Ça ne se voit pas toujours mais Al Horford rentabilise ses millions

Star la plus discrète de la NBA, le pivot des Celtics a pourtant un énorme impact sur les bons résultats de son équipe en playoffs.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Ça ne se voit pas toujours mais Al Horford rentabilise ses millions
Depuis son arrivée en NBA, Al Horford n’a cessé de répéter qu’il n’était pas utilisé à son poste de prédilection. Ailier-fort au côté de Joakim Noah dans la raquette de Florida à l’université, le Dominicain a été décalé en pivot dans la grande ligue. Il l’a fait sans broncher. Il ne se plaint pas. Il le rappelle simplement. Mais avec les évolutions du jeu, il est aujourd’hui le symbole du nouveau cinq. Un grand capable d’étirer une défense, de briller à la passe, au poste haut, au poste bas, de protéger le cercle… de faire un peu tout, en somme. Et surtout de faire tout ce qui ne se voit pas. Toutes les actions non quantifiées qui font pourtant gagner une équipe.
« Sa valeur n’est pas descriptible. Elle va au-delà des statistiques », assure Isaiah Thomas, habitué à être mis en avant par les médias pendant que son coéquipier reste à l’ombre des projecteurs.
Cette nuit encore, sa performance est presque reléguée au second plan. Avery Bradley a battu son record en carrière en playoffs en inscrivant 29 points. Dans les consciences collectives, l’homme du match, c’est lui. Mais la copie sans fautes d’Horford mérite d’être mise en avant. En 28 petites minutes, le pivot des Celtics était, comme son poste l’indique, au centre du succès des siens. Thomas a eu beau délivrer 9 passes décisives, l’intérieur était le moteur de la mécanique offensive bien huilée. Il a d’ailleurs lui-même offert 7 caviars. D’abord utilisé en point d’ancrage dessous, Al Horford a alterné attaque du cercle, jeu dos au panier et circulation de balle. Que ce soit pour un joueur coupant vers le panier ou parfois simplement pour maintenir un flow offensif rapide. De quoi déstabiliser la défense des Washington Wizards. [superquote pos="d"]« Sa valeur n’est pas descriptible. Elle va au-delà des statistiques. » Isaiah Thomas[/superquote]Il est l’un des meilleurs passeurs du championnat à son poste. Même s’il est moins souvent cité que le génial Nikola Jokic par exemple. Horford est un facilitateur. Il rend les autres meilleurs. C’est une sacrée qualité pour un basketteur. Et c’est d’autant plus rare chez un intérieur. L’adaptation dont a fait preuve le joueur désormais âgé de 30 ans depuis son arrivée en NBA en dit long sur sa personnalité. Il a su faire évoluer son profil selon les besoins de son équipe et les exigences de la ligue. C’est donc tout logiquement qu’il s’est mis à tirer de plus en plus à trois-points, lui qui était déjà considéré comme l’un des grands les plus techniques près du cercle. Sa capacité à shooter de loin a fait la différence cette nuit. Il a converti trois de ses quatre tentatives derrière l’arc. Une manière de forcer Marcin Gortat (0 block) et ses 211 centimètres à s’écarter du cercle en défense. Des espaces supplémentaires libérés pour ses coéquipiers alors en mesure de se frayer plus facilement un chemin jusqu’au panier. Comme toute star qui se respecte, Al Horford est un « 2 way player ». Il ne se contente pas de briller et faire briller en attaque. Il tient aussi la baraque en défense. Son manque d’envergure tend parfois à lui valoir certaines critiques. Oui, il ne protège pas le cercle de la même façon qu’un Rudy Gobert ou un DeAndre Jordan. Mais il n’est pas pour autant un mauvais défenseur. Il le fait juste autrement. En restant bien sur ses appuis. En contenant son vis-à-vis avant même que celui-ci hérite de la gonfle. En gênant les lignes de passe. Ses six rebonds sont peu flatteurs pour un pivot mais il a tout de même ajouté 3 blocks. Dont certains ont mené à des contre-attaques express des Celtics. [caption id="attachment_387937" align="alignleft" width="318"] Avery Bradley est élu homme du match mais la performance d'Al Horford mérite d'être is en avant.[/caption] Et ce qu’il a fait cette nuit, c’est tout bonnement à l’image de sa campagne de playoffs. Discrète donc, mais terriblement efficace. Après 11 matches, Al Horford pointe à 16 points à 64% aux tirs, 56% à trois-points, 7,7 rebonds, 6,1 passes, 1 steal et 1 block. Statistiquement parlant, c’est déjà très intéressant. Mais ce sont plus les chiffres d’une troisième option, d’un joueur de complément de luxe que ceux d’une superstar. La perception sur le bonhomme est parfois obstruée par son salaire maximum offert par Boston l’été dernier. Il n’est effectivement pas un « game changer » comme Kevin Durant par exemple. Mais ce n’est pas un hasard s’il était autant convoité, et notamment par Washington, une équipe qui aurait bien besoin d’un joueur comme lui pour passer un cap. Sans faire de bruit, Horford a tranquillement fait aider les Celtics à atteindre un nouveau palier. Peut-être pas celui de véritable candidat au titre. Il est encore un peu juste pour ce niveau de toute façon réservé à des joueurs qui se comptent sur les doigts d’une main. Mais vu ses performances, il rentabilise chacun des 113 millions que lui ont offert les Celtics. Il n’y a pas de doute ça valait clairement le coup.
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