l’itinéraire bis, dans la peinture, où la toile d’araignée était prête à le cueillir. Un Jordan qui repique au centre est un Jordan qui va plutôt stopper son drive sur la ligne des lancers-francs pour armer un jump shot statistiquement moins fiable. Et ça, Detroit l’a très bien compris. Chuck a donc sorti son pied à coulisse pour faire comprendre à Dumars, puis Rodman, puis Laimbeer quand, où et comment déclencher leurs aides pour bloquer le passage devant, autour, et au-dessus de Jordan.</p>
<h4><strong><em>3 : Les prises à 2 sans ballon</em></strong></h4>
<p>Quand Michael décidait de jouer l’attaque en post-up, attendant le ballon dos au panier, la gestion collective et millimétrée de l’espace appliquée par Detroit leur permettait d’anticiper la passe qu’il attendait. Privé de ballons dans cette zone, Jordan ne peut qu’assister, impuissant, à l’échec du passeur devenu tireur. Detroit appliquait en fait une fausse défense individuelle sur tout le 5 des Bulls, mais une authentique défense de zone sur un seul joueur.</p>
<h4><strong><em><img decoding="async" class="alignright size-universe wp-image-295016" src="https://www.basketsession.com/wp-content/uploads/2015/09/michael-jordan-bill-laimbeer-jordan-rules-298x384.jpg" alt="Michael Jordan Bill Laimbeer Jordan Rules" width="298" height="384" />4 : concentrer le feu défensif sur la raquette.</em></strong></h4>
<p>Mettre un pied dans la peinture des Pistons pour Jordan, c’était comme tenter d’aller au pain à Beyrouth un jour d’alerte à la bombe. Accès refusé. Pas de basket. Une défense si stricte si près du cercle provoque des shoots manqués, et permet ainsi de détruire le rebond adverse. Aguirre, Salley, Rodman, Mahorn, Laimbeer, Edwards, six titulaires potentiels dans n’importe quelle raquette de la ligue, mais tous dans la même équipe, gobaient alors tout ce que le cercle refusait, toujours placés en bon ordre de cueillette, avec leurs appuis industriels, et leurs jambes d’une puissance peu commune. Du rebond en gros volume.</p>
<h4><strong><em>5 : la force du nombre – l’invention des prises à 3 et demi</em></strong></h4>
<p>Face aux Pistons, Jordan était officieusement le meneur de jeu des Bulls. Il portait fréquemment le ballon et l’attaque dès que Detroit venait de marquer. Dumars était toujours collé à son cul, une main baladeuse sur la hanche, un coude amical dans les côtes ; Rodman attendait patiemment 3 mètres derrière qu’il vienne s’enfermer dans la peinture pour doubler la défense, et Laimbeer se chargeait d’apporter sa taille et son fair-play pour menacer d’un contre ou d’un contact au cas où le 23 réussirait encore à armer un lay-up pénible. L’honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaître que parfois, au détour de ces délicates parties fines à trois, un quatrième larron venait se joindre à la fiesta, moins pour contribuer à une défense déjà en place que pour le plaisir de s’essuyer ‘involontairement’ les genoux et les coudes sur les cuisses de MJ. Quoiqu’il en soit, en enfermant Jordan de la sorte, impossible pour lui de trouver une ligne de passe pour ses coéquipiers démarqués.</p>
<h4><strong><em>6 : l’épuiser des 2 côtés du terrain, avec et sans le ballon.</em></strong></h4>
<p>La défense de Jordan se devait d’être aussi éreintante que son jeu d’attaque. Le porteur de balle des Pistons était donc systématiquement celui qui avait Jordan sur le dos. Et comme les choses sont parfois bien faites quand on les provoque intelligemment, Jordan étant à cette époque la meilleure aide défensive de son équipe, il se chargeait donc tout seul de s’épuiser encore plus en rotation pour tenter de contrer Aguirre ou Salley en second rideau. Comme un grand. Son obsession maladive de la victoire en a fait un défenseur féroce et redoutable, mais au prix d’un souci d’économie physique inexistant. Daly n’a eu qu’à prendre l’aspiration défensive du 23, en sollicitant les deux hommes de son effectif que Jordan pouvait contenir dans son périmètre de rotation, mais au prix d’efforts multiples, et pas forcément payants. S’il avait pu le faire défendre sur l’organiste de la salle, ou sur le mec un peu louche qui revend ses billets au noir en plein blizzard, Chuck aurait trouvé un moyen légal de le faire. Et probablement avec la faute. Face aux Pistons et plus que quiconque dans sa carrière, Jordan a probablement davantage couru sans ballon que contre n’importe quelle autre équipe. Se démarquer face à eux impliquait une débauche d’énergie monumentale, des trajectoires toujours plus larges, au déséquilibre croissant, et contribuait à l’épuisement progressif et irréversible du 23.</p>
<h2><strong><em>« Et le trophée Bernard Koushner du retournement de veste le plus couillu pour les saisons 88 à 90 revient à …. »</em></strong></h2>
<h4><strong><em><img decoding="async" class="alignleft wp-image-295017 size-full" src="https://www.basketsession.com/wp-content/uploads/2015/09/michael-jordan-dennis-rodman-jordan-rules-ars-e1443437692342.jpg" alt="Michael Jordan Dennis Rodman Jordan Rules ars" width="300" height="557" />7 : la dimension physique</em></strong></h4>
