Charlotte, autopsie d’une saison déjà loupée

Qu'ils accrochent la 8e place ou non à l'Est, les Charlotte Hornets vivent une saison décevante et de grandes manoeuvres se préparent pour l'été prochain.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Charlotte, autopsie d’une saison déjà loupée
Michael Jordan est très probablement déjà dans la réflexion. Que faire lors de la prochaine intersaison, alors que son équipe est l'une des grandes déceptions de cette saison 2016-2017 en NBA ? Virer Steve Clifford dont il appréciait jusque-là le travail ? Remplacer le General Manager Rich Cho, qui n'a pas fait de merveilles l'été dernier et est resté étonnamment calme avant la deadline, si ce n'est pour un trade curieux (Hibbert + Hawes vs Plumlee ? On n'imagine pas les choses rester en l'état. Quoi qu'il advienne aujourd'hui, les Charlotte Hornets sont en régression et ne pourront pas tirer un bilan positif de cet exercice. L'an dernier, la franchise de Caroline du Nord avait bouclé la saison régulière à la 6e place, avec un bilan identique à celui du Miami Heat, 3e. A 21 matches de la fin, les hommes de Clifford pointent aujourd'hui au 11e rang à l'Est, à trois victoires du 8e Detroit et cinq victoires du 7e Indiana. Les Pacers ne seront pas rattrapés, sauf cataclysme. Et même si les Pistons venaient à flancher et que les Hornets décrochaient le dernier sport après un superbe run, impossible de se satisfaire d'un premier tour à l'issue forcément douloureuse contre les Cavs... Que s'est-il passé pour qu'en quelques mois, et avec un noyau dur similaire à celui de la saison passée, les Hornets se soient ainsi écroulés ? Il faut mettre au crédit du coach et de son groupe une absence totale de "drama". Pas de déclarations lapidaires sur tel ou tel joueur, pas de remise en cause des capacités de Clifford. C'est déjà le signe d'une organisation saine. En revanche, les problèmes sont multiples.

Batum et Williams digèrent mal

Collectivement, les Hornets compensaient jusque-là une absence d'individualités fortes par une belle alchimie collective et une bonne discipline tactique. Jusqu'à très récemment et la sélection de Kemba Walker, Charlotte n'avait pas de All-Star et aucun autre joueur que son meneur vraiment proche de ce niveau. Pas même Nicolas Batum, qui n'en restait pas moins un pion essentiel du dispositif. Les Hornets ne s'en formalisaient pas, tant ce dernier et ses coéquipiers misaient sur l'effet de groupe. Aujourd'hui, alors que leur niveau de jeu bat de l'aile, ils ne peuvent plus masquer les défaillances et le niveau trop moyen de leurs individualités. [caption id="attachment_300258" align="alignright" width="318"] Les Hornets attendaient plus de Nicolas Batum cette saison.[/caption] Batum, excellent en point forward l'an dernier, n'a pas volé son contrat. Simplement, comme ça avait été le cas à Portland après sa prolongation, le Français a du mal à assumer ledit contrat. Pas tellement statistiquement, puisque "Batman" est dans les mêmes temps que passage que l'an dernier, si ce n'est en termes d'adresse (de 42.6% à 39.5%). Mais son impact sur le terrain, à la création et dans les moments importants, n'est pas optimal. En matière de scoring, les critiques émises depuis le début de sa carrière sont ressorties ces dernières semaines. Avec 15.1 points de moyenne, il n'est que la 24e "deuxième option" de toute la ligue et il paraît évident aujourd'hui que l'ailier des Bleus a besoin de deux "gros" joueurs au-dessus de lui dans la hiérarchie pour exprimer sa pleine mesure. A ses côtés, Michael Kidd-Gilchrist, handicapé par les blessures et Marvin Williams, sont deux facteurs négatifs importants. "MKG" n'arrive plus à compenser ses lacunes offensives (12.5% à 3 points !) par son intensité défensive, et Williams est en chute libre depuis sa résurrection de la saison dernière. Le syndrome de la contract year... Dans le cinq, Kemba Walker a perdu en rayonnement ce qu'il a gagné en productivité offensive. Celui qui est ce qui se rapproche le plus d'un franchise player pour Charlotte aujourd'hui n'arrive pas ou plus à fluidifier le jeu et à afficher son leadership sur le terrain. Le second unit des Hornets a aussi ses lacunes, particulièrement sur le plan défensif alors que Steve Clifford est un coach spécialiste du domaine.

Quelles perspectives ?

C'est là que l'on peut se demander si les quelques pertes de l'été ont été suffisamment compensées. Courtney Lee, anecdotique à New York, était très important dans la rotation. Al Jefferson, bien que devenu remplaçant en fin de bail, avait une expérience du haut niveau et des qualités au poste 5 que le sophomore Frank Kaminsky ou le bon mais fragile Cody Zeller ne possèdent pas. Jeremy Lin était clairement l'un des meilleurs 6e hommes de la ligue en 2015-2016 et son départ vers Brooklyn n'a pas pleinement été compensé par Marco Belinelli. Mine de rien, les Hornets possèdent des joueurs à la valeur marchande importante au cas où "MJ" et ses subordonnés voudraient effectuer un lifting, à commencer par Kemba Walker et Nicolas Batum. Puisqu'il y a peu de chances de voir Charlotte se reconstruire via la Draft dans l'immédiat ou attirer des gros poissons durant la free agency, c'est en abandonnant un ou plusieurs tauliers que la franchise pourra tenter de repartir de l'avant. Les Hornets ne peuvent pas se contenter de vivoter avec une qualification en playoffs un an sur deux. Pour satisfaire les ambitions de son propriétaire, il faudra sans doute passer par des grandes manoeuvres. I    
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