<p>Nombre d’équipes de la ligue ont tenté d’appliquer les Jordan Rules sur l’Elu, mais en vain. Ses mêmes équipes, qui trouvaient que le jeu intimidant des Pistons allaient au-delà de l’acceptable et qui étaient les premières à s’en plaindre ont tout de même tenté de le reproduire avec les mêmes intentions. Les vilains Pistons qui font bobo et ne respectent rien ont donc bon dos dans cette affaire. Enfin surtout les gueules de l’emploi. Comme quoi, défendre sur Jordan ne se limitait pas à mettre des coups gratos et à traiter sa mère. Ce n’était pas donné à tout le monde. A personne d’autre, en fait. Il fallait de la densité physique, d’une part pour suivre son rythme effréné, d’autre part pour lui faire comprendre que chaque panier tenté près du cercle impliquait systématiquement le risque de blessure et le souffle chaud de la poche de glace et de la rééducation dans la nuque.</p>
<h4><strong><em>8 : rendre l’adversaire fou : Bill « what foul ?!?! » Laimbeer et Dennis ‘Romantic’ Rodman.</em></strong></h4>
<p>S’il y en a bien deux à sortir du lot, ce sont eux. Avant de devenir mi-pastel mi-métal, Denis Rodman a eu les pores propres, les cheveux courts, la raie sur le côté et la caboche pas encore totalement envahie par ses démons, car bien assainie par coach Daly. L’arrivée de Rodman dans cette équipe a probablement été l’élément décisif qui permit à Daly de commencer à bâtir son plan anti-Jordan. Il savait qu’il disposait d’un 4 ample comme un ailier, qui sent les rebonds comme un pivot et qui se déplace comme un arrière. Jackpot. Chuck a eu le meilleur de Rodman parce qu’il l’a coaché comme un père coache son fils. La dévotion défensive dans les aides et les prises de rebonds pue la recherche de reconnaissance paternelle à plein nez chez lui. Daly la lui a donné, et en lui offrant 2 titres, lui a prouvé que ça rapportait. Dans un tout autre style, Laimbeer a catalysé à lui seul toute la haine d’un pays. Vicieux, malin, grande gueule, dur au mal et théâtral, l’inventeur du flop a épongé les rages de toute une ligue et focalisé sur lui seul la discipline de bien des arbitres. Il était constamment en première ligne, dans 90 % des sales coups, le détonateur naturel des rixes. L’impact de Laimbeer était double : rentrer dans la tête de l’adversaire pour que celui-ci en sorte ; et ressouder toute son équipe en affichant une absence totale de peur. Oakley et Cartwright étaient physiquement bien plus impressionnants que lui, et pourtant, c’est Bill le farceur qui sortait plus souvent vainqueur. Sortir l’adversaire de son match par intimidation physique ou verbale était sa griffe. Et plus le ton montait, mieux il jouait. Il pouvait se prendre une chiée de tomars sur la gueule – et il en prenait – mais il se foutait du poster, et pensait déjà à provoquer un nouveau pétage de plomb en surfant sur la jubilation toute fraîche du dunkeur : une pose d’écran à l’impact dégueulasse mais au timing parfait à peine la remise en jeu effectuée, et le scoreur d’en face perd ses nerfs et récolte une technique.</p>
<blockquote class="exergue exergue-right"><p>Humilié par Chicago lors de la finale de conférence 1991 (0-4), Detroit ne terminera même pas le dernier match, et quittera insolemment le parquet quelques secondes avant la fin.</p></blockquote>
<p>Ce règlement intérieur a fonctionné pendant 3 ans, fructifié par autant de finales NBA jouées, et presque toutes gagnées. A quelques rares exceptions, chaque fois que Detroit contenait Jordan à moins de 30 points/match, les Bulls perdaient. Mais la montée en puissance du duo Jordan/Pippen, le développement de menaces multiples (Paxson, Grant, BJ Armstrong), la prise en main tactique de Phil Jackson, et l’envie rageuse de tout gagner, ajoutés au vieillissement des Pistons et à l’usure mentale de l’équipe ont fini par faire basculer les scores dans l’autre sens. Humilié par Chicago lors de la finale de conférence 1991 (0-4), Detroit ne terminera même pas le dernier match, et quittera insolemment le parquet quelques secondes avant la fin. Une sortie indigne diront certains, mais finalement pas si surprenante que ça quand on sait qu’ils n’étaient pas à une provocation près : les Bad Boys, ceux-là même qui ont méprisé les règles et les arbitres saisons après saisons, ont poussé le culot jusqu’à inventer une réglementation visant à discipliner le sale gosse d’en face qui, à leurs yeux, se prend clairement pour quelqu’un d’autre. Et oui, les Pistons se sont pliés aux principes d’un règlement...Le leur, certes, mais tout de même.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, cette désertion devenue légendaire a débloqué dans un soulagement général toutes les rotatives du pays qui étaient déjà calibrées depuis deux bonnes années pour imprimer les hors-séries voulant marquer le coup au fer rouge. A cause de ce gang unique, la mise en route de l’histoire a été retardée, mais pour la bonne cause. Car grâce à eux et leurs politesses tactiques, Jordan est devenu l’icône du gagneur maladif qui a élevé le niveau et l’impact de son sport à des altitudes insoupçonnées. Alors, merci qui ?</p>
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<h2>Les Jordan Rules en vidéo :</h2>
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